Ace, 2. p., p
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AVEPxTISSEMENT AUX PROTESTANTS
où des plaies, dans le chapitre xvi ; car, selon lui, ' c'est la clé de toute la prophétie', le plus important de tous les chapitres, celui aussi où le nouveau ; prophète se représente lui-même , comme ayant j frappé à la porte deux fois, quatre, cinq et six fois, cl tant qu'enlîn la porte s'est ouverte. Alors donc 1 lui fut révélé ce grand secret' que nous avons remarqué ailleurs-; cette admirahle liaison de la religion protestante et de l'empire ottoman que Dieu devait abaisser en même temps pour les relever en même temps. C'est ainsi qu'il augurait bien des armes de la chrétienté : mais ce n'est ici qu'un défaut particulier; en voici un dans tout le plan des prolestants. C'est d'avoir fait verser les fioles, ou les coupes pleines de la colère de Dieu, les unes après les autres, avec une distance entre chaque fiole de cent ou deux cents ans; au lieu que le Saint-Espril nous les fait voir comme répandues dans le même lemps^ , et en vertu du même ordre; ce qui en soi est bien plus digne d'une prophétie, que de prendre huit ou neuf cents ans, pour y placer au large tout ce qu'on voudra. Ce serait là en vérité , pour un prophète aussi éclairé que saint Jean, prendre des idées trop vagues , et ne rien marquer de précis. Mais de voir tous les fléaux de Dieu, et la peste avec la famine s'unir à tous les malheurs de la guerre, tant civile qu'étrangère, et à d'autres maux infinis, et inouïs jusqu'alors, ainsi qu'on l'aura pu voir dans l'explication de ce chapitre, c'est un caractère marqué, et digne d'être observé par un prophète.
Je ne puis oublier ici une imagination du ministre , qu'un protestant a trouvée aussi ridicule que les catholiques. Pour ajuster le système, et venir bientôt à la subversion de l'empire du prétendu Antéchrist, M. Jurieu se croit obligé d'imaginer dans l'effusion de chaque fiole, un certain période de temps qui le menât à peu près où il voulait". Je ne veux point répéter ici les remarques qu'on peut voir ailleurs sur ce sujet^ : puisque le ministre n'y répond rien , c'est qu'il n'avait rien à répondre; s'il les range parmi les choses qu'il ne juge pas seulement dignes de réponse, on doit connaître ses airs méprisants, qu'il ne prend que pour couvrir sa faiblesse. Remarquons seulement ici, que pour faire que les sept fioles marquassent un certain temps, le ministre les a métamorphosées en clepsydres* : ne parlons point de la figure des fioles, qui sont des espèces de petites tasses trèséloignées de la forme et du dessin des clepsydres. C'est ce que M. Jurieu aurait pu apprendre des interprètes protestants''. Mais laissant à part toutes ces critiques, il ne fallait que s'arrêter à l'idée que nous donne le Saint-Esprit. Ce n'est pas pour mesurer le temps, que l'on remplit les fioles de la colère de Dieu, c'est pour la répandre : les anges la portent en leur main dans leur fiole, pour l'appliquer à ceux que Dieu veut punir; ils la versent tout à coup avec une action vive, non pas comme une liqueur propre à mesurer, mais comme une liqueur affligeante, dont aussi on voit d'abord l'effet terrible. Et le ministre croira satisfaire à l'idée si vive que le Saint-Esprit nous a donnée de ces an-
1. Ace, 2. p 101. — 2. V'ir., Uv. xiii, w. 3'J. — 3. Voyez Explic. duch. XVI, 1. — 4. Exam. 'Ui end. de l'Ace, des prophét., rtr. — 5. Var., Uv. XIII, n.ZUet nuiv. 43. — 6. Apoc, p. 2. — 7. Not. de De$m. tur le chap. xv, 7; Stjnop».,Ihid.
gcs , en les faisant de languissants mesureurs de temps , qui regardent couler la liqueur dont leurs fioles sont remplies.
