Lue., I. 5,8, etêerj. -- 2. /rUm. — 3, Rom.,y
IVe ELEVATION.
La conception de saint .Jean-Baptiste , comme celle de Jésus-Christ est annoncée ])«/■ l'umje saint Gabriel.
Je suis Gabriel, un des esprits assistants decanl Dieu, que le Seigneur vous a envoyé pour vous parler et tous annoncer ces heureuses noucelles*. Dieu destinait à ce saint archange une bien plus haute ambassade, puisqu'il devail annoncer l'enfantement d'une vierge; mais afin de tout préparer, et donner foi aux paroles de son ange, Dieu lui fit auparavant annoncer l'enfantement d'une stérile : et avant que de promettre le Christ , il le chargea de promettre son saint Précurseur.
Un des caractères des œuvres de Dieu, est de prendre le temps convenable; et c'est là un des traits des plus remarquables de sa sagesse. Zacharie élait dans l'exercice le plus pur de la fonction sacerdotale , qui élait celui d'offrir les parfums au dedans du temple sur l'autel destiné à celle fonction : et tout le peuple élait au dehors en attente du saint sacrificateur qui devait sortir du temple, après avoir accompli le ministère sacré. Ce fut à ce moment que l'ange du Seigneur lui apparut du côté droit de l'autel , où il ofiiciail^.
Le trouble dont il fut saisi à la vue de l'ange, est l'effet de celle crainte religieuse, dont l'âme est occupée, lorsque Dieu se rend présent par quelques moyens que ce soit. L'impression des choses divines fait rentrer l'âme dans son néant; elle sent plus que jamais son indignité : la frayeur qui accompagne ce qui est divin, la dispose à l'obéissance.
Ne craignez point, lui dit cet ange. Comme le premier effet de la présence divine est la frayeur dans le fond de l'âme, le premier effet de la parole portée de la part de Dieu , est de rassurer celui à qui elle est adressée. Votre prière est exaucée, et votre femme concecra unfils'^. Il l'avait donc demandé à Dieu ; et Jean , comme Samuel , fut le fruit de la prière. Mon âme , prie avec foi et persévérance; l'ange du Seigneur viendra; une douce confiance se formera; quelque lumière céleste apparaîtra dans le cœur, et Jean, qui est la grâce, en sera le fruit. Il faut demander; c'est un acte nécessaire de la soumission qu'on doit à Dieu; c'est une reconnaissance de sa puissance et de sa bonté : la confiance qui est le fruit d'un pur et fidèle amour, s'y fait ressentir; c'est-à-dire qu'elle fait ressentir Dieu.
Vous lui dominerez le nom de Jean. Le môme ange dit à Marie : Vous aurez un fils et vous lui donnerez le nom de Jésus* : et l'imposition du nom de Jean qui est ordonnée par l'ange, est la préparation à un plus grand nom.
Cet enfant vous mettra dans la joie et dans le ravissement; et la multitude se réjouira à sa naissance-'. C'est ce que l'ange promet : c'est ce que nous verrons bientôt accompli.
Il sera grand devant le Seigneur'^. Le môme ange, en annonçant Jésus-Christ, répète la môme parole : Il sera grand; mais il ajoute : et il sera nommé le Fils du Très-IIauf . Jésus sera grand comme le fils; Jean sera grand comme un serviteur, comme un héraut qui marche devant son maître, et
1. Luc, I. 19. — 2. Idem, 9. -- 3. Ibid.,i. 13. — 4. /6td., 31. — 5, VAd., M. —0. Ibid., 15, —7. Ihid., 'ii.
ONZIÈME SEMAINE
inspire le respect à tout le monde. Jésus est grand par essence; et Jean sera grand par un éclat et un rejaillissement de la grandeur de Jésus. Il ne boira point de vin ni de tout ce qui peut enivrer ; et il sera rempli du Saint-Esprit dès le ventre de sa mère*. Commençons à voir dans Jean le caractère de la pénitence et de l'abstinence. Seigneur, je le reconnais : c'est lui qui prépare les voies à Jésus, et la pénitence est sa vraie avant-courrière.
C'est aussi un caractère de nazaréen; c'est-à-dire, un caractère de saint, de s'abstenir du vin et de tout ce qui enivre. Tout ce qui llatte les sens et les transporte , est un obstacle à la sainteté : si vous évitez l'ivresse et la joie des sens, une autre ivresse vous sera donnée; comme Jean vous serez rempli du Saint-Esprit, et transporté d'une joie céleste. Ne vous laissez donc point enivrer aux charmes des sens; n'attendez pas que le vin, que la joie du monde vous renverse entièrement la raison : dès que vous la goûtez, vous commencez à perdre le goût de la grâce , et vous êtes déjà tout troublé : une épaisse vapeur vous offusque les sens; elle est douce, il est vrai; mais c'est par là qu'elle est pernicieuse ; tout se brouille dans notre cerveau ; et c'est hasard si nous ne tombons dans quelqu'élrange désordre. Fuyons, fuyons : « dès que le vin commence à briller et à pétiller dans la coupe, il nous trompe en flattant nos sens; mais à la tin il nous mordra comme une couleuvre, et son poison se portera jusqu'à notre cœur-. »
Ve ÉLÉVATION.
Suite des paroles de l'amje : l'effet de la prédication de
saint Jean-Baptiste est prédit.
Il convertira plusieurs des enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu^. Hélas! étant déjà enfants d'Israël, avons-nous besoin d'être convertis? Ne devons-nous pas avoir conservé la grâce? Gémissons d'avoir besoin qu'on nous convertisse. Mais hélas! notre état est bien pire, puisque même nous résistons à la grâce qui veut nous changer; et plus durs que des pierres, nous ne voulons pas nous laisser convertir.
Le monde était dans un excès de corruption incompréhensible. La loi de Dieu n'était pas seulement méprisée, mais encore on répandait dans le peuple des maximes opposées. Il fallait un nouvel Elle pour émouvoir les pécheurs; il fallait le feu d'Elie pour purifier ces consciences gangrenées. Il y fallait l'esprit et la vertu d'Elie'', l'efTicace de ses discours et la merveille de ses exemples. Qui nous donnera un Elle pour nous convertir au Sauveur; 'pour lui préparer les cœurs par la pénitence; pour ramener l'ancienne discipline, et faire que les pères reconnaissent leurs enfants , par le soin qu'ils leur verront prendre de les imiter! Faisons revivre nos pères ; ressuscitons la foi d'Abraham ; réveillons cette vigueur apostolique de l'ancienne Eglise. Venez, Elle; venez, prédicateurs de l'Evangile , avec une céleste ferveur; remuez , ébranlez les cœurs; excitez l'esprit de pénitence ; remplissez-nous de terreur à la vue du juge qui doit venir. Qu'on le craigne afin qu'on l'aime.
0 Dieu I l'incrédulité règne sur la terre. On n'est