‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 100 sur 851 · PREFACE SUR LA SECONDE INSTRUCTION · texte numérisé non relu

PREFACE SUR LA SECONDE INSTRUCTION

être déplu à celui qui aime à confondre les savants du siècle. C'était son défaut d'établir toutes ses maximes les plus certaines par des éruditions d'une recherche infinie, et Dieu peut-être voulait nous faire entendre que cette immense multiplicité de passages, à propos et hors de propos, n'est qu'une ostentation de savoir, aussi dangereuse que vaine , puisqu'elle fait qu'un auteur s'étourdit lui-même, ou éblouit ses lecteurs; au lieu que tout consiste en effet à s'attacher aux principes d'une saine et précise théologie, dont ces grands savants ne s'avisent guère.

Faute de s'y être rendu attentif autant qu^il fallait , Grotius est demeuré convaincu , et dans ce discours et dans l'Instruction précédente, des prodigieuses singularités qui lui ont fait affaiblir ou même détruire les preuves de la vérité , et jusqu'à celle de la divinité du Verbe, la doctrine de la grâce chrétienne , la sainte sévérité de la morale de Jésus-Christ, et la simplicité de l'Evangile; l'immortalité naturelle à l'âme humaine par le titre de sa création ; l'unanimité de l'Eglise dans tous les temps, dans tous les lieux, et dans tous les points de sa croyance; l'inspiration des saints livres, l'autorité des prophéties, et en la personne des Pères celle des défenseurs de la vérité. La chose deviendra plus claire encore dans la suite de ces Instructions , et nous nous y verrons forcé à déplorer de plus en plus, que Grotius, un homme d'une étude infatigable, savant, judicieux même jusqu'à un certain degré, et ce qu'il avait de meilleur, qui paraissait de bonne foi, soit devenu un lacet à la maison d'Israël, et ses livres un écueil fameux par le naufrage de ceux à qui l'appas de la nouveauté, et l'envie de se distinguer par ses propres inventions, a fait perdre le goût de la tradition des Pères et de l'antiquité ecclésiastique.

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