Si ce n'est pas là faire ce qu'on veut des Ecritures , je ne sais plus ce que c'est. Mais que dirat-on de cette belle explication , où Armagédon est pris pour les anathèmes du Pape'? Armagédon, selon saint Jean ^, c'est le lieu où les esprits des démons mènent les rois de la terre , pour y livrer un grand combat. Tous les savants interprètes , et même les protestants^, demeurent d'accord que saint Jean regarde ici à un lieu où il s'était donné de sanglantes batailles; et tout cela convient parfaitement avec le dessein de cet apôtre ; mais pour celui du ministre , il fallait qu'Armagédon fût le lieu d'où partent les anathèmes : c'est assez , pour en convaincre les ignorants, que ce soit un grand mot qui fasse peur; et il ne faut pas s'étonner qu'avec un tel dictionnaire, on trouve tout ce qu'on voudra dans les prophéties.
41. Sur le commandement de sortir de Babylone : qu'on ne sait ce que veut dire ce commandement , selon Vidée des protestants. — Nous avons suivi les protestants dans tous les chapitres de saint Jean où ils croient trouver quelque chose contre nous : dans le xi^, dans lexn^, dans le xm®, dans le xvi^ et dans le xvii^, nous n'avons trouvé qu'erreur et contradiction dans toutes leurs prophéties : mais voici le comble dans le chapitre xvin, et cette remarque ne regarde pas un endroit particulier, mais tout le but du système.
Le but de tout le système est d'en venir à l'exécution de ce commandement : Sortez de Babylone, mon peuple^, c'est-à-dire, comme on l'interprète , sortez de la communion romaine; c'est là, selon les ministres'', le vrai fondement de la réformation, et la seule excuse du schisme. Or, c'est ici qu'il y a le moins de sens. Pour l'entendre , il faut supposer, dans les principes de nos adversaires, que la Babylone d'où il faut sortir, n'est pas un lieu destiné à la vengeance, tel. qu'était l'ancienne Babylone, d'où il faille sortir selon le corps, et passer en un pays plus heureux; mais c'est une fausse Eglise dont il faut, sans se déplacer, et sans aucune transmigration, éviter la société. Cela posé, je demande quand est-ce qu'il faut sortir de la communion de cette mystique Babylone? Dès qu'elle est antichrétienne, et que son chef est l'Antéchrist ? c'est ce que notre auteur semble vouloir dire par ces paroles ", où il reproche à ses reformés , que s'ils axaient bien eu devant les yeux cette vérité, que le papisme est V antichristianisme , ils n'auraient pas pu se résoudre à se soumettre à l'Antéchrist , parce que , comme il ajoute aussitôt après, il n'y a pas de communion entre Christ et Déliai. Mais maintenant cette raison qui paraissait si spécieuse, n'a plus de force. L'auteur nous apprend que les fidèles n'ont pas dû rompre avec saint Léon ni avec saint Grégoire, quoiqu'antechrists déclarés par des marques indubitables; et qu'ainsi la communion dont il faut sortir en vertu de ce commandement : Sortez de Babylone, n'est pas précisément celle de l'Antéchrist.
1. Synops., p. 120 rtsuiv. —2. Apoc, xvi, 14, IH. — 3. Voy. Explic. de ce ch. — 4. Apoc, xviii, 4. — 5. Avis à loua les chrétiens devant l'Accomp., p. 48, 49. — G. Idem,
SUR L'EXPLICATION DE L'APOCALYPSE
De dire que ce commandement ne regarde pas les commencements de l'Antéchrist, mais seulement son progrès, c'est parler en l'air; car dès son commencement, la bêle de l'Apocalypse, et la femme assise dessus , est appelée Babylone , la mère des prosiilutions et des abominations*, c'est-àdire , des idolâtries et des corruptions de la terre. Elle porte des noms de blasphèmes; elle blasphème elle-même contre le ciel^, pendant toute la durée de son empire , qu'on veut être de douze cent soixante ans. Il la fallait donc quitter dès le commencement de ces douze cent soixante années. En effet, le Saint- Esprit qui nous a marqué, à ce qu'on prétend, le commencement de cet empire par des caractères si précis, ne nous en a point donné d'autres pour expliquer le moment où il s'en faudrait séparer. Il fallait donc, ou commencer la séparation dès le temps de saint Léon, ce qu'on n'ose dire, ou avouer qu'on ne sait plus quand il la faut commencer, et ainsi qu'on n'entend rien dans ce prétendu commandement, dont on fait le fondement de la réforme.
