‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 237 sur 851 · Joxn., XVI. 23. -- 2. J'ic, iv. '.i — '.i. Idem, i. 5, G · texte numérisé non relu

Joxn., XVI. 23. -- 2. J'ic, iv. '.i — '.i. Idem, i. 5, G

XLVe JOUR.

Abrégé de la morale chrétienne, et à quoi elle se termine. (.MaUh., vu. 12, 20.)

« Faites comme vous voulez qu'on vous fasse. » Rien de plus simple que ce principe : rien de plus étendu dans la pratique : toute la société humaine y est renfermée. La nature même nous enseigne cette règle. Mais Jésus-Christ l'élève, en ajoutant : « C'est ici la Loi et les Prophètes'. » C'en est le précis, et l'abrégé de toute justice. La racine en est dans ce précepte : « Vous aimerez votre prochain comme vous-même 2. »

Efforcez-vous^. Le salut ne doit pas être entrepris avec mollesse. La porte est étroite par la mortification, la pauvreté, et la pénitence. Le chemin est large dans la licence. Le grand nombre, le petit nombre : sujet infini de méditer, et inépuisable consolation pour les humbles.

« Un bon arbre porte de bons fruits : un mauvais arbre en porte de mauvais'' : » C'est ce qui fait discerner la bonne pénitence d'avec la mauvaise.

Etrange état d'une créature raisonnable , qui faute de porter de bons fruits, n'est plus propre que pour le feu.

« Vous connaîtrez les bons arbres par leurs fruits^, » et non par leurs feuilles; c'est-à-dire, par leurs œuvres, non par leurs paroles. Le figuier que Jésus-Christ maudit avait des feuilles : mais parce qu'il n'avait pas de fruits, Jésus-Christ le rendit sec. « Que jamais fruit ne naisse de toi^. » Par punition d'être infructueux, il le devient encore davantage. Si on ne produit des fruits dans le temps, et lorsque le maître en attend, il vient un temps qu'on n'en peut produire aucun.

Un sage confesseur doit demander à son pénitent du fruit et non des feuilles. Il ne faut pas se contenter de l'apparence d'un bon arbre dans ses feuilles, ni des fruits commencés dans la fieur. Il faut devrais fruits : autrement il a raison de douter que la pénitence soit sincère.

Page 1