Ps., XV. 10. — 2. Apoc, XI. 15, 17. — 3. Luc, i
4. Disc, sur l'Hist. Univ., w partie. La suite de la Religion. —
5. Mich., V. 2; Malth., n, 6. — 6. Is., vu; 14. Malth., i. 21, 22, 23. — 7. Is., IX. G — 8. Zach.. ix. 9; Matth., xxi. 5. — 9. Zach., XI. 12, 13; Matth., xxvii. 9, 10. — 10. Zach., xiir. 7; Matth., XXVI. 31, 56. — 11. Is., L.6. — 12. Zach., xii. 10. Joan. , xix. 37. — 13. Jon., II. 2; Malth., xii. 40; xvi. 4. — 14. Dan., ix. 24 et seq., Matth., xxiv. 15. — 15. Dan., vu. 13, 14, 15, 27, 28. — 16. Is., LUI. 7 et seq.
dans cet état de souffrance, sont le salut des pécheurs pour qui il prie. Une longue postérité sortira de lui , parce qu'il a volontairement souffert la mort : Et son sépulcre, d'où il sortira vainqueur et immortel , sera glorieux ' .
Ce seul passage si précis et si étendu, où les souffrances du Sauveur futur sont inculquées en tant de manières, suffisait pour animer tous les sacrifices et le culte de la loi, et mettre continuellement devant les yeux des M'ais Israélites, qu'elle contenait sous ses ombres, la rémission des péchés par une mort volontaire, un sang salutaire qui les expiait , des plaies qui rétablissaient la santé de l'homme, et dans tout cela un Sauveur aussi juste que souffrant, qui nous guérissait par ses blessures.
Combien plus doit-on se nourrir de ses plaies sacrées, de cette mort, et de ce sang innocent versé pour les pécheurs, depuis, comme dit saint Paul, que Jésus-Christ a été crucifié à 7ios yeux ? 0 Gâtâtes insensés , comment vous laissez-vous fasciner les yeux-? après un tel spectacle! Accourez, peuples, à la croix de Jésus-Christ. Et puisque c'est vous qui lui avez tous donné la mort; venez, comme dit l'évangéliste après le prophète, venez, dis-je, contempler celui que vous avez percé^.
Ve ÉLÉVATION.
Réflexions sur les prophéties.
Les choses étant en cet état, la venue de Jésus- Christ étant préparée dès l'origine du monde, toute sa loi, pour ainsi dire, en étant enceinte et toute prête à l'enfanter. Dieu laissa le peuple saint quatre à cinq cents ans sans prophètes et sans prophéties : voulant leur donner ce temps pour les méditer, et pour soupirer après le Sauveur. A la veille de faire cesser les prophéties; c'est-à-dire, dans les temps de Daniel, d'Aggée, de Zacharie et de Malachie, il déclara les secrets divins plus clairement que jamais. C'est de quoi font foi principalement les Semaines de Daniel, où les temps de la venue et de la mort du Christ, étaient exactement supputés. Aggée avait dit ces mémorables paroles à la gloire du second temple : Encore un peu de temps. Car, qu'était-ce que quatre cents ans et un peu plus, à comparaison de tant de milliers de siècles où le Sauveur avait été attendu? Encore donc un peu de temps, et je remuerai le ciel et la terre ; et le Désiré de toutes les nations viendra ; et je remplirai de gloire cette maison nouvellement rebâtie; c'est-à-dire, le second temple, dit le Seigneur des armées, le Dieu tout-puissant '^ . L'argent esta moi, et l'or est à moi : tout est en ma puissance; et si je voulais faire éclater cette maison en richesses môme temporelles, je le ferais; mais je lui prépare un autre éclat par la venue du Désiré des nations. La gloire de cette seconde maison sera plus grande que celle de la première; et j'établirai la paix dans ce lieu, dit le Seigneur des armées^.
