‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 256 sur 851 · XXV> JOUR · texte numérisé non relu

XXV> JOUR

Consultation frauduleuse , et décision pleine de merveille et de reritê. Rende: à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. (Mallh., xxu. 13-22; Marc, xn. 13-17; Luc.,.\x. 20-20.)

Co.NsiDÉRONs avant toutes choses le caraclcre de ceux qui viennent consulter le Sauveur. Saint Luc les appelle des hommes artificieux, propres îi dresser des embûches : i.nsidiatores, selon le grec et selon le latin, et il ajoute : qui contrefaisaient les gens de bien'. Tout homme qui consulte, fait l'homme de bien; car il fait semblant de chercher la vérité : mais sous ce bel extérieur on cache souvent beaucoup d'arlilice : on tend des pièges aux autres, comme ici on en tendait au Sauveur : on en tend jusqu'à soi-même ; et il n'y a rien qui soit plus mêlé de fraude, que les consultations, parce que chacun veut qu'on lui réponde selon sa passion.

Cf^ux que saint Luc a désignés par ce caractère général étaient, selon saint Matthieu et selon saint Marc, les pharisiens, dont la malice et l'hypocrisie est bien connue, et les hérodiens. Ces derniers étaient des politiques, qui faisaient profession d'honorer la mémoire du grand Hérode , ce politique ralliné, qui, pour avoir rebâti le temple avec une magnificence presque semblable à celle de Salomon, et pour avoir rétabli en quelque manière le royaume de Judée fort faible et fort appauvri devant lui , avait paru si grand aux Juifs, dont il professait la religion, que quelques-uns voulurent le prendre pour le Messie. Les politiques et les hypocrites s'entendent fort bien ensemble : et les voilà qui conspirent pour surprendre le Sauveur.

Ils commencent par la flatterie : car c'est par là que l'on commence toujours, lorsqu'on veut tromper quelqu'un : v Maître , nous savons que vous êtes véritable , et que vous enseignez la voie de Dieu en toute sincérité , sans vous mettre en peine de qui que ce soit; car vous ne prenez pas garde à la personne des hommes*. » C'est ainsi qu'on pique d'honneur les hommes vains, pour les faire parler hardiment et sans mesure, cl leur faire des ennemis. La matière était délicate, puisqu'il s'agissait du gouvernement : et c'est l'endroit où l'on a toujours tendu le plus de pièges aux serviteurs de Dieu, qui, parce qu'ils sont simples et sans ambition, sont réputés par les gens du monde avoir moins d'égard pour les puissances. Mais Jésus- Christ leur fait bien voir que sans prétendre aux emplois publics, on sait connaître l'endroit par où il les faut respecter.

Kst-il permis de payer le tribut à César^? Le peuple Juif s'était nourri dans cette pensée qu'il ne pouvait pas être assujèti à des infidèles. Les Romains avaient occupé la Judée, et avaient même réuni à leur empire une grande partie du royaume qu'ils avaient donné autrefois à Hérode et à sa faniillc : Jérusalem était elle-même dans cette sujélion; cl il y avait un gouverneur qui commandait au nom de César, et faisait payer les tributs qu'on lui devait. Si Jésus eût décidé contre le tribut, ils le lirraienl auHsilôl, comme dit saint Luc", entre U$ main» du f)rmrerneur : cl s'il disait qu'il fallait payer, il.4 le décrieraient parmi lo peuple, comme

1. Lue., XX. tO.— 2. Mallh., xxir. 10. - 3. Mem , 7. — 4. Lu(., XX. ».

un flatteur des Gentils et de l'empire inlidèle. Mais il leur ferme la bouche : premièrement, en leur faisant voir qu'il connaissait leur malice : secondement, par une réponse qui ne laisse aucune réplique.

Hypocrites, pourquoi me tentez-vous*? Hypocrites : vous faites paraître un faux zèle pour la liberté du peuple de Dieu contre l'empire infldèle; et vous couvrez de ce beau prétexte le dessein de perdre un innocent : mais donnez-moi la pièce d'argent dont on paie le tribut^ : je ne veux que cela pour vous confondre.