Il ne sert de rien de répondre qu'il y a des caractères marqués pour reconnaître les temps des grands progrès de la bête : car sans ici s'arrêter à discuter ces caractères, si celui de l'idolâtrie ne suffit pas pour obliger à la séparation , quel autre caractère peut-on trouver qui puisse y olDliger davantage? S'il faut que l'idolâtrie soit formée , on nous a dit qu'elle l'était sous saint Léon par les écrits de Théodoret^, et même qu'elle était régnante : que s'il faut avoir résisté aux avertissements, on avait ouï ceux de Vigilance qu'on avait laissé écraser à saint Jérôme.
Je ne m'arrêterai pas aux époques de Boniface III, ni même de Grégoire VII, où on prétend que l'antichristianisme a été le plus marqué^, car outre qu'il n'y a rien au-dessus de l'idolâtrie, qui néanmoins n'obligeait pas à se séparer, il est encore certain que les titres les plus odieux, qu'on prétend que Grégoire VII s'est attribués , sans ici vouloir en disputer, n'appartiennent pas à la foi; et on n'est pas obligé de les recevoir pour demeurer dans l'Eglise. Il n'y a donc dans ces titres aucun fondement légitime de se séparer; et saint Jean nous le montre bien, selon notre auteur, puisqu'à présent que Babylone s'est élevée, selon lui,- au comble de l'impiété, et qu'elle touche de si près à sa chute irréparable, le temps de l'obligation du précepte ne peut pas être encore arrivé, puisque, selon le nouveau système de l'Eglise^, celle où nous sommes , est encore une véritable partie de l'Eglise universelle , où Dieu a encore ses élus, captifs à la vérité, à ce qu'on prétend, mais enfin de véritables élus , qui néanmoins n'observent pas ce grand précepte : Sortez de Babylone, mon peuple. En effet, et c'est ici qu'on va remarquer une prodigieuse contradiction dans toute la doctrine des protestants , à cause qu'il est dit : Sortez de Babylone , mon peuple, ils concluent que le peuple de Dieu y était donc, quoique captif®; d'où ils infèrent encore, bien ou mal , que Babylone ne signifie pas une société ouvertement opposée à Jésus-Christ, mais une Eglise
1. Apoc, xvm, 5.-2 Idem, xiii. — 3. Sup., n . 28, 29. — 4. Ace, a. p , cil. II, p. 40 et suiv. — 5. Préj. lég., \.p., ch. i, p. 4 et seq. 15, 16, 22, etc.; vu, 121, etc. — 6. Idem., vu, p. 121.
chrétienne , où le vrai peuple de Dieu était renfermé dans l'enceinte et dans la profession externe de cette Babylone spirituelle^ . Telle est la conclusion de nos adversaires. Mais de là nous concluons à notre tour, que ce vrai peuple de Dieu sera renfermé, jusqu'à la fin, dans cette profession externe de la Babylone spirituelle; car c'est précisément au temps de sa chute, que ce précepte vient du ciel : Sortez de Babylone , mon peuple-. Qu'on lise l'endroit de l'Apocalypse , où cette voix du ciel est entendue : c'est à point nommé quand l'ange s'écrie : Elle est tombée, elle est tombée, la grande Babylone. Sortez-en, mon peuple , pour n'avoir point de part à ses péchés, et n'être point enveloppé dans son supplice, parce que ses péchés sont montés jusqu'au ciel. Voilà donc précisément le temps de la chute de Babylone qui concourt avec le temps du commandement d'en sortir. Ainsi dans ce moment fatal, le peuple de Dieu est encore dans son enceinte , encore renfermé dans sa profession externe. Je demande premièrement, que veut dire ici le peuple de Dieu, si ce n'est le gros de ce peuple? Que si le gros du peuple de Dieu est encore dans la profession externe de Babylone dans le temps de sa chute, les Vaudois, et les Albigeois, et les Vicléfîtes , et les Taborites , et les Luthériens , et les Calvinistes qui en étaient déjà sortis un si long temps avant celui où l'on met sa chute , qu'étaientils donc autre chose, sinon le peuple réprouvé? Et si l'on nous dit que le précepte d'en sortir, quoique prononcé au temps de la chute, s'étend à tous les siècles précédents, en sorte que le peuple de Dieu dût déjà en être sorti, pourquoi cette voix du ciel pour l'y obliger? Dira-t-on que la plus grande partie du peuple de Dieu en était sortie, et qu'une petite y demeurait encore? Mais la voix parle en général à tout le peuple de Dieu, et la raison en est évidente; car cette voix de l'Apocalypse n'est qu'une répétition de celle que tous les prophètes avaient adressée aux Juifs , afin qu'ils sortissent tous de Babylone et de son empire, où ils étaient captifs. Ainsi cette parole, mon peuple, enferme manifestement toute la société du peuple fidèle. Qu'on me montre enfin dans l'Ecriture, que cette parole ainsi prononcée généralement , ne signifie qu'une partie, et encore la plus petite du peuple de Dieu.