S'il faut regarder le temple par un éclat extérieur; la gloire du premier temple, sous le riche empire de Salomon , de Josaphat, d'Ezéchias et des autres rois, sera sans conleslalion la plus grande. Loin que le second temple eût le même éclat , ceux qui le rebâtissaient, et qui avaient vu le premier,
1. Is., XI. 10. — 2. Galat., iii. 1. — 3. Zach.,\n. 10; Apoc, 1.7. - 4. Agç/., II. 7, 8, 9. — 5. Idem, 10.
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
ne pouvaient retenir leurs larmes en voyant combien il lui était inférieur. Il est vrai que dans la suite des temps, la gloire du second temple fut grande dans l'Orient. On y vit porter les présents des rois' ; et je ne sais si llérode qui le rebâtit, n'en j égala pas la magnilicence à celle de Salomon. Mais | après tout, et quoi qu'il en soit, ce n'est pas là de j quoi remuer le ciel et la terre; et un si grand mou- \ vement se doit terminer à quelque chose de plus grand que des richesses terrestres. Voici donc le grand mourement du ciel et de la terre : c'est que le Désiré des nations, le Christ qui en est rallenle, paraîtra sous ce second temple. Il viendra , dit le saint prophète Aggée-; et où viendra-l-il? Un autre prophète l'explique dans le même temps : « J'envoie mon ange, » dit Malachie^ « au nom du Seigneur; et il préparera la voie devant ma face : el en ce temps viendra dans son temple , le Seigneur que vous cherchez, et l'ange du Testament, » ou de l'alliance, « que vous désirez. Le voilà qui vient, dit le Seigneur. » Il n'y a plus rien entre deux : il n'y a plus de nouvel ouvrage, ni de nouvelles figures du Christ à venir, ni de nouvelles prophéties. Voici le dernier étal du peuple de Dieu; et après cela il n'y a rien à attendre que le Christ qui entrera dans le second temple.
Ce n'est donc pas sans raison que le saint vieillard Siméon^ qui attendait avec tant de foi la venue du Christ, el la rédemption d'Israël, fui amené en esprit, c'est-à-dire par inspiration, avec Anne la prophélesse, cette sainte veuve, dans le temple où le Seigneur allait entrer. C'est qu'alors s'allait accomplir la gloire du second temple, lorsque Jésus y devait venir pour y établir la paix, comme Aggée l'avait prédit.
Aux approches de ce temps heureux toute la nature était en attente, tout le peuple vivait en espérance. S'il n'avait plus de prophètes, il vivait en la foi et dans les lumières des prophéties précédentes. Ceux qui étaient éclairés d'en-haul , appelaient celui qui les devait sauver de leurs péchés. Le Christ, à la vérité, leur était souvent montré comme un conquérant, qui les devait délivrer des mains de leurs ennemis, qui les tenaient en captivité. Mais cette captivité el ces ennemis n'étaient d'un côté qu'une (igure d'une captivité spirituelle, et de l'autre une punition de leurs péchés, qui leur attiraient tous ces maux , et mettaient ce joug de l'er sur leur tète : et enfin les frayeurs de leur conscience leur faisaient sentir que le grand mal dont ils devaient être délivrés, était leurs péchés. C'est pourquoi ils reconnaissaient qu'ils avaient besoin d'un Sauteur qui les expiât : il leur fallait un juste el un innocent, (\u'\ fût la sainte victime qui les elfaçût. « 0 ciel, envoyez votre rosée, et que les nues pleuvent le juste; que la terre s'ouvre, et qu'elle germe le Sauveur*! » Pour être sauveur, il faut qu'il soit juste, dune justice qui vienne du ciel, qui soit divine, infinie, el celle de Dieu même , afin que nous puis- .«ions l'appeler après le prophète : Le Seigneur notre juilice*. Ce juste qui devait venir du ciel, doit aussi sortir de la terre : il faut qu'il joigne en sa personne ! ' et la lerre, qu'il «oit Dieu el homme tout ■ le ; que par une double naissance, il vienne
1. //. Mirh., III. I, 2, 3. — 2. Agg., n. S. — 3. Mal., m. 1. — ♦. Lue., II. 25, 28,27. — .'». /«., xi.v. 8. — 6. Jttnm., xixn. 5, 6.
tout ensemble , cl du ciel dans les jours de l'éternité, et de Bethléem' dans le temps; comme l'avait dit le prophète; et c'est ainsi que dans peu de temps, dans le dernier période du peuple de Dieu, ce grand Dieu devait remuer le ciel et la terre-.
Cependant tout se préparait à son arrivée. Le royaume de Juda vivait sous ses lois dans une parfaite liberté : peu à peu il se dégradait; el quand le temps approcha qu'il devait être détruit, il tombe entre les mains des étrangers. Un nouveau peuple se préparc au Christ futur; el on va voir toutes les nations venir en foule composer ce nouveau royaume, qui était sous le Fils de l'homme, le royaume des saints du Très-FIaut qui ne devait point avoir de fin^. Nous louchons au dénouement des mystères; el le Dieu homme va paraître.
