XVIII. 1. —-1. Jix'Jfl
voilà une on vous-même éternelle el inséparable de vous. Content de celte infinie et éternelle communication de votre parfaite et bienheureuse essence, i\ ces deux personnes qui vous sont égales, qui ne sont point votre ouvrage, mais vos coopéraleurs , ou pour mieux dire , avec vous un seul et même créateur de tous vos ouvrages; qui sont comme vous, non par votre commandement, ou par un effet de votre toute-puissance, mais par la seule perfection et plénitude de votre être : toute autre communication est incapable de rien ajouter à votre grandeur, à votre perfection, à votre félicité.
Ile ÉLÉVATION.
Avant la création, rien n'était que Dieu.
« Puisque j'ai commencé, je continuerai de parler à mon Seigneur, quoique je ne sois que poussière et cendre '. » El de quoi vous parlerai-je. Seigneur? Par où puis-je mieux commencer à vous parler que par où vous avez vous-même commencé à parler aux hommes? J'ouvre votre Ecriture, el j'y trouve d'abord ces paroles : Au commencement Dieu a créé le ciel et la terre ^. Je ne trouve point que Dieu quia créé toules choses, ait eu besoin comme un ouvrier vulgaire de trouver une matière préparée sur laquelle il travaillât, et de laquelle il fit son ouvrage. Mais n'ayant besoin pour agir que de luimême et de sa propre puissance, il a fait tout son ouvrage. Il n'est point un simple faiseur de formes et de figures dans une matière préexistante; il a fait et la matière et la forme , c'est-à-dire , son ouvrage dans son tout. Autrement son ouvrage ne lui doit pas tout, et dans son fonds il est indépendamment de son ouvrier. Mais il n'en est pas ainsi d'un ouvrier aussi parfait que Dieu. Lui qui est la forme des formes, et l'acte des actes, il a fait tout ce qui est selon ce qu'il est, et autant qu'il est; c'est-àdire, que comme il a fait la forme, il a fait aussi ce qui était capable d'être formé, parce que cela même c'est quelque chose qui ne pouvant avoir de soi-même d'être formé, ne peut non plus avoir de soi-même d'être formable.
C'est pourquoi je lis ainsi dans votre Ecriture toujours véritable : Au commencement Dieu a créé le ciel et la terre. Et la terre était inutile, informe, vide, invisible, confuse : el les ténèbres couvraient la face de l'abîme, qui était la mer. Et V Esprit de Dieu, le Saint-Esprit en figure, selon la première signification de la lettre, un vent, un air que Dieu agitait, était porté sur les eaux'^; ou, posait sur elles. Voilà celle matière confuse^ sans ordre, sans arrangement, sans forme distincte. Voilà ce chaos, celle confusion, dont la tradition s'est conservée dans le genre humain, et se voit encore dans les poètes les plus anciens. Car c'est ce que veulent dire ces ténèbres, cet abîme immense dont la terre était couverte , ce mélange confus de toutes choses , cette informité, si l'on peut parler de cette sorte, de la terre vide et stérile. Mais en même temps, loul cela n'est pas sans commencement, tout cela est créé de Dieu : Au commencement Dieu a créé le ciel et la terre. Cet esprit, cet air ténébreux qui se portait sur les eaux, venait de Dieu, et n'était fait ni agité que de sa main : toute celte masse quoiqu'informe était néanmoins sa créalure; le