‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 126 sur 851 · XXXIV" P.\SS.\GE · texte numérisé non relu

XXXIV" P.\SS.\GE

Sur le chapitre xiv, t. 13, qui oblige à tout demander au nom de Jésus-Chrisl, la note porte : « Jusqu'alors les Juifs avaient demandé au nom, et » par les mérites de leurs patriarches Abraham , • Isaac et Jacob... mais à l'avenir on devait demant der au nom de Jésus-Christ. »

REMARQUE

On n'exprime pas que les anciens justes étaient sauvés, au nom, par la foi et par les mérites du Christ, puisqu'au contraire on l'exclut par l'opposition qu'on fait entre les anciens et les nouveaux. Un théologien solide aurait observé , que lorsqu'on priait sous la loi au nom d'Abraham , d'Isaac et de Jacob, Jésus-Christ y était compris comme celui qui était leur Fils , en qui toutes les nations de la terre decaient Hre bénies, ce qui était même le fondement de l'alliance avec Abraham , Isaac et Jacob. Ainsi la note demeure avec Grolius dans l'écorce de la lettre , et les critiques n'en savent pas davantage.

XXXV" PASS.VGE.

Au même chapitre xiv, 16, 26 : Mon Père vous donnera un autre défenseur : ce qui est encore répété, chapitre XV, i>6, et xvi, 7.

REMARQUE

Ilyaici une alTectation peu digne d'un interprète sérieux; il fallait laisser dans le texte, consolateur, qui est connu du peuple : le défenseur en l'expliquant aurait trouvé sa place dans la note. Quand on ùte au peuple des exj)ressions auxquelles il est acoutumé cl qu'il entend, et qu'en même temps on lui en donne qu'il n'entend pas , il ne sait presque plus si c'est l'Evangile qu'il lit. Le terme de conmlaleur, qui exprime que le Saint-Esprit sera donné pour suppléer par ses dons l'absence de Jé- «1!- '"'-■-i, et par ce moyen nous consoler flans ri . :lion, est clair et bien plus touchant (pie

celui de défenseur, qui demande d'être expliqué, ce que du moins il aurait fallu faire d'abord. xxxvi«, xxxvn*, xxxvui'-, xxxix" et xl« passaoes. Sur la qualité de Messie.

Je ''': ' «''US ces passages tous ceux où

l'auteur i l'attribuer beaucoup de choses k

Jé-ii«-€hrisl eu qualité de Messie.

Kii saint Matthieu , xxviii, 18 : Tfmt pouvoir m'a

été donné dans le ciel et sur la terre , la note porte : « Toute l'autorité que je dois avoir comme » Messie. »

Dans la noie sur saint Marc, ii, 27 : « Jésus- » Christ a pu, en qualité de Messie, corriger la ri- » gueur du sabbat. »

Sur le même évangile de saint Marc, xm, 32, la note remarque certaines choses qui ne conviennent pas à Jésus-Christ en qualité de Messie, mais an Père seul, comme de juger les hommes dans le dernier jugement.

Voici la note sur saint Jean, i, 15, on peut entendre ce terme fait, de la divinité de Jésus-Christ, ce que néanmoins il exclut après, parce qu'il s'agit de Jésus-Christ comme Messie; et il s'appuie de saint Chrysostome. Cette restriction de Jésus-Chrisl comme Messie est répandue dans tout l'ouvrage : on y a remédié par un carton sur saint Jean, v, t. 20, oïl Jésus-Christ avait, dit-il, parlé de soi comme Messie et envoyé de Dieu. Il reste la question pourquoi on n'a corrigé que ce seul endroit, en laissant les autres où la même doctrine est répandue.

REMARQUE

1 . C'est une erreur de distinguer ce que Jésus- Christ a fait en qualité de Messie, de ce qu'il a fait comme Dieu. — Ces sortes de restrictions sont établies pour distinguer ce que Jésus-Christ aura fait en qualité de Messie , de ce qu'il pourrait avoir fait en quelque autre qualité, comme par exemple en tant qu'homme, ou en tant que Dieu : mais la saine théologie s'oppose à cette distinction. Les théologiens distinguent bien ce qui convient à Jésus-Christ en qualité d'homme , d'avec ce qui lui convient comme Dieu; mais on ne distingue point ce qui lui convient comme Messie, de ce qui lui peut convenir ou comme homme, ou comme Dieu; parce que la qualité de Messie renferme l'un et l'autre.

Le nom môme du Messie, c'est-à-dire. Christ et oint, comprend la divinité dont Jésus-Christ était oint par son union avec le Verbe, comme toute la théologie en est d'accord , et que David le chante par ces paroles du Ps. 44 : Votre trône, ô Dieu, est éternel ; et c'est pour cela, ô Dieu , que votre Dieu vous a oint! avec excellence, et d'une manière qui ne convient pas aux autres qui sont comme vous appelés oints : Prœ participibus tuis. Ainsi l'onction de Jésus-Christ suppose qu'il était Dieu, el qu'il est en même temps appelé Christ.

En effet, si le Messie n'était Dieu, il ne pourrait ni jjarler, ni agir avec toute l'autorité qui lui convenait, ni chasser les démons, el faire les autres miracles par le Saint-Esprit, comme par un espril ([ui lui était propre, et qui résidait en lui sans mesure, ainsi que l'a expliriué saint Cyrille dans son neuvième Anathématisme; ni enfin racheter le monde, en offrant pour nous une victime d'une dignité infinie par son union avec la personne du Verbe. Ainsi cette expression de Jésus-Christ comme Messie, induit une (listin(;tion du Messie d'avec Dieu, qu'il faut laisser à ceux qui ne veulent pas croire que le Christ, pour être vrai Christ, i devait être Dieu el homme tout ensemble.

Il ne fallait donc pas dire, que tout pouvoir esl donné à Jésus-Christ en qualité de Messie'; mais

Page 1