Purifions nos cœurs pour le recevoir : songeons au malheur de ceux pour qui il était venu, el qui cependant n'ont pas voulu le connaître. Charnels, ambitieux, avares, quand Jésus est venu à eux, ils l'ont méconnu : ils l'onl mis à mort, parce que ses saintes paroles n'entraient point dans leurs cœurs. Purifions-nous donc pour le recevoir, de tous les désirs du siècle , en attendant son glorieux avènement : autrement tout est à craindre pour nous : sa venue nous sera funeste, et nous le crucifierons comme les Juifs.
Vie ÉLÉVATION.
L'apparition de Dieu d'une nouvelle manière ; et ce que fait la venue du Christ promis.
De si haut qu'on reprenne l'histoire sacrée, on y trouve que Dieu apparaît en figure humaine aux patriarches , aux prophètes. Un des hommes que voit Abraham , el qu'il reçoit en sa maison , se trouve être le Seigneur même , Dieu même , à qui rien n'est difficile ; qui donne un fils à Sara quoique stérile; qui pardonne aux hommes; qui les punit selon les règles de sa bonté el de sa justice ; à qui Abraham adresse ses prières comme à Dieu ; qui parle lui-même comme Dieu; qui dispose de toutes choses avec une suprême autorité ^ Ce Dieu qui apparaît à Abraham, est souvent appelé ange, c'esl-à-dire, envoyé^. C'est un envoyé, pour l'amour de qui Abraham avait voulu immoler son fils unique; qui en accepte le sacrifice; qui renouvelle toutes les promesses à Abraham : c'est donc un ange , c'est un envoyé qui est Dieu. C'est l'ange du Testament'^, l'ange du grand conseil, el le Fils de Dieu lui-même, qui dès lors se plaisait à la forme d'homme qu'il devait prendre personncUeinenl au temps marqué.
Le même apparaît à Isaac cl à Jacob. Jacob le voit au liaul d'une échelle; el il appelle le lieu oii il est, la maison de Dieu , et la porte du ciel''. Il y dresse un autel à celui qu'il avait vu, el lui rend ses adorations. Jacob combat avec lui, comme avec un homme, cl se glorifie d'avoir vu Dieu face à face^. Il reçoit l'ordre de lui dresser un autel; il l'invoque el il le loue, comme celui qui l'a regardé dans son affliction^. Combat mystérieux, où Dieu veut bien s'égaler à l'homme, el que l'homme aidé de Dieu, l'emporte contre Dieu même, cl lui arra-
1. Mich..\. 2. — 2. Agg., u. 7. — .3. Don., vu. 13, 14, 27. -- 4. Gen., xviii. 2. .3. 14, i:tc. — 5. Idem, xxii. 11, 12, 1.5. 16, rtc. — a. Mal., m. 1. — 7. Gen., xxvi, xxviri. 12, 13, 10, 17, 18. --8. Idem, xxxii. 24, etc. — 'J. Ihid., xxxv. 1,3.
ONZIEME SEMAINE
che, pour ainsi dire, sa bénédiction par une espèce de violence'. 11 apparaît de nouveau à Jacob , et se nomme le Dieu tout-puissanl; et confirme toutes les promesses qu'il avait faites à Abraham et à Isaac. Tout cela en figure de celui qui s'est incarné pour nous, qui dès lors nous préparait ce grand mystère , le commençait en quelque façon, en faisait voir comme une espèce d'apprentissage et comme un essai : qui enfin a voulu , en la forme humaine, faire les délices de nos pères; qui par un amour extrême , et si l'on peut l'appeler ainsi, par une tendre passion pour notre nature, a fait aussi de son côté, ses délices des enfants des hommes, et a voulu montrer par-là qu'il est celui qui, « conçu et engendré dans le sein de Dieu comme sa sagesse éternelle, a mis son plaisir à être avec eux^. »
Parcourons ici en esprit tous les endroits où le Dieu trois fois saint paraît avec une face et avec des pieds', où la gloire du Dieu d'Israël s'élève audessus du chariot^, et se rend sensible, où l'ancien des jours apparaît avec sa tête et ses chereux blancs comme neige^ : et croyons que toutes ces apparitions ou du Fils de Dieu, ou du Père même, étaient aux hommes un gage certain , que Dieu ne regardait pas la nature humaine comme étrangère à la sienne ; depuis qu'il avait été résolu que le Fils de Dieu, égal à son Père, se ferait homme comme nous.
