‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 12 sur 851 · PréJ. lég., 1. ])., cli · texte numérisé non relu

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AVERTISSEMENT AUX PROTESTANTS

Etat qui dovail venir, où il por;?écr.torait le chrisliuiiisine avec la dernière et la plus implacable violence, comme il a paru dans le commentaire'. Ainsi, encore une fois, les inlerprèles protestants n'ont apporté aucune attention il la lecture de saint Jean; ils n'ont songé qu'à surprendre des lecteurs aussi prévenus qu'eux, et aussi peu attentifs à ce divin livre.

21. Illusion des protestants sur les dix rois qui doivent d'abord favoriser Rome, et ensuite la détruire. — Pour ce qui regarde les dix rois, comparons ce que saint Jean en a dit au chapitre xvn de l'Apocalypse, avec ce qu'en disent les protestants; et alin de ne nous pas embrouiller dans les noms mystérieux de cet apolre , remarquons d'abord que labéte . la prostituée, ou la femme vêtue d'ccarlate, et Babylone , sont au fond la même chose. Car déjà la prostituée qui est assise sur de grandes eaux, t. 1, avec laquelle les rois de la terre se sojit corrompus, et les habitants de la terre se sont enivrés, t- 2, est la grande ville qui règne sur les rois de la terre, t. 18, et les eaux sur lesquelles elle est assise, sont les peuples et les nations qui lui obéissent, t. 15. Cotte ville qui est aussi la prostituée, est la grande Babylone, la mère des impuretés de la terre, t- 5; et c'est encore la bête aux sept tètes, puisque ses sept têtes sont les sept montagnes , sur lesquelles la femme, c'est-à-dire, la ville, est assise, t. 9 : de sorte, comme on l'a dit, que la femme, ou la prostituée, la béte aux sept tètes et la ville aux sept montagnes, ou la Babylone mystique, sont la même chose, sans encore examiner ce que c'est. Cela étant supposé, l'histoire des dix rois est aisée à faire, et consiste principalement en deux choses : l'une, qu'ils donneront leur force, leur puissance et leur royaume à la bête, qui est aussi la femme ou la prostituée, et la grande ville ou Babylone, t- 11, 17, et que dans la suite, ils la haïront, la réduiront dans la dernière désolation, la dépouilleront, en dévoreront la substance ou les chairs, c'est-à-dire, les richesses et les provinces; et la feront brûler au feu, t. 16. Ce qui fait qu'au chapitre xvui l'ange s'écrie, que la grande ville de Babylone, c'est-à-dire, en même temps la bêle et la prostituée, avec laquelle les rois de la terre se sont corrompus, est tombée, t^- ], 2, désolée par la famine et brûlée par le feu, *. 8; et c'est de quoi on loue Dieu au ciel dans le chapitre XIX, parce qu'il a condamné la grande prostituée, qui a corrompu la terre par sa prostitution , t. 2.

On voit d'un coup d'œil que tout cela nousreprcsenle la même action et le même événement; et il parait sans difficulté que c'est la chute de Rome, ainsi que je l'ai fait voir dans le commentaire, sans qu'il soit ici besoin de le répéter. La (jueslion est rnainlenant, si selon la prélenlion des protestants, ce peut être l'Eglise romaine : mais d'abord on voit bien que non, par les principes des protestants mêmes : car ils demeurent d'accord que dans le chapitre XVII , les versets où il est dit des Rois , qu'ils haïront la prostituée, la désoleront, la brûleront, en dévoreront la substance, en pilleront les trésors, en partageront les provinces, représentent au vif la chute de Rome sous Alaric ou Genséric, ou sous tel autre qu'ils voudront avec le démembrement de son empire. Car en effet, c'était à l'empire que tous ces

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