Matlh., XXV. 31. — 2. Luc, xxi. 27. —3. Matth.. xxv
— 4. Prov., XX. 8, 9. --5. Apoc, ii. 18, 23. - 6. I:i,h., v. 12.
— 7. Malth., xxv. 32, 33; xm. 49. — 8. Prov., iv. 18. — 9. Luc, XXIII. 30.
infâme : chacun portera sur le front le caractère de son péché. Ohl comment pourra-t-on soutenir la lumière d'un si grand jour, et comparaître devant le Fils de l'homme!
Qu'attendons-nous davantage? La séparation est faite. Hypocrite! qui cachais si bien ton iniquité, et qui te joignais à la troupe des gens de bien; te voilà tout d'un coup à la gauche : avec Gain, avec Nemrod, avec Antiochus, avec Judas, avec Caïphe, avec tous ceux qui ont crucifié Jésus-Christ, et massacré ses prophètes, ses apôtres, ses martyrs; avec tous les scélérats, tous les impies, tous les hérétiques, tous les infidèles, tous les idolâtres, tous les Juifs, tous les impudiques, tous les voleurs; avec ceux dont le seul nom fait horreur : pis que tout cela, avec les démons, qui ont inspiré et animé tous ces méchants. C'est avec eux qu'il faudra vivre; si c'est là une vie , que de ne vivre que pour son supplice ou pour sa honte. 0 néant! je t'invoque : c'est en toi que je mets mon espérance : ô néant! reprends-moi dans tes abîmes : pourquoi en suis-je sorti? par où y rentrerai-je? Il faut être pour périr toujours. Toi qui disais : "Tout meurt avec moi; mon âme s'en ira comme un souffle : la voilà toute vivante. Voilà même ton corps dissipé qui a repris sa forme et sa consistance : te voilà tout entier. Mais pourquoi? pour un opprobre éternel : pour voir toujours^ Et quoi? son crime, son infamie, son ordure, celle des autres, les méchants, leur infâme société , le peuple ennemi , les démons , une implacable justice contre une méchanceté incorrigible. 0 mes tristes yeux ! que verrez-vous donc alors? Ah ! que ne peut-on être aveugle, pour ne voir point ces horreurs! Mais on verra, mais on sentira tout le mal possible : tout le mal qui est dans le crime, tout le mal qui est dans la peine. Fuyons, fuyons le péché; puisque si on ne le fuit, on ne pourra fuir le supplice. Pénitence, pendant qu'il est temps : fiéchissons la face du juge : prévenons-la par la confession de nos péchés. Pleurons, pleurons devant celui qui nous a faits^ : pleurons, avant que de tomber dans ces pleurs irrémédiables et intarissables : pleurons avec saint Pierre, de peur d'aller pleurer éternellement et inutilement avec Judas et tous les méchants.
XGIIIe JOUR.
Venez bénis : Allez maudits. (Ibid.)
Alors le roi dira à ceux qui sont à la droite : Venez^ : aux autres : Allez : à ceux-ci : Venez; vous êtes déjà avec les justes : venez avec moi : tenez à mon trône, dans lequel vous serez assis avec moi'' ; car je l'ai promis.
0 paroles qu'on ne peut assez méditer! Venez, Allez. Taisons-nous : tais-toi, ma langue : tes expressions sont trop faibles. Mon âme, pèse ces mots qui comprennent tout le bonheur et le malheur; et toute l'idée de l'un et de l'autre : Venez, Allez : Venez à moi, où est tout le bien. Allez loin de moi, où est tout le mal.
Venez , les bénis , les bien-aimés de mon Père : autrefois maudits et haïs des hommes; mais dès lors bénis de mon Père , dont la bénédiction se déclare en ce jour : venez posséder le royaume qui voxk
1. Dan., xiL 2. — 2. Ps , xciv. 0. — 3. iV.i»// ., xxv. 31. 41. — — 4. Apor. , III. 21.
n. — T. II.
MÉDITATIONS SUR L'KVANGILE,
était prépare*. Venoz, petit troupeau : ne craignez plus rien, puisqu'il a plu à votre Père de vous donner son royaume'^. Venez, venez, venez : entrez dans la joie de votre Seigneur^ : jouissez de son royaume éternel. 0 venez, venez! Quelle parole! quelle joie! quelle douceur! quel transport !