De qui est cette image et cette inscription ? De César^. Vous voilà donc convaincus de la possession où était César de la puissance publique, et de votre propre acquiescement, et de celui de tout le peuple. Qu'avez-vous donc à répondre? Si vous reconnaissez César pour votre prince; si vous vous, servez de sa monnaie , et que son image intervienne dans tous vos contrats , en sorte qu'il soit constant que vous faites sous son autorité tout le commerce de la vie humaine; pouvez-vous vous exempter des charges publiques, et refuser à César la reconnaissance qu'on doit naturellement à la puissance légitime, pour la protection qu'on en reçoit? Résidez donc à César ce qui est à César '*. Reconnaissez son empreinte : payez-lui ce qui lui est dû : payez-le, dis-je, par cette monnaie à qui lui seul donne cours : ou renoncez au commerce, et en même temps au repos public, ou reconnaissez celui par qui vous en jouissez.

Et à Dieu, ce qui est à Dieu. Par cette parole , il fait deux choses : la première, c'est qu'il décide que se soumettre aux ordres publics , c'est se soumettre à l'ordre de Dieu qui établit les empires : la seconde, c'est qu'il renferme les ordres publics dans leurs bornes légitimes. A César ce qui est à César : car Dieu même l'ordonne ainsi pour le bien des choses humaines ; mais en même temps, à Dieu, ce qui est à Dieu : son culte, et l'obéissance à la loi qu'il vous a donnée. Car voilà ce qu'il se réserve; et il a laissé tout le reste à la dispensalion du gouvernement public.

Il épuise la difficulté par cette réponse; et nonseulement il répond au cas qu'ils lui proposaient, par un principe certain dont ils ne pouvaient disconvenir; mais encore il prévient l'objection secrète qu'on lui pouvait faire : Si vous ordonnez d'obéir sans bornes à un prince ennemi de la vérité, que deviendra la religion? Mais cette difficulté ne subsiste plus : puisqu'on rendant à César ce que Dieu a mis sous son ressort, en môme temps il réserve à Dieu ce que Dieu s'est réservé, c'est-à-dire, la religion et la conscience. Et ils s'en allèrent confus : et ils admirèrent sa réponse'^, où il réglait tout ensemble et les peuples et les Césars, sans que personne pût se plaindre.

XXXVIe JOUR.

Injuslice des Juifs envers Jisus-Chrisl. Jésus calomnié, opprimé par la puissance publique , en mainlienl l'aulorité. (Ibid.)

Un peu de réflexion sur l'injustice des hommes. Ils admirèrent Jésus, et sentirent bien qu'ils ne pouvaient l'accuser ni devant le gouverneur, ni de-

1. Malth., XXII. 18. — 2. Idem, 19. — 3. Ibid., 20,21. -- ■\.lbid.,'Z\. — 5. Ihid., 2'2.

LA DERNIÈRE SEMAINE DU SAUVEUR

vant le peuple*. Mais se convertissent-ils, et cessentils de le vouloir perdre? Au contraire, plus ils sont convaincus, et moins ils ont de raison à lui opposer, plus ils lui opposent de fureur.

En apparence ils font les zélés pour la liberté du peuple de Dieu, et contre l'empire infidèle; puisqu'ils osent même demander avis sur le tribut qu'on lui doit. Mais ceux-là mômes qui font paraître ce faux zèle, dans trois jours crieront à Pilate : ^< Si vous sauvez cet homme, vous n'êtes pas ami de César 2. » Bien plus; voici un des chefs de l'accusation : « Nous avons trouvé cet homme qui empêchait de payer le tribut à César''. » C'était précisément tout le contraire, comme on vient de voir par sa réponse. Qui peut empêcher la calomnie, si une réponse si nette ne l'a pu faire? Il ne reste qu'à la souffrir si Dieu la permet , et à savoir se contenter de son innocence.

Mais cavons encore plus avant dans le cœur humain, et apprenons à en bien connaître l'injustice. Ceux qui font ici les zélés contre l'empire infidèle , y vont avoir recours contre Jésus-Christ, et ils en useront de même contre ses disciples. S'agit-il de flatter le peuple? César ne peut rien. S'agit-il de faire mourir leurs ennemis? César peut tout. Les hommes ne trouvent juste que leurs passions : tout est bon pour les satisfaire ; et on veut même y faire servir la puissance publique , qui est établie pour les réprimer.