Mais je demande secondement , comment en tout cas celte petite parcelle du peuple de Dieu pouvait être encore renfermée dans la profession externe de Babylone au temps de sa chute? Est-ce qu'elle n'était pas encore assez corrompue, assez idolâtre, assez tyrannique, en un mot, assez Babylone jusqu'à ce temps? Qu'est-ce donc qui lui attirait ces grandes plaies, et une vengeance si terrible?
Je demanderais en troisième lieu, si ce peuple de Dieu pouvait demeurer dans la profession externe de l'idolâtrie, n'était que nous avons déjà vu que l'idolâtrie de saint Léon, et celle de l'Eglise de son temps n'obligeait pas à en quitter la communion.. Mais enfin, si l'idolâtrie n'y oblige pas, à quel terme fixerons-nous la date de l'obligation? On ne sait plus où l'on va : voici un précepte d'un genre tout nouveau , qui n'oblige en aucun cas, cl dont on ne connaît pas le sujet.
1. Si/st., p. 145 ; Var., xv, 54 et suiv. — 2. Apoc, xviii, 4.
AVERTISSEMENT AUX PROTESTANTS
4?. Question . si les protestants rebutés de l'absurdité de Joseph Mède et de M. Jurieu, en peuvent forger un autre plus soutenable. — Pout-èlre que ceux qui verront les absurdités manifestes de la nouvelle interprétation, à la lin abandonneront à la risée de tout l'univers Joseph Mède et son défenseur, et soutiendront que le Pape n'en est pas moins TAntechrist, encore que ces téméraires aient donné une fausse date à la naissance de son antichristianisme. Mais visiblement cela ne se peut; car enfin, on ne lient plus rien si on abandonne l'époque du démembrement de l'empire romain. Pour peu qu'on change cette date, le pape n'est plus l'Antéchrist, Rome n'est plus Babylone, l'homme de péché ne vient plus au moment de la ruine de l'empire, comme on veut que saint Paul lait prédit; la septième tête, le septième roi , le septième gouvernement, qui est celui de l'Antéchrist, ne commence plus au temps des dix rois; en un mot, tout le sens qu'on veut donner aux prophéties de ces deux apôtres , s'en va en fumée. Or, ce démembrement ne peut tomber au plus tard que vers le temps de saint Léon, dans le pillage de Genséric. Et il est vrai qu'on pourrait trouver en 410, et quarante ans au-dessus, sous le pape saint Innocent , une autre prise de Rome par Alaric, et le vrai commencement du démembrement de l'empire; mais Joseph Mède et son disciple ont appréhendé celte date, à cause qu'à commencer par cet endroit-là, les douze cent soixante ans se trouveraient déjà écoulés , et le système des protestants démenti par l'événement. Si donc ils ont commencé trente ou quarante ans au-dessous, c'est pour prolonger d'autant la vie du système , et donner encore ce petit cours aux espérances dont on amuse les peuples. Avec ce misérable artifice, et tout l'esprit qu'ils ont usé si mal à propos dans de vaines conjectures , tout est plein d'absurdités dans leurs ouvrages; l'Antéchrist devient un saint, l'idolâtrie devient innocente; Babylone, la mère des prostitutions, devient en môme temps la mère des enfants de Dieu, et le peuple de Dieu est dans son enceinte, c'est-à-dire comme on l'interprète, dans sa communion, dans sa profession externe; on ne sait plus quand doit commencer, ni où doit finir le précepte, sortez de Babylone, ni enfin ce qu'il signifie. Il est donc plus clair que le jour, que le nouvel article de foi de l'antichristianisme du Pape , sans lequel le ministre enseigne qu'on ne peut pas être chrétien, et où il met le fondement de la réforme , non-seulement est destitué de toute autorité de l'Ecriture , mais encore si rempli de contradictions et d'absurdités , qu'il n'y a plus aucun moyen de le soutenir. On voit que tous ces grands mots, antechrist, idobïlrie, Babylone, blasi)hémes, prostitutions, sont des termes employés par la réforme à exciter la haine d'un peuple crédule; puisque on trouve sous ces noms aiïrcux, la vraie Église, et non-seulement la piété ordinaire, mais encore la piété la plus émincnlc , et la sainteté même.
