‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 21 sur 851 · De Civ., XX, 19; Epist. ad Hesich · texte numérisé non relu

De Civ., XX, 19; Epist. ad Hesich

les épitres de sainl Paul sont pleines de ces préoeples : Tenez ferme, où le mol l'-rec xaTs^sTs est iorl voisin et à peu près de même force , comme de même origine que celui dont nous i>arlons ; de ïk>rle qu'il n'y a rien de plus naturel que l'inlorpnHation de sainl Auizuslin. Elle n'accommode pas les proleslanls : en voici un autre d'un grand auteur, qui ne leur conviendra pas davantage.

C'est le docte Théodoret, un des plus judicieux interprètes de l'Ecriture et de saint Paul. Dans ces mois du t. l") : Vous savez ce qui arrête , ou ce qui retient, il n'a pas entendu avec beaucoup d'autres Pères l'empire romain, mais l'immuable décret de Dieu, qui arrêtait l'Antéchrist, parce qu'il voulait qu'il ne parût qu'à la /in du monde , et après que l'érangile aurait rempli toute la terre. Il suit sa pensée au t. 7 . et il veut que celui qui tient, s'entende de l'id^Aâtrie, qui decait durer dans le monde, jusqu'à la tenue de l'Antéchrist : d'où il conclut qu'il ne paraîtra qu'après que l'idolâtrie serait timt à fait détruite, et l'étangile annoncé par tout l'univers.

Je ne vois rien qui combatte celte exposition , et j*. - : irrais rapporter beaucoup d'autres aussi peu , .,. s au dessein des proleslanls ; mais venons

à celles qu'ils y croient favorables.

Selon eux , celui qui lient , celui qui obtient , selon Genève; celui qui occupe, selon M. Jurieu, c'est l'empire romain, qui tenait tout l'univers en sa puissance. C'est rinterprélation de plusieurs Pères; mais si on la nie aux proleslanls, comment la prouveront-ils ? Par les Pères et la tradition ce sérail contre leurs principes; et puis les Pères varient, el la tradition n'esl pas uniforme. Quoi donc, par le texte même ? Il n'y a rien de clair pour l'empire romain. Que si l'on dit avec quelques Pères, qu'en cela même que sainl Paul affecte un langage mystérieux , il montre qu'il entendait quelque chose qu'il y eût eu du péril à expliquer clairement, comme eût été la prédiction de la chute de l'empire, dont on aurait pu faire un crime aux chrétiens et à l'A- IK"jlrc, cette réponse ne satisfait pas : car premièrement , nous pouvons répondre qu'il n'y a rien là rj'amliigu, ni rien de mystérieux , selon l'inlerprétalion qu'on vient de voir de saint Augustin ; secon- <! ' qu'il peut y avoir beaucoup fl'aulres choses H . i ni Paul aura voulu envelopper dans un disrour» mystérieux, particulièrement dans l'avenir, où il tranaftortf en esprit ses lecteurs.

En accordant néanmoins (pi'il s'agit ici de l'empire romain, plusieurs catholiques ont pensé qu'encore que cpA empire ait été détruit en un certain uen», lorsqu'il le fut en Occident , où était sa source , ti dan<» Home mz-me, il a stibsisté en fpielquc mar ris les empereurs d'Orient, el ensuite dans

'. '" ' dans les empereurs français el alle-

nt encore.

i -t indifférent pour l'Apocalypse. La chute

de I -tir ses persécutions et pour son

alla .itrie, avec la dissi|)ation de son

; " source, est un a.s8ez digne objet de

■^irit Jean ; el rien n'em[)éctie que

. • ■* r<;ile chute , on ne reconnaisse

• n orece faible renouvellement de l'empire romain ,

■ temps n'a plus rien k lUjrne.

'. r que jusqu'il la lin du monde

AVKllTISSKMKNÏ AUX PROTESTANTS

ce nouvel empire sera exempt des vicissitudes humaines , sans jamais pouvoir périr qu'à la venue de l'Antéchrist , et que ce soit là le sens de saint Paul , ce serait en même temps manifestement la ruine des protestants, puisque cet empire subsiste encore.

Aussi s'y opposent-ils de toute leur force ' : ils ne trouvent aucune apparence que saint Paul, par celui qui tient, parole si forte pour désigner un empire sous qui tout l'univers tremble, entende le nouvel empire; et ils veulent qu'il entende l'empire romain, dont nous avons vu la chute : mais c'est ce que je détruis par celle preuve démonstrative; car voici leur raisonnement : Celui qui tient, selon saint Paul, c'est Rome qui tenait alors tout l'univers sous sa puissance; lorsque celle puissance sera détruite , l'Antéchrist , selon cet apôtre , paraîtra. Or il est détruit, poursuivent-ils, cet empire de l'ancienne Rome, sous qui l'univers avait ployé : l'homme de péohé est donc venu. Voilà leur raisonnement dans toute sa force. Mais poussons un peu plus loin la conséquence, pour découvrir clairement la fausseté du principe. Le même saint Paul qui nous donne la chute de celui qui tient pour signe prochain de l'Antéchrist, nous la donne aussi pour signe prochain du jour du Seigneur; car écoulons ses paroles, et prenons la suite de son discours : Ne vous laissez point troubler, dit-il , par ceux qui vous ont écrit sous mon nom , que le jour du Seigneur allait venir, IL Thess., ii. 2. Pour les empêcher d'être troublés de la crainte d'une si soudaine arrivée de ce grand jour, il leur raconte un grand événement dont il devait être précédé, qui était la découverte de ce méchant que Jésus-Chrisl devait détruire. Vous savez, dit-il, ce qui l'empêche , ce qui le retarde , afin qu'il paraisse en son temps, car le mijstère d'iniquité commence déjà; seulement , que celui qui tient , tienne encore jusqu'à ce qu'il soit détruit; et alors sera découvert ce méchant que le Seigneur détruira par le souffle de sa bouche, et qu'il perdra par l'éclat de sa présence. Voilà les mots de saint Paul, t. 6, 7, 8, et on en voit le rapport avec le jour du Seigneur, du t. 2. On voit donc plus clair que le jour, qu'il fait marcher ensemble ces deux choses , la découverte du méchant qui s'élèvera au-dessus de Dieu , et sa soudaine destruction au jour du Seigneur, par l'éclatante apparition de sa gloire : or est-il que ce grand jour et l'éclatante apparition de la gloire de Jésus- Chrisl, n'est pas venue ; par conséquent l'homme de péché qui en devait être un si prochain avant-coureur, ne l'est non plus , et on ne peut croire que saint Paul, par celui qui tient, entende l'empire romain dont nous avons vu la chute.

50. S'il y a quelque avantage à tirer des Pères qui font tenir V Antéchrist et le jugement à la chute de l'empire romain. — Mais que veulent donc dire les Pères, lorsf|u'ils entendent ces mots, celui qui tient, de l'empire qui tenait alors l'univers en sa puissance? Il est aisé de répondre : en premier lieu , ce n'est pas le sentiment de tous les Pères, comme on le peut voir sans aller plus loin, et d'une manière à n'en point douter, dans les passages de sainl Augustin el de Théodoret qu'on vient de produire; il faut donc soigneusement distinguer les conjectures particulières des Pères d'avec leur con-

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