Colon., II. 1. - 2. Luc
cette fêle. Il y élail avant que d'y être : il en faisait le fond , puisqu'il était le vrai agneau , qui devait être immolé et mangé en mémoire de notre passage à la vie future. Mais Jésus, toujours soumis à ses parents mortels durant son enfance, fit connaître un jour que sa soumission ne venait pas de l'inlirmité el de l'incapacité d'un âge ignorant, mais d'un ordre plus profond.
Il choisit , pour accomplir ce mystère , l'âge de douze ans, où l'on commence à èlre capable de raisonnement el de rcllexions plus solides, afin de ne point paraître vouloir forcer la nature , mais plutôt en suivre le cours el les progrès.
Ille ÉLÉVATION.
Le saint Enfant échajipe à saint Joseph et à la sainte Vierge.
Jésus a divers moyens de nous échapper. L'un est, quand il relire sa grâce dans le fond; ce qu'il ne fait jamais que par punition, el pour quelque péché précédent : l'autre, quand il relire non pas le fond de la grâce, mais quelques grâces singulières, ou qu'il en relire le sentiment, pour nous exercer et accroître en nous ses faveurs, par le soin que nous prendrons à le rechercher.
La soustraction de Jésus qui échappe à sa sainte mère et à saint Joseph, n'est pas une punition, mais un exercice. On ne lit point, qu'ils soient accusés de l'avoir perdu par négligence, ou par quelque faute, c'est donc une humiliation et un exercice.
Jésus s'échappe quand il lui plail; son esprit va et vient : et l'on ne sait ni d'où il vient ni où il va*. Il passe, quand il lui plaît, au milieu de ceux qui le cherchent'^ sans qu'ils l'aperçoivent. Apparemment il n'eut pas besoin de se servir de celle puissance pour échapper à Marie et à Joseph. Quoi qu'il en soit, le saint Enfant disparut; el les voilà premièrement dans l'inquiétude, el ensuite dans la douleur; parce qu'ils ne le trouvèrent pas parmi leurs parents et leurs amis avec lesquels ils le crurent^. Combien de fois, s'il est permis de conjecturer, combien de fois le saint vieillard se reprocha-t-il à lui-même le peu de soin qu'il avait eu du dépôt céleste? Qui ne s'affligerait avec lui, el avec la plus tendre mère, comme la meilleure épouse qui fût jamais?
Les charmes du saint Enfant étaient merveilleux ; il est à croire que tout le monde le voulait avoir; et ni Marie ni Joseph n'eurent peine à croire qu'il fût dans quelque troupe des voyageurs : car les gens de même contrée allant à Jérusalem dans les jours de fôte , faisaient des troupes pour aller de compagnie. Ainsi Jésus échappa facilement : et ses parents marchèrent un jour sans s'apercevoir de leur perle.
Retournez à Jérusalem : ce n'est point dans la parenté ni parmi les hommes qu'on doit retrouver Jésus-Christ, c'est dans la sainte cité; c'est dans le temple qu'on le trouvera occupé des alTaires de son Père. En eiïel, ajjrès trois jours de recherche laborieuse, quand il eût été assez pleuré, assez recherché, le saint enfant se laissa enfin trouver dans le temple'^.