d.-m,4.S. — S. Ps., VIII
ÉLÉVATIONS SUR LES MYSTÈRES
duire, ni au dedans, ni au dehors la moindre parole, tant que dure celle bienheureuse el Irès-simple disposition.
Il Y a dans l'admiralion une ignorance soumise, qui, conlenle de ce qu'on lui montre des grandeurs de Dieu, ne demande pas d'en savoir davantage; cl perdue dans l'incomprohensibilito des mystères, les regarde avec un saisissement intérieur, également disposée à voir el à ne voir pas; à voir plus ou moins, selon qu'il plaira à Dieu. Cette admiration est un amour. Le premier elTel de l'amour, c'est de faire admirer ce qu'on aime, le faire toujours regarder avec complaisance ; y rappeler les yeux , ne vouloir point le perdre de vue. Cette manière d'honorer Dieu est marquée dans les saints dès les premiers temps. Elle est répétée plusieurs fois dans saint Clément d'Alexandrie. Mais quoi? Elle est de David , lorsqu'il dit : Quàm admirabile ! quid est homo! quàm magna multiludo dulcedinis tuce , Domine! « Que votre nom est admirable! qu'est-ce que l'homme! que vos douceurs sont grandes et innombrables* ! » C'est le cantique de tous les saints dans y Apocalypse : « Qui ne vous craindra, Seigneur? Qui n'exaltera votre nom? car vous êtes le seul Saint^. » On se tait alors, parce qu'on ne sait comment exprimer sa tendresse, son respect, sa joie, ni enlin ce qu'on sent de Dieu : et c'est dans le ciel le silence d' environ une demi-heure^ : silence admirable, et qui ne peut durer longtemps dans celle vie turbulente et tumultueuse.
XIIc ÉLÉVATION.
Prédictions du saint vieillard. Jésus-Christ en butte aux contradictions.
Cet enfant que vous voyez , est pour la ruine el pour la résurrection de plusieurs dans Israël''. C'est ce qu'opère tout ce qui est haut, et ce qui est simple tout ensemble. On ne peut atteindre à sa hauteur; on dédaigne sa simplicité, ou bien on le veut atteindre par soi-même; et on ne peut, et on se trouble, el on se perd dans son orgueil. Mais les humbles cœurs entrent dans les profondeurs de Dieu sans s'émouvoir; el éloignés du monde et de ses pensées, ils trouvent la vie dans la hauteur des œuvres de Dieu.
Et il sera en butte au.x contradictions des hommes'^. Siméon est inspiré de parler à fond à Marie , qui plus que personne a ces oreilles intérieures où le Verbe se fait entendre. Ouvrons l'Evangile, et surtout celui de saint Jean, où le mystère de Jésus- Christ est découvert plus à fond : c'est le plus parfait commentaire de la parole de Siméon. Ecoulons murmurer le peuple : « les uns disaient : C'est un homme de bien : les autres disaient : Non, il trompe le peuple el abuse de sa crédulité. N'est-ce pas lui qu'iLs voulaient faire mourir? El il prêche el personne ne lui dit mot : les prêtres auraient-ils connu qu'il est le Christ? Mais on ne saura d'où viendra leChrisl, et celui-ci nous savons d'où il est venu". » El encore : . Que veut-il dire, qu'on ne peut aller où il va? Ira-t-il aux gentils dispersés, cl s'en rendra-l-il le docteur? Les uns disaient : C'est le Christ;
. /'«•.*">■ 2. 5; XXX. 10.-2. Apoc, xv. 4. - '.i. Idem, .1.-4. Luc, II. 34. — 5. Idem. — (i. Joan., vu. \4 , 25, 20,