LV'' PASSAGE
La lettre cause la mort ; et il explique , qu'elle tue, c'est-à-dire, qu'elle punit de mort , et ne propose autre chose que de sévères châtiments à ceux qui violent ce qu'elle ordonne, II. Cor., ni, 6.
REMARQUE
1. Ce que c'est dans saint Paul que la lettre qui tue ; conférence des deux passages de l'Apôtre ; sentiment de saint Augustin suivi de toute l'école. — C'est peul-ôlre ici un des endroits où l'on ressent davantage l'espril du traducteur. Outre la peine de mort que la loi prononce, elle lue d'une autre façon; parce que n'apportant aucun secours à noire faiblesse, elle ne fait qu'ajouter au crime la conviction d'avoir transgresse le commandement si expressémenl proposé, l'ouïe la théologie a reçu celte explication dont sainl Augustin a fait un livre que loul le monde connaît, el s'en esl servi après ce Père , pour montrer la nécessité de recourir à la grâce, c'est-à-dire, à l'esprit, qui seul peut donner la vie. Sans parler de sainl Augustin, il esl bien certain, el le traducteur en convient, que celte manière dont la lettre tue, est de saint Paul, lorsqu'il enseigne aux Romains , « que la loi nous cause la » mort, el nous lient liés; en sorte que le péché se » rend plus abondamment péché'par le commande- » ment même : » c'est en peu de mots le fond de la doctrine de l'Apôtre, Rom., vn, 5, 6, etc.
Il esl certain que ces deux passages de saint Paul ont un rapport manifeste, puisque si l'Apôtre dit ici aux Corinthiens : La lettre tue, et l'esprit nous donne la vie; il avait aussi dit aux Romains, que nous devions servir Dieu, non point dans la vieillesse de la lettre, mais dans un îiouvel esprit, Rom., VII, G.
Si donc le traducteur avail conféré ces deux passages , dont la convenance esl si sensible , au lieu de se borner, comme il a fait, à la manière dont la lettre tue, en punissant de mort les Iransgresseurs, il y aurait encore ajouté celte autre manière de donner la morl, en ce que sans secourir notre im-