Luc, I. 35.-2. Idem. —Z. /s., lui. 8. --4. Phil., m
KLKVATIOiNS SUR LES MYSTÈRES.
IVe ELEVATION.
La conception de saint Jenn-Baptistr préptirc à croire la conception de Jésus-Christ.
L'.v.NGE conlinue : « El voilà que voire cousine Elisabeth a elle-même conçu un lils dans sa vieillesse ; el c'esl ici le sixième mois de celle qui clait appelée stérile; » et (jui par-dessus la stérilité naturelle, avait encore celle de l'Age el de la vieillesse : « parce que rien n'est impossible à Dieu'. » Marie n'avait pas besoin qu'on lui alléguai des exemples de la toute-puissance divine ; el c'est pour nous à qui le mystère de son annoncialion devait être révélé , que l'ange apporte cet exemple. Dieu voulait néanmoins que la sainte Vierge connût la conception de saint Jean-Raptiste, à cause du grand mystère qu'il nous préparait par la connaissance qu'on lui donne de ce miracle.
Marie fut transportée en admiration de la puissance ilivine dans tous ses degrés. Elle vit que par le miracle souvent répété , de rendre fécondes les stériles, il avait voulu préparer le monde au miracle unique et nouveau de l'enfantement d'une vierge ; et transportée en esprit d'une sainte joie par la merveille que Dieu voulait opérer en elle, elle dit d'une voix soumise : « Voici la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon votre parole^. »
Ve ÉLÉVATION.
Sur ces paroles : « Je suis la servante du Seigneur. »
Dieu n'avait pas besoin du consenlement et de l'obéissance de la sainte Vierge, pour faire d'elle ce qu'il voulait, ni pour en faire naître Jésus-Christ, et en former dans ses entrailles le corps qu'il voulait unir à la personne de son Fils : mais il voulail donner au monde de grands exemples; et que le grand mystère de l'incarnation fût accompagné de toutes sortes de vertus dans tous ceux qui y avaient j)art. C'est ce qui a mis dans la sainte Vierge et dans saint Joseph son chaste époux, les vertus que l'Evangile nous fait admirer.
Il y a encore ici un plus haut mystère. La désobéissance d'Eve notre mère , son incrédulité envers Dieu, sa malheureuse crédulité à l'ange trompeur étaient entrées dans l'ouvrage de notre perte : et Dieu a voulu aussi par une sainte opposition, que l'obéissance de Marie, et son humble loi entrassent dans l'ouvrage de notre rédemption. En sorte que notre nature fût réparée par tout ce qui avait concouru à sa perte; et que nous eussions une nouvelle Eve en Marie, comme nous avons en Jésus-Chrisl un nouvel Adam, afin que nous pui-ssions dire à celle vierge avec de saints gémissements : Nous crions à Vous, misérables bannis, enfants d'Eve, en gémissant cl pleurant dans cette vallée de larmes : offre z- Ics à votre cher l'ils, el nous montrez à la lin ce béni fruit de vos entrailles que nous avons reçu par votre moyen.
C'est ici le solide fondement de la grande dévotion que l'FIglise a toujours eue pour la sainte Vierge. Elle a la rnème part à notre salut, qu'Eve a eue k notre perte. C'esl une doctrine reçue dans loutc l'Ei-'Ilse calholiqur; par une tradition' qui remonte jusqu'il l'origine du christianisme. Elle se développera dans loutc la suite des mystères de