‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 141 sur 851 · Jlum. Il, in 2. ad Cor, n · texte numérisé non relu

Jlum. Il, in 2. ad Cor, n

•2. Voy. I. Iiiil., addil, vi, lîem.

SECONDE INSTRUCTION

[tiiissance, la loi ne fait que nous convaincre de notre péché. C'est sans doute ce que devait faire notre auteur; et en proposant par ce moyen, le système entier de saint Paul, il en aurait pu inférer avec saint Augustin et toute la théologie, la nécessité de la grâce.

2. M. Simon oppose saint Chrysostome qu'il n'entend j)as, et qui, dans le fond, contient avec saint Augustin. — II aurait même trouvé ce beau système dans saint Ghrystome. Il est bien vrai que ce Père, sur cet endroit de la seconde aux Corinthiens ' , la lettre tue , par cette lettre qui tue , e7itend la loi qui punit les transgresseurs , par oîi il semble avoir dicté l'explication du traducteur. Mais il ne fallait que tourner la page pour trouver le reste; car on y lit^, que la loi n'est qu'une pierre ; n'est autre chose que des lettres écrites, qui ne dominent aucun secours, et n'inspirent rien au dedans; et, en un mot, quelque chose d'immobile et d'inanimé : tout au contraire de l'esprit qui va partout , inspirant à tous les cœurs une grande force; c'est donc par là qu'il explique qu'on ne peut rien sans la grâce, et que la loi ne peut que tuer; c'est-àdire, découvrir le mal et le condamner, au lieu que le seul esprit donne la vie.

Il prend soin ailleurs de montrer la liaison des deux passages de saint Paul, et que celui de l'épître aux Corinthiens, oii il est dit que la lettre tue, convient à ce que l'Apôtre enseigne aux Romains^; à cause, dit-il, que la loi ne fait que commander; pendant que la grâce, non contente de pardonner le passé, nous fortifie pour l'avenir.

Il explique'' sur ce fondement, de quelle sorte, comme dit saint Paul, nous devons vivre , non plus « selon la loi qui vieillissait, mais selon le nouvel » esprit : à quoi il ajoute, que la loi n'est autre » chose qu'une accusatrice; qu'elle dispose en quel- » que sorte au péché; qu'elle ne fait qu'irriter le )) mal, et animer la cupidité par la défense; » et dit enfin, sans rien excepter, tout ce que saint Augustin a si clairement digéré, et si bien tourné contre les pélagiens.

3. L'auteur resserre trop le texte de saint Paul. — On voit maintenant , que le traducteur pour expliquer que la lettre tue, ne se devait pas renfermer dans les menaces de la loi qui punit de mort les transgresseurs, comme si la loi ne causait la mort que par cet endroit, puisqu'il s'agit ici principalement de la mort du péché , comme opposée à la vie que la grâce donne; et si la lettre ne tuait ici que par la mort du corps, l'esprit ne vivifierait aussi que par la vie temporelle.

4. Il continue à vouloir commettre les Pères les uns avec les autres. — Il paraît encore, que dans un passage si important contre les pélagiens, on ne devait pas laisser à part saint Augustin, ni se tant éloigner de lui, qu'on voulût priver les lecteurs des plus belles interprétations de ce Père , après que toute la théologie en a fait comme un fondement de ses dogmes les plus essentiels.

On aperçoit aisément que le traducteur a voulu , selon sa coutume , insinuer secrètement de l'opposition , et comme une espèce de guerre entre saint Chrysostome et saint Augustin, au lieu de montrer.

1. 7/oî/i. VI in Epist. ii. ad Cor. — 2. Homil. vu. XI. ad Rom. — 4. Ilom. vu. ad Rom.

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