‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 187 sur 851 · I. BccUê.. ru. 30. — ?. / Cor., xni. J2. —3. Rom ,i · texte numérisé non relu

I. BccUê.. ru. 30. — ?. / Cor., xni. J2. —3. Rom ,i

De cette sorte on connaissait d'abord sa parfaite supériorité au-dessus du corps, et l'empire qui lui était donné sur lui : en sorte que tout y devait être dans l'obéissance envers l'ùme , comme l'âme le devait être envers Dieu.

Une si grande et si droite lumière dans la raison, était suivie d'une pareille droiture dans la volonté. Comme on voyait clairement et parfaitement combien Dieu est aimable; et que l'âme n'était empêchée par aucune passion ou prévention de se porter à lui, elle l'aimait parfaitement, et unie par son amour à ce premier être , elle voyait tout au-dessous d'elle, principalement son corps dont elle faisait sans résistance ce qu'elle voulait.

Nous éprouvons encore un reste de cet empire que nous avions sur nos corps. Nous emportons sur lui beaucoup de choses contre la disposition de la machine par la seule force de la volonté; à force de s'appliquer, l'esprit demeure détaché des sens, et semble ne communiquer plus avec eux. Combien plus en cet heureux état, sans aucun efTort, et par la seule force de la raison toujours maîtresse par elle-même, tenait-on en sujétion tout le corps?

Il n'y avait qu'une dépravation volontaire qui. pût troubler cette Joëlle économie, et faire perdre à la raison son autorité et son empire. Quand l'homme s'est retiré de Dieu , Dieu a retiré tous ses dons. La première plaie a été celle de l'ignorance; ces vives lumières nous ont été ôtées : Nous sommes livrés aux questions^; tout est mis en doute, jusqu'aux premières vérités. La raison étant devenue si faible par la faute de la volonté, à plus forte raison la volonté, qui avait commis le péché, s'afTaiblit-elle elle-même. Le corps refusa l'obéissance à l'âme qui s'était soustraite à Dieu. Dans le désordre des sens, la honte qui n'était pas encore connue se fil bientôt sentir : chose étrange! nous l'avons déjà remarque; mais cette occasion demande qu'on repasse encore un moment sur ce triste objet.

Nos premiers parents ne furent pas plus tôt tombés dans le péché, qu'ils connurent leur nudité, et contraints de la couvrir d'une ceinture, dont nous avons déjà montré l'usage , ils témoignèrent par là oii la révolte et la sédition intérieure et extérieure s'était mise. Comment avez-vous connu, et qui vous a indiqué que vous étiez nus? D'où vient que vous vous cachiez dans l'épaisseur de la forêt^, pour ne point paraître à mes yeux? Craigniez-vous que je ne trouvasse quelque chose do mal cl de déshonnôle dans mon ouvrage , moi qui ne puis rien faire que de bon, et qui en eiïet, en revoyant ce que j'avais fait, en avais loué la bonté? Etrange nouveauté dans l'homme, de trouver en soi quelque chose de honteux! Ce n'est pas l'ouvrage de Dieu , mais le sien, et celui de son péché. El quels yeux craignait-il en se cachant? Ceux de Dieu, ceux de la compagne de son crime cl de son supplice, les siens proprcs.-O concupiscence naissante, on ne vous reconnaît que trop!

Mais quoi : disons en un mol, que c'est de là que nous naissons ; tout ce qui naît d'Adam lui est uni de ce côté-là; enfants de cette révolte, cette révolte est la première chose f|ui passe en nous avec le sang. Ainsi , dès notre origine , nos sens sont rebelles : dès le ventre de nos mères, où la raison'esl plongée

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