‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 99 sur 851 · Oper., tom. m, p. 90." — 2. Idem, i · texte numérisé non relu

Oper., tom. m, p. 90." — 2. Idem, i

INSÏRL-CTIONS SUR LA VERSION DU NOUVEAU TESTAMENT

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la foi était confirmée. C'est que ces princes religieux venaient à l'appui des jugements ecclésiastiques, auxquels ils donnaient la force des lois de l'oinpire . en les rendant exécutoires ; ou en tout cas ils entendaient que leurs édits, digérés avec les évoques, tiraient leur force du consenlemenl et de l'approbation de l'Eglise. De son côté. l'Eglise elle-même persécutée par les empereurs durant tant de siècles, a|)rès. pour ainsi parler, que toutes leurs lois avaient si longtemps fulminé contre elle . était ravie de les voir soumises à l'Evangile, et les rinces devenus comme de seconds prédicateurs de la 'oi. Mais quand ils se rendaient eux-mêmes auteurs et non protecteurs de tels d^^^crels. elle réprimait cet abus. et condamnait sans miséricorde de pareils édits. Ainsi furent frappés danathème l'Hcnotique de Zenon , ou le décret dunion de cet empereur. VEcthèse ou exposition d'Héraclius, et le Type de Constant. Grotius, faute de principes ihéologiques , confond ces deux sortes de décrets des empereurs, et compte parmi les édits légitimes ', lEcthése d'Héraclius , détestée par les conciles et par les papes, aussi bien que l'Hcnotique et le Type. Je rapporte exprès cet exemple , parce iju'il y a des auteurs qui s'y sont trompés de nos jours après Grotius, et ont tâché'de faire valoir dans les matières de foi des édits de cette sorte.

25. L'txemple de Charlemagne mal allégué par Grotius dans l'hérésie d'Elipandus , archevêque de Tolède. — Un a aussi trop écouté le même Grotius , qui emploie pour le même dessein ^ l'exemple de Cliarlemagne choisi pour arbitre par Klipandus. archevêque de Tolède, sur l'adoption de .Jésus-Christ , que ce prélat soutenait contre la règle de la foi.

Un peu de théologie aurait sauvé à Grotius une si grossière bévue. Il est vrai que l'archevêque de Tolède repris de renouveler l'hérésie de Neslorius , en faisant Jésus-Christ Fils de Dieu par adoption et non par nature, crut se donner un protecteur favorable, lorsqu'il déféra le jugement de la question à Charlemagne , et le choisit pour arbitre. Pour profiter de cet aveu, ce prince le prit au mot, et accepta l'arbitrage. Mais il est beau d'apprendre de lui de quelle manière il l'exerça, et quelle fut la sentence d'un si grand arbitre. Voici donc ce qu'il en écrit à Eliftandus lui-même', en lui disant : « Qu'il ■■• a recherché soigneusement , en premier lieu , ce que

• le pontife apostolique croyait sur cet article avec la

* sainte Eglise romaine, et les évoques de ces quartiers- » là : en second lieu . ce que croyait l'archevêque de » Milan et les autres docteurs et évoques des Eglises de » Jésus-Christ en Italie : en troisième lieu , ce que » crovaient les é\èques de Germanie, des Gaules et .. d'A"; . »

I^ I - d'.Vdrien II déclarait ', « que ce pape par . lautonté du Siège apostolique et de saint Pierre, et » f>ar la puissance de lier, que Notre Seigneur avait don- ■ née aux successeurs de cet apôtre, si Elipandus ne se ' , le liait d'un anathème éternel. »

.('•que de Milan, et les évoques d'Italie 5, avec le concih'de ceux de Germanie, deGauleetd'Aquitaine, a^: - ' ' \ à Francfort, portèrent un semblable jugement, et mirent In détestable hérésie d'Elipondus. Sur

cette ducition , le grand arbitre prononce a la nouvelle h/T«iii" . " «piil joint son consentement, et, comme il

[..)■■ ' ;,-i. <• , son décret et .son jugement, à ce qui ' ''t jugé par l'exjimen et la constitution » . ■> , et qu'il embrasse la foi (pi'il voit

» ^r leur t<lmoignagc unanime; ajoutant,

» I - Ira jKMnt [K)ur catholiques ceux (jui o.se-

» fon' au décret, où se trouvaient réunies l'au-

» * 'limit*' épiscopaie : In guo

». ; l'/liew auctoritas et epineo-

jHiiti unaniTMt'u : a cause, poursuit ce prince, (jue ce

I Otimp. tumm. j>',l<u., tom. u\,j,. 2M, n. 6. — 2. Orlin. pitUu, p. 11'/.— .; .Sirmonl,, C',>ir. Otli., tom. it,ep. Car. mng. ad Klip.. p. HT.— 4. Jla'lri.iti. rpitt. ad lipisc Hlupan. I>,id.,p. \r,\. — 5. Uhell. KpiK liai. Ihid., p. 107

