‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 128 sur 851 · Marc, II, 27. — 2. Hon., xm. in Jonn. B. — T. Il · texte numérisé non relu

Marc, II, 27. — 2. Hon., xm. in Jonn. B. — T. Il

après; ce qui ne peut plus regarder que son essence éternelle.

Ainsi tout ce discours de saint Chrysostome se termine à dire , que la cause première et essentielle de la préférence absolue de Jésus-Christ sur saint Jean selon l'Evangile, est son existence éternelle; ce qu'il tranche, dit-il, en peu de mots; mais il ajoute : quoique en peu de mots, nous avons touché le fond. Le fond est donc, que Jésus-Christ avait été fait plus considérable que saint Jean dans le ministère de la prédication, à cause qu'il était axant lui, encore que venu après, en distinguant comme nous faisons à son exemple, ce que Jésus- Christ avait été fait, et ce qu'il était naturellement avant tous les temps.

De cette sorte, il faut joindre saint Chrysostome aux autres Pères marqués ci-dessus', qui ont démontré par ce passage la divinité de Jésus-Christ, et ne pas croire, avec l'auteur, que la nature divine ne convienne pas à Jésus-Christ comme Messie , puisqu'on voit que finalement, il n'est vrai Messie qu'à cause qu'il était Dieu avant tous les temps.

El ceux qui voudront considérer les endroits où saint Chrysostome explique à fond et expressément ce que veut dire ce mot erat , il était"^, attribué si souvent au Verbe éternel dans cet évangile , verront encore plus clairement, qu'il ne se peut rapporter qu'à l'éternité et à la divinité de Jésus-Christ, par laquelle celui qui s'est fait homme, était auparavant et toujours; et encore, qu'il était Verbe, qu'il était en Dieu, qu'il était Dieu : sans quoi aussi on doit entendre, qu'il ne serait pas le Christ, ni l'oint de Dieu par excellence, puisque même par son onction il était Dieu, comme il a été démontré d'abord.

Ainsi cette distinction si familière à l'auteur, et répandue dans tout son ouvrage, de ce qui convient à Jésus-Christ comme Messie, d'avec ce qui lui convient, ou comme étant Dieu, ou comme étant homme, ressent la grossièreté de l'hérésie des sociniens , et non pas la sublimité de la théologie chrétienne.

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