Un royaume : quelle grandeur! Un royaume préparé de Dieu : et de Dieu comme Père : et préparé pour un Fils unique, éternellement bien-aimé; car c'est le même qui est aussi préparé pour les élus. Enfants de dilection et d'élection éternelle; vous avez assez soutTert, assez attendu; venez maintenant le posséder. On ne possède que ce qu'on a pour l'éternité : le reste échappe et se perd.
XCIVe JOUR.
J'ai eu'faim : j'ai eu soif. Sécessité de l'aumône : son mérite et sa récompense. (Ibid.)
J'ai eu faim, j'ai eu soif, j'ai été nu, j'ai été malade et en prison*. C'est par la même raison qui lui fait dire : Saul, Saut, pourquoi me persécutes-tu? et : Je suis Jésus que tu persécutes^ : c'est par la société , ou plutôt par l'unité qui est entre le chef et les membres; c'est parce qu'il est le cep, et que nous sommes les branches^. Mais il faut ici remarquer, que les pauvres sont de tous ses membres, ceux dans lesquels il est le plus.
Tous les Pères relèvent ici l'avantage et le mérite de l'aumône, que Jésus-Christ vante tant, et qu'il vante seul dans le siège de sa majesté, dans son dernier jugement; à qui seule il attribue la vie éternelle. Ils démontrent aussi par le même endroit la nécessité de l'aumône; puisque manquer de la faire est un crime, et le seul crime que le juste juge allègue pour la cause de la damnation. Et la raison en est évidente, en ce que :
Premièrement, si le précepte de la charité est l'abrégé de la Loi et des Prophètes, comme il dit lui-même; il était juste de renfermer dans la charité toutes les bonnes œuvTes , et dans la privation de la charité toutes les mauvaises.
Secondement, comme dit saint Jean : Celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment aimera-t-il Dieu qu'il ne toit pas'? Ainsi la même justice qui l'oblige à punir le monde pour le défaut de la charité , l'oblige aussi à marquer le défaut de la charité dans son eiïet le plus sensible, qui est la charité envers les frères.
Troisièmement, les deux préceptes de la charité, dans lesquels, comme on vient de dire, consistent la Loi et les Prophètes, sont renfermés manifestement dans ces paroles ; J'ai eu faim , j'ai eu soif, et : Toutes les fois que vous l'avez fait à un de mes frères, vous me l'avez fait à moi-m^me^ : puisqu'il nous montre par là que le motif d'exercer la charité envers le prochain, est la charité envers Dieu.
Quatrièmement, tous les péchés sont en quelque sorte renfermés dans le défaut de l'aumône; parce que dans l'aumône était renfermé le remède de tous les péchés , conformément à cette parole : Rachetez ro« ])(rhési par l'aumône^. Et encore : La charité cf/utre la multitude des péchés*". El encore : Faites l'aumône, et tout sera pur pour vous**. Ainsi tous
1. Muih.. XXXV. 3^». — 2. Luc., XII. .3Ï. — 3. MuUh., xxv. 21, 23. — ■*• /'«"i. xxv. ^r>,.iti. — r,. Act.. IX. 4, •",. 0. Joan., jv, 1,5,-7. I.Jo'in.,iy.W.— ii.M"it.,xxv. 35,40. .-'.). Dan., ty.t4 —10. /. Prt. ,iy. ». — II. />ttc., XI. 41.
les hommes étant pécheurs , et par là exclus en rigueur du royaume des cicux , ce qui les en exclut en dernier lieu, c'est de négliger le remède.
Cinquièmement, la vie éternelle nous étant donnée à litre de miséricorde et de grâce, la justice demandait que celle miséricorde nous fût accordée au prix de la miséricorde; conformément à cette parole : Bienheureux les miséricordieux, parce qu'ils obtiendront miséricorde*. El encore : Jugement sans miséricorde à celui qui ne fera pas miséricorde-.
Sixièmement , comme les miséricordes de Dieu éclatent au-dessus de toutes ses œuvres^, selon ce que dit David, ainsi en esl-il des miséricordes de l'homme; et les œuvres de miséricorde devaient principalement être célébrées au jugement dernier, comme les plus éclatâmes de toutes les autres , et comme celles qui nous rendent le plus semblables à Dieu , conformément à celle parole : Soyez miséricordieux , comme votre Père céleste est miséricordieux^. Ce qui répond à cette parole : Soyez parfaits, comme voire Père céleste estparfait^ : ainsi que la conférence des deux passages le fera paraître. Ainsi la perfection où nous devons tendre principalement, et par là nous rendre semblables, comme le doivent de vrais enfants, à notre Père céleste, est celle d'exercer la miséricorde.
