‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 204 sur 851 · Joan., I. \$. — '2. xxxv. 13, 14 et seq · texte numérisé non relu

Joan., I. \$. — '2. xxxv. 13, 14 et seq

ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES

SEIZIÈME SEMAINE

La Nativité de Jésus-Christ.

Songe de saint Joseph.

A Qi-ELLE épreuve Dieu ne met-il pas les Ames saillies! Jusephse voit obligé ii abandouuer, comme une épouse inlidèle, celle qu'il avait prise comme la plus pure de toutes les vierges '; et il était prêt à exécuter une chose si funeste à la pureté de la mère, et à la vie de lenfant. Car ne pouvant être longtemps sans découvrir la grossesse de la sainte Vierge, que pouvait-il l'aire l'ayant aperçue, sinon de la croire une grossesse naturelle? Car de soupçonner seulement ce qui était arrivé par l'opération du Saint-Esprit, c'était un miracle dont Dieu navait point encore donné d'exemple, et qui ne pouvait tomber dans l'esprit humain.

Il était jusle- ; et sa justice ne lui permettait pas de demeurer dans la compagnie de celle qu'il ne pouvait croire innocente. Tout ce qu'on pouvait espérer de plus doux de la bonne opinion qu'il avait conçue avec raison de sa chaste épouse , était , comme il le méditait , sans la diffamer, de la renvoyer secrètement. C'était, dis-je, ce qu'on pouvait espérer de jdus doux; car pour peu qu'il se fût livré à la jalousie, qui est dure comme l'enfer^, à quel excès ne se fùt-il pas laissé emporter? Sa justice même l'aurait flatté dans sa passion; et sous une loi toute de rigueur il n'y a rien qu'il n'eût pu entreprendre pour se venger. Mais Jésus commençait à ré|iandre dans le monde l'esprit de douceur, et il en lit part à celui qu'il avait choisi pour lui servir de père.

Joseph le plus modéré, comme le plus juste de tous les hommes, ne songea seulement pas à prendre ce parti extrême, et voulait seulement quitter en secret celle qu'il ne pouvait garder sans crime. Cependant quelle douleur de se voir trompé dans l'opinion qu'il avait de sa chasteté et de sa vertu! de perdre celle qu'il aimait , et de la laisser sans secours en proie à la calomnie et à la vengeance publique! Dieu lui aurait pu éviter toutes ces peioes, en lui révélant plus tôt le mystère de la grossesse de sa chaste épouse; mais sa vertu n'aurait pas été mise à l'épreuve qui lui était préparée; nous n'eussions pas vu la victoire de Joseph sur la plus indomptable de toutes les passions; et la plus juste jalousie, qui fût jamais , n'oiit pas été renversée aux pieds de la vertu.

Nous voyons par le même moyen la foi de Marie. Elle voyait la peine qu'aurait son époux, et tous les inconvénients de sa sainte grossesse ; mais, sans en paraître inquiétée, sans songer à prévenir ce cher époux, ni à lui découvrir le secret du ciel, au hasard de se voir non-seulement soupçonnée et abandonnée, mais encore perdue et condamnée, elle abandonne tout à Dieu et deirir;ure dans sa jmix.

Dans cet étal, L'anrje du Seigneur fut envoyé à Jotteph, et lui dit : Joseph, fils de David, ne craifjnez pas de prendre avec tous Marie votre épouse;

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