Au reste, jamais réponse ne vint plus à propos que celle de Jésus-Christ ; jamais instruction ne fut plus nécessaire au peuple Juif dans la conjoncture et la disposition où il était. Ce peuple s'entretenait dans un esprit de révolte qui éclata bientôt après , et en causa la ruine. Les pharisiens et les faux zélés fomentaient secrètement ces mauvaises dispositions. Mais Jésus-Christ toujours plein de vérité et de grâce, ne veut point partir de ce monde sans les avoir bien instruits sur ce qu'ils devaient au prince, [et sans prévenir la rébellion dans laquelle toute la nation devait périr.

Il savait aussi que ses fidèles devaient être persécutés par les Césars, dont même l'autorité et le nom devaient dans deux jours intervenir dans le supplice qu'on lui préparait. Jésus ne l'ignorait pas, puisque même il l'avait prédit; et qu'une des choses qu'il avait marquées en prédisant son supplice, c'est qu'il serait livré aux gentils. Le Fils de V homme , dit-il , sera lixré aux gentils pour en être outragé, flagellé, crucifié''. Il savait aussi qu'an ferait le même traitement à ses apôtres, et que les Juifs les livreraient aux gentils aussi bien que lui, les traînant devant les tribunaux et devant tous les princes^, en haine de son Evangile. Mais quoiqu'il sût toutes ces choses, il fait justice aux princes ses persécuteurs : il maintient leur autorité dont il devait être opprimé , lui et son Eglise : et il apprend en même temps à ses disciples, de demeurer comme lui sans aigreur, et en toute soumission envers les puissances, en se livrant, à son exemple comme dit saint Pierre s, à celui qui le jugeait iniquement.

Ne nous jjlaignons donc jamais du gouvernement ni de la justice, quand môme nous croirions en être opprimés injustement. Mais imitons le Sauveur; et

1. Luc, XX. 26. — 2. Jo'iii., XIX. 12. — 3. Luc, xxiir. 2. — 4. Mallh., XX. 18, 19. — 5. Idem, x. 17, 18. — G. /. Pet., ii. 23.

conservant à Dieu ce qui est à lui , c'est-à-dire, la pureté de nos consciences, rendons de bon cœur à tous les hommes, et même aux juges iniques, si le cas y échoit, et à nos plus grands ennemis ce qui leur est dû. C'est ce qu'il faudrait faire quand ils auraient tort : à plus forte raison quand ils ne l'ont pas , et que notre seule passion excite nos plaintes.

XXXVIJe JOUR.

Réflexions sur ces paroles : « De qui est cette image ? » Le chrétien est l'image de Dieu. Il doit vivre de la vie de Dieu. (.Matth., XXII. 20.)

De qui est cette image et cette inscription*? Quittons la monnaie publique et l'image de César : chrétien, tourne tes yeux sur toi-même. De qui estu l'image, et de qui portes-tu le nom? 0 Dieu! vous nous avez faits à votre image et ressemblance. Vous êtes en nous, ô Seigneur! comme dans votre temple : et votre saint nom a été invoqué sur nous^. 0 Père, Fils et Saint-Esprit t nous avons été baptisés en votre nom : votre empreinte est sur nous : votre image que vous aviez mise au dedans de nous en nous créant, y a été réparée par le baptême. Ame raisonnable, faite à l'image de Dieu, chrétien renouvelé par sa grâce , reconnais ton auteur ; et à l'image que tu portes, apprends à qui tu es.

Connaître Dieu, aimer Dieu, s'estimer heureux par là : c'est ce qui s'appelle dans saint Paul, la vie de Dieu ; dont les gentils étaient éloignés dans leur ignorance, et dans l'aveugleme^it de leur cœur^. Car c'est par là que nous entendons que Dieu même est heureux, parce qu'il se connaît et aime luimême : et lorsque nous l'imitons, en nous estimant heureux par sa connaissance et son amour, nous vivons de la vie de Dieu.

Que la connaissance de Dieu ne soit pas en nous une simple curiosité, ni une sèche méditation de ses perfections : qu'elle tende à établir en nous son saint amour : nous vivrons de la vie de Dieu , et nous rétablirons en nous son image.