Pour ces raisons, tout est renfermé dans les œuvres de miséricorde : et on en pourrait rapporter une inlinilé d'autres que chacun pourra suppléer.
Il reste donc à s'examiner sur l'obligation de l'aumône; et sans écouter les vaines excuses dont se flatte notre dureté, considérer sérieusement si nous pouvons apaiser véritablement notre conscience sur un point si décisif de notre éternité.
XGVe JOUR.
J'ai eu faim, j'ai eu soif, transportés en la personne de Jésus-Christ. (Ibid.)
Seigneur Jésus, ma vie et mon espérance, je me mets en votre sainte présence, pourvoir et considérer dans votre lumière, en foi, et en perpétuelle reconnaissance de vos bontés, comment vous avez transporté en vous nos misères et nos infirmités, jusqu'à pouvoir dire : J'ai eu faim , j'ai eu soif, j'ai été 7iu, prisonnier, malade, en la personne de tous ceux qui ont eu à souffrir des maux semblables.
Le fondement de ce transport, ô Jésus! c'est l'amour qui vous a porté à prendre notre nature, et à la prendre non point immortelle et saine , comme vous l'aviez faite dans son origine; car vous êtes le Verbe par qui tout a été fait^; vous êtes celui à qui le Père a dit : Faisons l'homme'' : et vous l'avez fait avec lui et avec votre Saint-Esprit, qui est avec le Père et avec vous un seul Dieu souverainement parfait. C'est donc vous qui avez fait la nature humaine; et quand vous l'avez prise, vous n'avez pris que votre propre ouvrage. Mais vous ne l'avez pas prise encore un coup, saine, parfaite, immortelle, et selon l'àmc et selon le corps, telle qu'elle était d'abord sortie de vos mains. Vous l'avez prise telle que le péché, et votre justice vengeresse l'avaient faite, mortelle, infirme, pauvre : parce que vous vouliez porter notre péché. Vous le vouliez porter
1. Matth., v.7. — 2.Jac.,ii. 13. ~3. Ps.,cxliv. 9. — 4. Lur., VI. 3fl. -.5. Mnllh., v. 48. — 6 Joan., i. 2. — 7. Qen., i 20,
LA DERNIÈRE SEMAINE DU SAUVEUR
sur la croix, viclime innocente : vous le vouliez porter durant tout le cours de votre \ie. Agneau qui ôtez les péchés du monde^ ; mais qui ne les ôtez qu'en les transportant premièrement sur vous. Mais vous êtes le Saint des saints, oint d'une huile excellente au-dessus de tous ceux qui prennent avec vous et en figure de votre personne , le nom de Christ- : car cette huile dont vous êtes oint et sanctifié, c'était la divinité, qui unie à votre sainte âme , et par elle à votre corps virginal , les sanctifiait d'une manière ineiïable : en sorte qu'étant le vrai Christ de Dieu, le juste par excellence, et le Saint des saints, comme vous ne pouviez pas transporter sur vous l'iniquité et la tache de noire péché , vous en avez seulement transporté sur vous la peine, le juste supplice, c'està-dire, la mortalité avec toutes ses suites. Par là donc vous êtes devenu sensible à nos maux; « Pontife compatissant 3, » qui les avez expérimentés : car, comme dit votre Apôtre, « il fallait que vous vous fissiez en tout semblable à vos frères, afin que vous devinssiez un pontife miséricordieux et fidèle, pour expier les péchés du monde'*. » Car qui doute que vous ne puissiez nous aider dans les choses que vous avez éprouvées, puisque vous ne les avez éprouvées, que parce qu'il vous a plu, et parce que vous vouliez en les souffrant, faire naître en vous la compassion secourable que vous avez pour ceux qui ont aussi à les souffrir^.
