III. ^{.n
saint Paul', Moise n'a rien prononcé sur le sacerdoce. Car le sacerdoce de Jésus-Christ devant être d'un autre ordre que celui d'Aaron; si Jésus-Christ était de son sang, on aurait cru qu'il aurait tiré son sacerdoce comme héréditaire de la famille d'Aaron; au lieu que, comme on va voir, il le devait tirer d'une autre origine.
En cinquième lieu, quoique Jésus-Christ dût descendre de Juda, el non de Lévi ni d'Aaron , il convenail qu'il y eût quelque parenté entre sa famille et celle d'Aaron; ce qui fait que la sainte Vierge était cousine d'Elisabeth , el que ces deux saintes parentes ont eu des ancêtres communs : par oîi il paraît, qu'encore que le sacerdoce d'Aaron ne pût ôlre celui de Jésus-Christ, il ne devait pas lui être entièrement étranger, et qu'il devait y avoir de l'alliance entre les deux.
En sixième lieu , pour en revenir à la famille royale, qui était proprement celle du Sauveur, il faut encore observer, que bien qu'il fût le Saint des saints , non-seulement il est sorti de rois pécheurs et méchants , mais encore que les seules femmes qu'on marque comme ses aïeules, sont une Thamar, une Ruth Moabite, et sortie d'une race infidèle; et enfin une Bethsabée, une adultère- : tout cela se fait pour l'espérance des pécheurs, dont Jésus-Christ ne veut pas être éloigné, et ne dédaigne pas le sang; mais il s'en montre le Rédempteur.
Apprenons à mépriser les hommes du monde, si enflés de l'antiquité souvent imaginaire de leur race, dont ils cachent avec tant de soin les endroits faibles. Ne mettons point notre gloire dans nos ancêtres, dont le plus grand nombre, et peut-être les plus renommés, augmente depuis si longtemps celui des damnés; et ne songeons point à nous illustrer par leurs noms maudits de Dieu. Glorifions-nous d'être ses enfants; unissons-nous au Fils de Dieu, et en disant avec saint PauP, qu'il est le Sauveur des pécheurs; ajoutons toujours avec cet apôtre, desquels je suis le premier; i)uisque chacun d'un certain côté est le plus grand et le premier, comme le plus ingrat de tous les pécheurs.
Vie ÉLÉVATION.
Le sacerdoce de Jésus-Christ.
La race dont Jésus-Christ est sorti, était vraiment la race royale, et il a remis le trône d'une manière plus haute qu'il n'y avait jamais été. Mais en Jésus- Christ, il n'y a point de race sacerdotale; il n'a ni prédécesseur, ni successeur : il a seulement des figures dont Mclchiscdcch est la plus illustre, et la seule qui paraisse digne de lui. Il n'y a qu'à lire l'Epître aux Hébreux; et il n'y faut point de commentaire. On nous y montre tout d'un coup dans la Genèse, « Melchisedech sans père, sans mère, sans généalogie, sans commencement de ses jours, et sans qu'on envoie la fin'' : » ce n'est pasqu'il n'eut tout cela, ni qu'il faille donner dans l'erreur de ceux f|ui ont voulu que ce fût un ange. C'est assez pour être la ligure de Jésus-Christ qife tout cela ne soit point niarfiué ; et qu'il paraisse seulement comme " sacrificateur du Dieu Très-Haut, pour offrir à Dieu du pain el du vin , el ensuite le présenter à Abraham , pour le bénir, » et en sa personne bénir