‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 18 sur 851 · Bib. de Gen., note de Desmar., p. 172. — 2. Idem · texte numérisé non relu

Bib. de Gen., note de Desmar., p. 172. — 2. Idem

qui ne subsiste que dans sa pensée, et dans les calomnies des protestants.

38. La conformité que les protestants ont imaginée entre la théologie et le culte des Pères du premier siècle et les païens, détruite par les principes. — En effet, quoi qu'ils puissent dire , le vrai Dieu qu'on adorait au quatrième siècle, n'est pas le Jupiter des païens : les anges et les autres esprits bienheureux , dont saint Ambroise et les autres saints demandaient la société dans leurs prières, n'étaient ni des dieux, ni des génies, ni des héros, ni rien enfin de semblable à ce que les Gentils imaginaient : c'étaient des créatures que Dieu avait faites du néant, seul, et par lui-même; qu'il avait sanctifiées par sa grâce et couronnées par sa gloire, et toujours en les tirant du néant, ou de celui de l'être , ou de celui du péché. Qu'on me montre ce caractère dans le paganisme, et j'avouerai aux protestants tout ce qu'ils voudront. Le culte est intérieur ou extérieur : l'intérieur consiste principalement dans le sentiment qu'on vient de voir, où il est clair que ni les saints Pères , ni nous qui les suivons , ne convenons pas avec les païens. Que si notre culte intérieur est si dissemblable, l'extérieur, qui n'est que le signe de l'intérieur, ne peut non plus nous être commun avec eux.

39. Que l'interprétation des protestants brouille toutes les idées de l'Apocalypse, et ne discerne ni les idolâtres , ni les saints dont parle saint Jean. — Ainsi l'interprétation des prolestants brouille toutes les idées de l'Apocalypse : on ne sait plus ce que c'est de l'idolâtrie dont parle saint Jean, ni des idolâtres, des persécuteurs, des blasphémateurs dont il fait de si fréquentes peintures, si ces blasphémateurs et ces idolâtres sont des saints du quatrième siècle. Ceux qui trouvent les idolâtres dans les saints , afin que rien ne manquât à leur ouvrage, devaient encore trouver les saints dans les hérétiques et les impies. C'est ce qu'ils ont fait, puisqu'ils nous montrent les saints dans les Albigeois, qui sont de vrais manichéens; dans les Vaudois, qui font dépendre de la sainteté l'efficace des sacrements; dans Viclef, un vrai impie, qui fait agir Dieu avec une inévitable et fatale nécessité , et le fait également cause du bien et du mal; dans Jean Hus, sans en dire ici autre chose, qui a canonisé Viclef; dans les taborites, qui furent les plus barbares de tous les hommes. Tout cela est clairement démontré au livre xi des Variations : voilà les saints de la réforme.

Il est encore démontré dans le même livre, que les Vaudois crurent comme nous la transsubstantiation; que Jean Hus l'a aussi tenue, et qu'il a dit la messe jusqu'à la fin; que Viclef a cru le purgatoire et l'invocation des saints; et que les calixtins, qu'on met encore parmi les saints, ne différent d'avec nous que dans la seule communion sous les deux espèces. On est donc saint avec tout le reste de notre doctrine, et avec la papauté môme, qu'on nous donne comme le caractère de l'Antéchrist , puisqu'on sait que les calixtins étaient toujours prêts à la reconnaître.

40. Vailles interprétations du chapitre xvi. — Un des endroits de l'Apocalypse où le ministre se vante le plus d'avoir réussi', c'est celui des fioles

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