I. Oen., I
TROISIEME SEMAINE
ouvrage en parliculier, en remarquant que chacun est beau et bon en soi-même; il nous montre donc que chaque chose est bonne en parliculier, et que l'assemblage en est très-bon'. Car c'est ainsi qu'il distingue la beauté du tout d'avec celle des êtres particuliers; pour nous faire entendre que si toutes choses sont bonnes en elles-mêmes, elles reçoivent une beauté et bonté nouvelle, par leur ordre, par leur assemblage , par leur parlait assortiment et ajustement les unes avec les autres, et par le secours admirable qu'elles s'entre-donnent.
Ainsi la création de l'univers, comme Dieu l'a voulu faire, et comme il en a inspiré le récita Moïse, le plus excellent et le premier de ses prophètes, nous donne les vraies idées de sa puissance, et nous fait voir que s'il a astreint la nature à certaines lois, il ne s'y astreint lui-même qu'autant qu'il lui plaît, se réservant le pouvoir suprême de détacher les effets qu'il voudra, des causes qu'il leur a données dans l'ordre commun; et de produire ces ouvrages extraordinaires que nous appelons miracles, selon qu'il plaira à sa sagesse éternelle de les dispenser.
Vie ÉLÉVATION.
Actes de foi et d'amour sur toutes ces choses.
Vous êtes tout-puissant, ô Dieu de gloire! J'adore votre immense et volontaire libéralité. Je passe tous les siècles, et toutes les évolutions et révolutions de la nature : je vous regarde comme vous étiez avant tout commencement et de toute éternité; c'est-àdire, que je vous regarde comme vous êtes : car vous êtes ce que vous étiez; la créature a changé , mais vous. Seigneur, vous êtes toujours ce que vous êtes. Je laisse donc toute créature, et je vous regarde comme étant seul avant tous les siècles. 0 la belle et riche aumône que vous avez faite en créant le monde! Que la terre était pauvre sous les eaux, et qu'elle était vide dans sa sécheresse, avant que vous en eussiez fait germer les plantes , avec tant de fruits et de vertus différentes; avant la naissance des forêts , avant que vous l'eussiez comme tapissée d'herbes et de fleurs; et avant encore que vous l'eussiez couverte de tant d'animaux! Que la mer était pauvre dans la vaste amplitude de son sein, avant qu'elle eût été faite la retraite de tant de poissons! Et qu'y avait-il de moins animé et de plus vide que l'air, avant que vous y eussiez répandu tant de volatiles? Mais combien le ciel môme était-il pauvre , avant que vous l'eussiez semé d'étoiles, et que vous y eussiez allumé le soleil pour présider au jour, et la lune pour présider ta la nuit! Que toute la masse de l'univers était informe, et que le chaos en était alfreux et pauvre, lorsque la lumière lui manquait! Avant tout cela, que le néant était pauvre, puisque ce n'était qu'un pur néant! Mais vous , Seigneur, qui étiez, et qui portiez tout en votre puissance : Vous n'avez fait qu'oucrir votre main , et vous avez rempli de bénédiction- le ciel et la terre.
0 Dieu, que mon àme est pauvre! C'est un vrai néant d'où vous tirez peu à peu le bien que vous voulez y répandre; ce n'est qu'un chaos, avant que vous ayez commencé à en débrouiller toutes les pensées. Quand vous commencez par la foi à y faire