Unissons-nous à la vie de Dieu, à la connaissance, et à l'amour qu'il a pour lui-même : lui seul se connaît et s'aime dignement. Unissons-nous autant que nous pouvons à l'incompréhensible connaissance qu'il a de lui-même; et consentons de tout notre cœur aux louanges dont il est digne, que lui seul connaît : nous vivrons de sa vie, et son image sera parfaite en nous.

Tout ce que nous connaissons de Dieu, transportons-le en nous. Nous connaissons sa miséricorde : ce n'est pas assez; imprimons ce trait en nousmêmes : Et soyons miséricordieux comme notre Père céleste est miséricordieux'' . Nous admirons sa perfection : ce n'est pas assez; imitons-la. Sogez parfaits, dit le Sauveur 5, comme votre Père céleste est parfait.

Pour se faire connaître à nous d'une manière sensible et proportionnée à notre nature. Dieu nous a envoyé son Fils, dont l'exemple est notre règle. Imilons-le donc : Apprenons de lui qu'il est doux et qu'il est humble^; rendons- nous semblables à lui, et nous serons .semblables à Dieu , et nous vivrons de sa vie , et son image sera rétablie en nous ; et nous parviendrons à la vie où nous lui serons tout

1. Matlh., XXII. 20. — 2. Jerem., xiv. 9. — 3. Eph.. iv. 18. — . 4. Luc, VI. 3(j. — 5. Matth., v. 18. —6. Marc, xi. 29.

MÉDITATIONS SUR L'ÉVANGILE

ù fait Ht mblaldes , parce que nous le verrons tel qu'il csl*.

Rendons-nous donc de vrais enfants de Dieu, on portant limage, et en faisant les œuvres de notre Père. Ne faisons donc point les œuvres du diable; de peur (lue nous n'entendions la dure sentence que Jésus-Christ prononça aux Juifs : « Vous êtes les enfants du diaMe, et vous voulez faire ses œuvres : il est malin, envieux, calomniateur, menteur et père du mensonge , cruel et homicide dès le commencement =. . Il inspire la sensualité, il enllammc la concupiscence, alin de faire servir l'esprit à la chair, et effacer en nous l'image de Dieu.

XXXVIIIe JOUR.

Sur ces paroles : « A Dieu ce qui est à Dieu. » (Matth., xxii. 20.)

A DiEi-ce qui esi à Dieu^. Si une image pouvait sentir, s'il lui venait un esprit de vie et d'inteHigence , elle ne cesserait de se rapporter elle-même à son original. Trait à trait, partie à partie, membre à membre, elle irait sans cesse se réunissant à lui. Si elle pouvait connaître qu'il lui manquât quelque trait, elle irait, pour ainsi parler, continuellement l'emprunter. S'il s'en effaçait quelqu'un, elle n'aurait point de repos jusqu'à ce qu'il fût rétabli; si elle y pouvait contribuer, ce serait là toute son étude et tout son travail. Nuit et jour elle ne serait occupée que du désir de lui ressembler : car c'est là son être. Elle n'aurait point d'autre gloire que celle de le faire connaître : elle ne pourrait souffrir qu'on terminât son amour en elle; mais elle ferait tout passer à son original : surtout si son original était en même temps son auteur, parce qu'elle lui devrait l'être en deux manières. Elle le devrait à sa main et à son art qui l'aurait formée. Elle le devrait à sa forme primitive el originale , dont toute sa ressemblance serait dérivée, et ne subsisterait que par ce double emprunt.

Si les portraits de nos peintres étaient animés, ils seraient étrangement partagés entre le peintre qui est leur auteur, et le roi ou quelqu'aulre objet qui est leur modèle , et qu'ils ont à représenter. Car à qui aller? Je suis tout à celui qui m'a fait, et il n'y a Irait que je ne lui doive. Je suis tout à celui que je représente , et il n'y a trait que je ne lui doive d'une autre manière. La pauvre image, pour ainsi dire, se mettrait en pièces, et ne saurait à qui se donner, étant attirée des deux côtés avec une égale force. Mais en nous les deux forces concourent ensemble. Celui qui nous a faits , nous a faits à sa ressemblance : il est notre original el notre principe. Quel effort nedevon.s-nousdonc pas faire pour nous réunir à lui?

