MaUh., xxviii
SECONDE INSTRUCTION
il faut dire que la qualité de Messie supposant qu'il était Dieu , l'exercice de la puissance absolue dans le ciel et dans la terre lui est dû naturellement.
Il ne fallait pas non plus dire, que Jésus-Christ, en qualité de Messie pouvait tempérer la rigueur du sabbat*; mais il fallait dire, qu'étant vraiment Dieu, même en qualité de Messie, il était mailre du sabbat, jusqu'à pouvoir l'abolir avec une autorité aussi absolue que son Père.
Il fallait encore moins dire sur saint Marc, xni, 32, que la qualité de juge souverain ne regardait pas Jésus-Christ comme Messie, mais il fallait dire que Dieu , qui a établi Jésus-Christ juge souverain des hommes et des anges, ne pouvait remettre cette autorité qu'à un égal.
Au lieu d'expliquer sur saint Jean, i, t. 15, qu'on pourrait dire de la divinité de Jésus-Christ qu'eiie a été faite; et au lieu d'exclure cette locution seulement, à cause qu'en ce lieu il est parlé de lui comme Messie; ce qui insinue trop ouvertement, que la qualité de Messie sépare de Jésus- Christ la divinité; il fallait dire que la divinité qui est naturelle au Messie, ne pouvant être faite en aucun sens, il répugne à Jésus-Christ comme Dieu d'avoir été fait.
2. Passage de saint Chrysostome remis exprès en cet endroit. — On a recours à saint Chrysostome pour expliquer comment Jésus-Christ a été fait avant saint Jean, sans intéresser sa divinité^; parce que, dit le traducteur, selon ce Père, il s'agit ici de Jésus-Christ comme Messie, qui allait annoncer l'Evangile, et qui devait être préféré à saint Jean : par où il tâche d'insinuer qu'il n'y a aucun avantage à tirer de ce passage de l'Evangile pour la divinité de Jésus-Christ; mais il ne rapporte qu'imparfaitement saint Chrysostome, en lui faisant dire, qu'il s'agit de Jésus-Christ comme Messie, de quoi ce saint docteur ne dit pas un mot; et je demande au lecteur qu'il soit attentif à cette observation dont on verra l'importance.
Il est vrai que saint Chrysostome observe que saint Jean-Baptiste, lorsqu'il dit que Jésus-Christ viendra après lui, l'entend non pas de la naissance humaine de Jésus-Christ, mais du ministère de la prédication , dans lequel il est vrai aussi que Jésus- Christ est venu après saint Jean, qui en effet a prêché et a dû prêcher avant lui, puisqu'il était son précurseur. Il est vrai aussi , que Jésus-Christ devait être préféré à saint Jean dans ce ministère, puisqu'encore que saint Jean l'eût exercé le premier, Jésus-Christ devait l'exercer avec plus d'autorité et de gloire; ce qui donne lieu à cette expression : il a été fait avant moi; c'est-à-dire, dit saint Chrysostome, il a été fait plus illustre et plus honorable, Ivriaorepo;; et comme il venaitdedirc, XaijLirpoxspoç. Jusqu'ici nous sommes d'accord; mais il ne fallait pas oublier, que saint Chrysostome voulant apporter la raison radicale et primitive de la préférence accordée à Jésus-Christ, conclut ainsi son discours : Il explique , dit-il , la cause de toute cette question ; et la cause, c'est, poursuit-il , que Jésus-Christ était le premier : où il remarque, que saint Jean-Baplisle ne dit plus, il a été fait avant moi; mais il dit qu'il étall avant lui , encore qu'il snit venu