43. Conclusion de ce qui regarde le chapitre xvni de V Apocalypse. — Pour peu que les protestants considèrent les absurdités, ou, pour mieux dire, les impiétés de cette interprétation, ils demeureront étonnés de s'élrc laissés surprendre à une illusion si grossière. Ils avaient devant les yeux un si grand objet ; Rome tombée avec son empire du comble de
la gloire, jusqu'à être la proie et le jouet des peuples qu'elle avait vaincus. La chute de Babylone tant célébrée par les prophètes, n'a été ni plus grande, ni plus manifeste. Babylone n'avait pas tant tyrannisé les saints que Rome, ni n'était demeurée plus longtemps qu'elle attachée à ses faux dieux. Que diront ici les protestants, en voyant tous les caractères de la ruine de Rome, marqués par saint Jean, si évidemment accomplis? Diront-ils que saint Jean n'y a pas pensé , et que Dieu lui a fait voir, comme on en convient, les impiétés et les cruautés de Rome païenne qui a tant répandu le sang chrétien , ne lui en aura pas montré le juste supplice? C'est démentir l'événement , le plus sûr interprète des prophéties, c'est démentir tous les Pères, qui, dès l'origine du christianisme, ont cru lire dans l'Apocalypse la destinée de l'empire romain; c'est démentir saint Jean , qui a donné à sa Babylone les caractères de Rome la païenne, comme ils étaient connus de son temps par tout le monde; c'est se démentir euxmêmes , puisqu'ils ont reconnu dans les dix rois du chapitre xvu, la dissipation prochaine de l'ancien empire , dont on ne trouve la consommation que dans le chapitre xvni, comme il a été démontré'.
44. Si les protestants peuvent admettreune double chute de Rome. — Les protestants pourraient dire qu'ils ne veulent pas exclure du chapitre xvni de l'Apocalypse la chute de Rome païenne , mais qu'il y a un double sens dans ce divin livre; et qu'outre la chute de Rome sous Alaric , ou sous Genséric , saint Jean regardait encore celle qu'ils attendent.
Mais il ne leur est pas permis de nous alléguer ces deux chutes : car, ou ce serait par le texte même qu'ils prétendraient nous y forcer, ce qui n'est pas, puisque la chute de Rome païenne épuise suffisamment le sens littéral; ou ce serait par la tradition : mais premièrement, ils la rejettent; secondement, ils n'en ont aucune qui les favorise.
Il faut ici les faire souvenir que c'est la chute d'une Eglise qu'ils se sont obligés à nous faire voir dans le chapitre xvni de l'Apocalypse, et encore de l'Eglise la plus éclatante de tout le monde , et dont la communion serait la plus étendue. Or, c'est de quoi il n'y a aucune tradition, et pas môme la moindre trace dans les Pères. Il y en a encore moins dans l'Apocalypse, comme nous l'avons démontré si clairement, qu'on ne peut plus imaginer aucune réplique.
45. Prédiction de saint Paul. — Ne laissons aux protestants aucune des prophéties qu'ils ont profanées, et sauvons encore de leurs mains celle de saint Paul, II. Thess., n. Mais il faut avant toutes choses la remettre sous les yeux du lecteur, et la voici traduite de mot à mot sur le Grec, en marquant aussi en particulier la version de Genève et celle (lu ministre Jurieu, dans les mots qui sont importants.
t. Nous vous conjurons, mes frères, par l'avénement de Notre Seigneur Jésus-Christ , et par notre réunion avec lui :
2. Que vous ne vous laissiez pas légèrement ébranler dans votre sentiment, et que vous ne vous troubliez pas, en croyant, ou sur quelque prophétie , ou sur quelque discours , ou sur quelque lettre, qu'on supposerait venir de nous, que le jour du Seigneur soit près d'arriver.