Oui peut représenter Dieu , si ce n'est lui-même? Lui seul se connaît. C'est lui qui nous a faits, ce n'est pas un autre : il nous a faits à sa ressemblance; et nous lui devons doublement tout ce que nous sommes jusqu'au moindre trait. Nous ne pouvons donc ni nous reposer, ni nous glorilier en nousm''mes. A Dieu ce qui est à Dieu. C'est notre gloire, c'est notre enseigne , c'est notre vie. Notre étude et notre travail est de lui ressembler de plus en plus; de faire tout pour lui, et de lui rapporter .sans cesse tout ce que nous sommes.

Voyez le Fils de Dieu : il est la parfailc image du l'ère, son verbe, son intelligence, sa sagesse, le

I. l.Joan, m. 2. — i. Joan., \iii. U. — 3. .»/<*«/<., xxii. 21.

caractère de sa substance, et le rejaillissement de sa (jloire*. Mais que fail-il sur la terre? Rien, dit-il, que ce qu'il voit faire à son Père : rien de lui-même, rien pour lui-même ; « Il ne fait que ce que son Père lui découvre : et tout ce que le Père fait, nonseulement le Fils le fait aussi, mais encore il le fait scmblablement^, » avec la même dignité el la même pcrfeclion que lui : parce qu'il est le Fils unique. Dieu de Dieu, parfait du parfait. Tel est le devoir, ou plutôt telle est la nature de l'image. Nous qui ne sommes pas l'image et la ressemblance même; mais qui sommes faits à l'image et ressemblance, c'est-à-dire , qui ne sommes pas l'image engendrée du sein et de la substance du Père, mais un ouvrage tiré du néant où il a gravé son image, nous devons à notre manière imparfaite et faible imiter notre modèle qui est Jésus-Christ : et toujours attentifs à son exemple, faire ce que Dieu nous montrera, ne nous étudier à autre chpse qu'à y conformer nos désirs. A Dieu ce qui est à Dieu : c'est la vérité : venons à la pratique.

XXXIXe JOUR.

Terrible punition des corrupteurs de l'image de Dieu. (Ibid.)

Cette image , qui est notre âme, et toute créature raisonnable, repassera un jour par les mains et devant les yeux de Jésus-Christ. Il dira encore une fois en nous regardant : De qui est cette image et cette inscription^? Et notre fond lui répondra : De Dieu. C'est pour lui que nous étions faits : nous devions porter son empreinte. Le baptême la devait avoir réparée, et c'était là son effet et son caractère. Mais que sont devenus ces divins traits que nous devions porter? L'image de Dieu devait être dans ta raison, ô âme chrétienne I Toi, lu l'as noyée dans le vin. Toi, lu as trouvé celte ivresse indigne et grossière : mais tu t'es enivrée d'une autre sorte encore plus dangereuse et plus longue, lorsque tu l'es plongée dans l'amour des plaisirs. Toi, tu l'as Uvrée à l'ambition. Toi , tu l'as rendue captive de l'or, ce qui était une idolâtrie''. Toi, tu l'as sacrifiée à Ion ventre, dont tu as fait ton dieu^. Parlons avec confiance quand nous parlons avec l'Ecriture. Toi, tu lui as fait une idole de la vaine gloire; au lieu de louer el de bénir Dieu nuit el jour, nuit et jour elle s'est louée el admirée elle-même. En vérité, en vérité, dira le Sauveur, je ne vous connais pas^ : vous n'êtes pas mon ouvrage, et je ne vois plus en vous ce que j'y ai mis. Vous avez voulu vous faire vousmême à votre mode : vous êtes l'ouvrage du plaisir el de l'ambition : vous êtes l'ouvrage du diable dont vous avez fait les œuvres, que vous avez fait votre père en l'imitant. Allez avec celui qui vous connaît, et dont vous avez suivi les suggestions : Allez au feu éternel qui lui a été préparé'' . 0 juste Juge I où en serai-je? Me connaîlrai-je moi-môme, après que mon Créateur m'aura méconnu?

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