Toutes ces apparitions préparaient et commençaient l'incarnation du Fils de Dieu : l'incarnation n'étant autre chose qu'-uwe apparition de Dieu^ au milieu des hommes, plus réelle et plus authentique que toutes les autres : pour accomplir ce qu'avait vu le saint prophète Baruch, que « Dieu même, après avoir enseigné la sagesse à Jacob et à ses enfants , avait été vu sur la terre , et avait conversé parmi les hommes" : » qu'en cet état on lui dirait, comme faisait Isaïe : « C'est dans vous seul que Dieu est : et il n'est en aucun homme comme en vous : Dieu n'est point sans vous : vous êtes vraiment un Dieu caché, le Dieu d'Israël, le Sauveur^. » Le voilà, nous disait Malachie", ce Seigneur que vous attendiez , cet ange qui a apparu à Abraham et aux patriarches : Le voilà qui vient en personne, qui apparaît dans son temple. Et remarquez qu'un autre ange le précède, et lui prépare la coie : mais cet ange n'est point appelé le maître, le dominateur, ni celui qui vient dans le temple, comme dans un lieu qui est à lui; ad templum sanctum suum. C'est Jean-Baptiste, le saint précurseur de Jésus-Christ; c'est, comme l'appelle le môme prophète, un autre Elle, qui vient préparer les hommes à recevoir Jésus-Christ, de peur qu'à son arrivée le genre humain ne soit frappé d'anat/ième'".
C'est par ces mots que finit le prophète Malachie. La prophétie finit avec lui : et en voilà le dernier mot. Ainsi le dernier des prophètes termine sa prophétie en nous désignant le premier prophète qui devait paraître après lui, et lui remet, pour ainsi parler, la prophétie et la parole.
Entrons ici dans l'esprit des Israélites spirituels, des Juifs cachés qui désiraient le Sauveur, et se
1. Gert.,xxxv. 11,12.-2. Prov., viii. 22. 23,31. —3. Is., vi. 1.2,3.— 4. E:ecli.,i. 1. et seq. — 5. D-m., vu. 1, 9, 13. -- 6. /. Tim., ai. 16. —7. liar., m. 37,38. —8. Is., xlv. 14, 15 — î». Matac, m. 1. — 10. Malac, iv. 5,6.
consolaient dans cette attente de tous les maux de cette vie. 0 Jésus, vous êtes celui qui deviez venir! 0 Jésus, vous êtes venu t 0 Jésus, vous devez encore venir au dernier jour pour recueillir vos élus dans votre repos éternel! 0 Jésus, vous allez et venez sans cesse! Vous venez dans nos cœurs; et vous y faites sentir votre présence par je ne sais quoi de doux, de tendre et de souverain. Que l'esprit et l'épouse disent : Venez : que celui qui a soif vieniie. Car Jésus vient en nous, quand aussi nous venons à lui. Oui, dit Jésus, ;e viendrai bientôt. Ah! venez, venez. Seigneur Jésus'. Venez, le Désiré des nations, venez , notre amour et notre espérance, notre force et notre refuge , notre consolation dans le voyage, notre gloire et notre repos éternel dans la patrie.
ONZIEME SEMAINE
L'avènement de saint Jean-Baptiste, précurseur de Jésus-Chi'ist.
PREMIERE ELEVATION
Les hommes avaient besoin d'être préparés à la venue du Sauveur.
Quelle merveille, dit saint Augustin-! saint Jean n'était pas la lumière : Non erat ille lux; mais il était envoyé pour rendre témoignage à la lumière : Sed ut testimonium perhiberet de lumine^. La lumière a-t-elle besoin qu'on lui rende témoignage? Faut-il que quelqu'un nous dise : Voilà le soleil? Ce bel astre n'attire-t-il pas assez les regards , sans qu'on nous le montre au doigt? Il est ainsi toutefois, dit saint Augustin. Jésus-Christ était le soleil, et saint Jean un petit flambeau ardent et luisant'' , comme l'appelle le Sauveur. Et voilà que nous allons chercher le Sauveur par le ministère de Jean , et nous cherchons le jour avec un fiambeau. La faiblesse de notre vue en est la cause. Le grand jour nous éblouirait, si nous n'y étions préparés et accoutumés par une lumière plus proportionnée à notre infirmité : Tarn infirmi sumus; per lucernam quœrimus diem'". Le monde est trop afl"aibli par son péché , pour en soutenir dans toute sa force le bonheur que Dieu lui envoie. Confessons notre faiblesse et notre impuissance : c'est là le commencement de notre salut. Abaissons-nous vers saint Jean, et apprenons à élever peu à peu nos yeux faibles et tremblants à Jésus-Christ.