» sont là ceux à qui Jésus-Christ a dit : Je suis avec » vous jusques à la pi du 7nondc. » Si Grotius, qui tire avantage de ce jugement de Charlemagne, avait bien considéré comment il consulte ce qu'on lui répond, et avec quelle autorité les évêques parlent, il n'aurait pu désavouer qu'ils n'agissent comme de vrais juges, « qui » lient et délient par la puissance que Jésus-Christ leur » a donnée , qui prononcent un anathème éternel et » irrévocable , » et dont le jugement rendu sur la terre, est un préjugé pour le ciel : mais c'est à quoi il ne pense pas. Peu attentif aux principes, et plus curieux de citer beaucoup que de peser ses passages dans une juste balance, la vérité lui échappe : c'est le sort de ceux qui demeurent contents d'eux-mêmes , quand ils croient avoir bien montré qu'ils ont tout lu, et qu'ils savent tout.

26. Comment Charlemagne choisi pour arbitre, accepta et exerça cet arbitrage. — Tel fut le jugement du roi. Il est clair qu'il n'avait jugé la question de la foi qu'après l'avoir fait juger au pape et aux évêques, dont la décision fut sa règle ; et ainsi l'acceptation de la qualité d'arbitre, n'était qu'une pieuse adresse de ce prince habile, pour engager Elipandus et ses sectateurs à reconnaître dans son jugement celui de l'Eglise catholique ; ce qui aussi lui fait dire' : « Vous qui êtes le petit » nombre , comment croyez-vous pouvoir trouver quel- » que chose de meilleur que ce qu'enseigne l'Eglise de » Jésus-Christ sainte et universelle, répandue par toute » la terre? » en sorte qu'il n'y avait plus qu'à les exhorter comme faisait Charlemagne, « à revenir à la multi- » tude du peuple chrétien, et à la sainte unanimité du » concile sacerdotal. »

27. Paroles de Grotius qui fait de la religion une politique , et lui été toute la force. — Ce langage est bien éloigné de celui que Grotius tenait alors : quand encore plein des maximes protestantes, et avant que d'avoir compris les promesses de Jésus-Christ , qui devait toujours demeurer avec les apôtres et leurs successeurs, il parlait en cette sorte^ : « Chaque particulier est juge » de sa religion : l'Eglise décide de la foi de l'Eglise » même : mais pour la foi de l'Eglise qui est publique, » personne n'en peut juger que celui qui a tout le droit » public en sa puissance , c'est-à-dire , le prince. » Ce qui ôte à la religion toute sa force, la réduit en poUtique, et prive le prince du secours que lui peut donner l'autorité et l'indépendance de sa foi.

28. Que toute l'aidorité de l'Eglise catholique est renfermée dans celle d'établir la foi : quand Grotius a connu cette vérité. — Je n'ai pas besoin d'entrer plus avant dans ces traités de Grotius, et il me suffit de remarquer en passant, que l'autorité de l'Eglise sur les matières de foi renferme au fond tous ses pouvoirs, puisque n'y ayant rien de plus éloigné de l'esprit du christianisme, que d'en réduire la doctrine à une oiseuse spéculation , elle devait au contraire se tourner toute en pralicjue : d'où il suit que la discipline chrétienne consiste à juger par la parole de Dieu les ennemis de la foi ; soit qu'ils la nient ouvertement, ou qu'ils soient de ceux dont l'Apôtre a dit', qu'ils la confessent en paroles, et la renoncent par leurs œuvres : Factis autem negant.

Telle est la simplicité de la doctrine chrétienne que Grotius ne connaissait point , jusqu'à ce qu'il eût ouvert les yeux à la lumière de l'Evangile , et à la promesse de Jésus-Christ d'être toujours avec .son Eglise.

2!). Conclusion et abrégé de ce discours. — Je ne sais plus après cet aveu, ce qui l'empêcha de se faire catholique : si ce n'est que |)eu fidèle à la grâce qui le remplissait do lumière, il n'acheva pas l'œuvre de Dieu, et qu'enfin il a été du nombre de ceux dont il est écrit dans les prophètes*, l'enfant s'empresse devoir le jour, et la mère manque de force pour le mettre au monde : Venerunt filii usque ad partum, virtus non est pariendi.

Grotius a toujours voulu être trop savant, et il a peut-

1. Lihell. Epitc. Ital. Ihid., p. 107. — 2. Ord. put., p. ll.">. — :i. ru., I. 10. — 4. /s.,xxxvit. 3.

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