IV. 19. — .5. Joan.. i
/. Joan. , II. 16.
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KLKVATIONS SUR LES MYSTÈRES
qui s"est lait homme. Eiro prêt à son seul nom, et pour la seule gloire de ce nom sacré, à tout faire, à tout entreprendre, à tout soutlVir, voilà ce que c'est que croire au nom de Jésus-Christ. Il a liotuié le poticoir à ceux qui y croient , d'être faits enfants lie Dieu. Admiralile pouvoir qui nous est donné ! il faut que nous concourions à cette glorieuse qualité d'enfants de Dieu, par le pouvoir qui nous est donné de le devenir. Et commL-nl y concourronsnous, si ce n'est par la pureté et simplicité de notre foi ? Par ce pouvoir il nous est donné de devenir enfants de Dieu par la grâce , en attendant que nous le devenions par la gloire, et que nous soyons enfants de Dieu, étant enfants de résurrection, comme dit le Sauveur lui-même'. Portons donc dignement le nom d'enfants de Dieu. Portons le nom du Christ. Soyons des chrétiens dignes de ce nom. Soutirons tout pour le porter dignement. Que personne parmi nous ne souffre comme injuste, comme médisant, comme voleur, ou de la réputation du prochain ou de ses hiens : mais si 7ious souffrons comme chrétiens pour la gloire du nom de Jésus, si nous souffrons à ce titre, nous sommes heureux. Glorifions-nous en ce nom-- Portons courageusement, mais en même temps humblement, toute la persécution que le monde fait à ceux qui veulent vraiment être vertueux^. Soyons doux , et non pas tiers parmi les soulTrances. N'étalons point un courage hardi et superbe, mais disons avec saint Paul : Je puis tout en celui qui me fortifie''. C'est ce que doive:it faire ceux à qui il a donné ce pouvoir céleste de devenir ses enfants.
XIYe ÉLÉVATION.
Comment on devient enfant de Dieu.
Ils ne so7it point nés du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu^. Quoiqu'il nous ait donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu , et que nous concourions à notre génération par la foi, dans le fond pourtant elle vient de Dieu, qui rncl en nous cette céleste semence de sa parole; non de celle qui frappe les oreilles, mais de celle qui s'insinue secrètement dans les cœurs. Ouvrons-nous donc à celte parole dés qu'elle commence à se faire sentir, des qu'une suavité, une vérité, un goût, un instinct céleste commence en nous; ei que nous sentons quelque chose qui. veut être supérieur au monde, et nous inspirer tout ensemble et le dégoût de ce fjui passe et qui n'est pas, et le L'oùl de ce qui ne [tasse point et qui est toujours. Laissons-nous conduire; secondons ce doux eiïet que Dieu opère en nous pour nous attirer à lui.
Ce n'est [>oint en suivant la chair et le sang que nous concevrons ces chastes désirs. Ce n'est point f»ar le mélange du sang, par le commerce de la chair, par sa volonté cl par ses désirs, ni par la volonté de l'homme, que nous devenons enfants de Dieu. Noire naissance esl une naissance virginale. Dieu seul nous fail naître de nouveau comme ses enfants.
Disons donc avec saint Paul : « Quand il a plu à celui qui m'a séfiaré du rfionde, incontinenl je ji'ai plu.*} ac<iuiescé à la chair et au sang«. » Je me suis détaché des sens el de la nature incontinent. Incontinent : la grâce ne peut soulfrir de retardement;
1. Lue., XX. :Vi. - 2. /, p.:i., IV. 1.5, 16. - '.i. II. Tim., III. 12 —4 PhU.,iv. 1.3. — .-,. Jo'xn.,i. l.'J.— «. O'il., i. 1.5, 10.
elle se relire des âmes languissantes el paresseuses. L'épouse fait la sourde à sa voix, et tarde à se lever pour lui ouvrir; elle court pourlanl à la fin'. Il n'est plus temps, il s'est retiré; rapide dans sa fuite aulanl qu'il était vif dans sa poursuite. Tirez-moi, et nous courrons^ . Des la première touche, il faut courir, et ne languir jamais dans noire course.
XVe ÉLÉVATIOiN
Sur ces paroles : « Le Verbe a été fait chair, w'ie Verbe fait chair est la cause de la renaissance qui nous fait enfants de Dieu.
Après avoir proposé toutes ces grâces des nouveaux enfants que la foi en Jésus-Christ donne à Dieu, saint Jean retourne à la source d'un si grand bienfait : Et le Verde a été fait chair, et il a habité parmi nous, et y a fait sa demeure, et nous avons vu sa gloire, comme la gloire du Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité^. Pour nous faire devenir enfants de Dieu, il a fallu que son Fils unique se fil homme. C'est par le Fils unique el naturel, que nous devions recevoir l'esprit d'adoption. Celte nouvelle filiation, qui nous est venue, n'a pu être qu'un écoulement et une participation de la filiation véritable el naturelle. Le Fils est venu à nous, et nous avons vu sa gloire. Il était la lumière ; et c'est par l'éclat el le rejaillissement de celle lumière que nous avons été régénérés. Il était la lumière qui éclaire tout homme qui vient au monde : il éclaire jusqu'aux enfants qui viennent au monde, en leur communiquant la raison, qui tout oiïusquée qu'elle est, esl néanmoins une lumière el se développera avec le temps.
Mais voici une autre lumière, par laquelle il vient encore éclairer le monde; c'est celle de son Evangile qu'il offre encore à tout le monde, el jusqu'aux enfants qu'il éclaire par le baptême : et quand il nous régénère, el nous fail enfants de Dieu, que fait-il autre chose que de faire naître sa lumière dans nos cœurs, par laquelle, nous le voyons plein de grâce el de vérité : de grâce par ses miracles, de Yôrilé par sa parole; de grâce et de vérité par l'un el par l'autre : car sa grâce qui nous ouvre les yeux, précède en nous la vérité qui les contente. « Dieu qui par son commandement a fail sortir la lumière des ténèbres, a rayonné dans nos cœurs pour nous faire voir la clarté de la science de Dieu sur la face de Jésus-Christ ''. » Nous sommes donc enfants de Dieu, parce que nous sommes enfants de lumière. Marchons comme enfants de lumière. Ne désirons point la vaine gloire , ni la pompe trompeuse de la grandeur humaine. Tout y esl faux, tout y est ténèbres. Le monde qui nous veut plaire n'a point de grâce. Jésus-Chrisl seul, plein de grâce et de vérité'^, sait remplir les cœurs, el seul les doit attirer. La grâce est répandue sur ses lèvres et sur ses paroles^. Tout plait en lui jusqu'à sa croix; car c'est là qu'éclate son obéissance, % sa libéralité, sa grâce , sa rédemption, son salut. Tout le reste esl moins que rien. Jésus-Christ seul cal plein de grâce et de vérité. C'est pour nous qu'il en esl plein; cl tous nous recevons tout de sa plénitude''.
1. Cant., V. 2, .3, 5, 6. — 2. Idem, t. 3. — 3. Joan., i. 14. — 4. //. Cor, XV. 0. — 5. Joan., i. 14. — 6. Pa., XLiv. 3; Luc,