Ile ÉLÉVATION.
Quatre circonstances de la vie et de la mort de saint Jean , préparatoires à la vie et à la mort de Jésus- Christ.
Je découvre quatre choses dans saint Jean , par où il me prépare à Jésus-Christ : premièrement, sa conception et sa nativité ; secondement , sa vie étonnante dans le désert dès son enfance; troisièmement , sa prédication avec son baptême; quatrièmement, la persécution qu'on lui fait soutïfrir, sa prison et sa mort. Quatre mémorables circonstances
1. Apoc. ,y.\ii. 17,20. — 2. 5. Aug., inJoan. Tract, ii. n. 7. et seq. — 3. Joaii.,i. 8. — 4. Ideiii,v. 35. — 5. S. Au[i.. in Joan. Tract, ii. n. 8.
ELEVATIONS SUR LES MYSTÈRES
de l'histoire de saint Jean-Baplisle , que non? remarquerons chacune à sa place, pour nour préparer à voir la gloire du Sauveur.
Suivons donc le saint Précurseur, et voyons-le devancer en tout et partout le Fils de Dieu, tant dans sa vie que dans sa mort. Il va cire conçu et paraître au monde. Marchez devant lui , saint Précurseur, et prévenez les m^^rveilles de la conception et de la naissance de votre maître. Mon ;\mc, sois attentive au grand spectacle que Dieu préparc à la foi! Seigneur, soyez loué à jamais pour les admirables préparations par lesquelles vous nous disposez à recevoir voire Christ.
III<? ÉLÉVATION
Première circonstance préparatoire de la vie de saint Jean-Baptiste : sa conception.
Mon Sauveur devait naître d'une vierge. Quelle plus belle préparation à ce mystère, que de faire naître saint Jean-Baplisle d'une stérile? Jésus-Christ ne devait avoir de Père que Dieu. Après Dieu, et sous sa puissance, que pouvait-on donner à saint Jean-Baptiste, qui en approchât davantage qu'un sacrificateur qui fût en même temps un saint? Ce fut le caractère de saint Zacharie, père de saint Jean-Baptiste. Il est dit de lui qu'il était sacrificateur, et encore sacrificateur de la race d'Abia, qui était la plus excellente. Sa sainteté répondait à celle de son ministère; et afin que tout se ressente ici de l'esprit de sainteté, ce fut durant l'exercice de sa fonction que Dieu lui envoya son ange, pour lui annoncer la conception de saint Jean-Baptiste'.
Jésus-Christ devait avoir une mère vierge : c'était là sa prérogative. Et qu'y avait-il qui approchât davantage de cet honneur, que de naître d'une stérile, comme un autre Isaac, comme un Samson, comme un Samuel : ces enfants miraculeux de femmes stériles, sont des enfants de grâce et de prières. Et c'est par là que fut consacrée la naissance de saint Jean-Baplisle, pour être l'avanl-couriére de celle du Fils de Dieu.
Sainte Elrsabetii était, comme son mari, d'une vie sainte et irréprochable devant Dieu et devant les hommes^. Comme lui elle était aussi fille d'Aaron et de la race sacerdotale, qui éiail dans la tribu de Lévi aussi disiinguée que la tribu de.Lévi élait élevée parmi les tribus d'Israël. Tout relève la naissance de saint Jean-Baplisle; et rien no pouvait mieux préparer les voies au Messie qui devait venir.
Outre la stérilité d'Elisabeth, elle était, comme Zacharie, avancée en âge : tout s'opposait au fruit qu'elle devait porter. Seigneur, nous sommes stériles : accablés de la vieillesse d'Adam et des ancicnrtes habitudes de la corruption, nous ne pourrons produire aucun fruit : mais Dieu se plaît à tout tirer du cëant.
La vertu ne vient jamais parmi les hommes que des lieux naturellement stériles : Et où le péché ahfjndej c'eut là que la yrdce veut surabonder^ : c'est à l'humilité à l'attirer. Confessons notre impuissance; et Jean, c'est-à-dire, la fjrâce et la colombe , ou U Saint- Expr it , nous sera donné.