Soyez donc loué à jamais, ô grand Pontife! qui avez pitié de nos maux : non pas comme les heureux ont pitié des malheureux; mais comme les malheureux ont pitié les uns des autres , par le sentiment de leur commune misère : non que vous vous soyez jamais tenu pour malheureux parmi les maux que vous avez soufferts , vous qui n'avez souffert ni la douleur ni la mort, que parce que vous le vouliez; à qui aussi personne n'a ôté son âme, mais qui l'avez donnée de vous-même : mais parce qu'il vous a plu de vous mettre au rang de ceux que le monde appelle malheureux; qu'on vous a vu « comme un lépreux : comme un homme chargé de plaies , que Dieu a frappé et humilié, » en un mot, « comme un homme de douleurs, et qui savait par expérience ce que c'est que l'infirmité et la faiblesse^. » En sorte qu'ayant passé par toutes les misères de notre nature pécheresse, « et ayant tout éprouvé, excepté le péché, vous ressentez tous nos maux, et vous y compatissez^, » comme à des maux qui vous ont été communs avec nous. Et quoique vous n'ayez point été malade de ces maladies particulières, dont nous sommes si souvent exercés : vous avez porté la faim , la soif, la lassitude, la défaillance, qui sont les maladies communes de notre nature. Vous avez porté la frayeur, la crainte, l'ennui, la détresse, jusqu'à l'agonie; qui sont d'autres maladies des plus terribles. Vous avez porté des plaies, qui ont comme mis en pièces votre saint corps, et vous ont fait dire par la bouche de votre prophète, que vous n'aviez plus de figure humaine*, et que vous étiez un ver et non un homme^. Ce qui a fait dire encore à un autre de vos prophètes : « Nous nous sommes approchés de lui, nous l'avons regardé de près, et nous ne l'avons pas connu : il nous a paru le dernier des
1. Joan., I. 29. — 2. Ps., XLiv. 9. — 3. Heb., v. 1,2.— 4. Idem., II. 17. — 5. Ibid.. 18. — 6. Is., lui. 2, .3, i. -7. 7/ b., IV. 15. — 8. Is., Lin. a. — y. Ps., XXI. 7.
hommes, et un homme abîmé dans la douleur'. » Vous avez donc ressenti les plus grandes, les plus terribles et les plus douloureuses infirmités du genre humain malade : et si vous n'avez pas eu la fièvre , et les maladies de cette nature, qui pouvaient ne convenir pas à la perfection de votre tempérament , parce qu'elles viennent d'un dérèglement des humeurs, que peut-être vous n'avez pas voulu souffrir en vous; vous les avez toutes éprouvées dans la mortalité qui en est la source. C'est pourquoi par cette même sensibilité, qui vous a fait compatir à nos autres maux , vous avez aussi compati à nos maladies; et vous n'avez jamais guéri les malades, ou ressuscité les morts, ou considéré nos maux, que celte tendre compassion de votre cœur attendri ne vous ait ému. Ainsi vous pleurâtes avant que de ressusciter le Lazare. Ainsi vous multipliâtes les pains, touché de compassion du peuple épuisé de travail^. Dans une occasion semblable, vous dites encore : « J'ai pitié d'une si grande multitude d'hommes : et je neveux pas les renvoyer sans manger, de peur que les forces ne leur manquent». » Ces aveugles, qui connaissent combien vous êtes sensible à nos maux, vous disaient à cris redoublés : Aijez pitié de nous, Seigneur, Fils de David. Vous écoutâtes leur voix : touché de compassion vous mîtes votre main miséricordieuse sur leurs yeux privés de la lumière, et ils reçurent la vue^. Lorsque vous vîtes ce sourd et ce muet , vous commençâtes par gémir en levant les yeux au ciel 5. Vous pleurâtes sur les malheurs prochains de Jérusalem^. Ce sentiment de compassion vous suit toujours, quoiqu'il ne soit pas toujours exprimé. C'est ce cœur tendre et compatissant, ce cœur ému de pitié qui sollicitait votre bras tout-puissant en faveur de ceux dont vous voyez les souffrances. Ainsi celte compassion fut la source de vos miracles. Ce qui a fait dire à votre évangéliste, que lorsque vous « guérissiez tous les possédés, et tous ceux qui se trouvaient mal, cela se faisait pour accomplir cette prédiction du prophète : Il a pris nos infirmités, et il a porté nos maladies^. « Vous les portiez véritablement par la compassion, et vous soulagiez votre cœur en les guérissant.
0 mon Sauveur ! vous avez porté ces sentiments dans le ciel : et quoique vous n'y ayez pu porter ces larmes, ces gémissements, ces émotions de vos entrailles, ces souffrances intérieures, que vous ressentiez à la vue de tant de maux dont notre nature est accablée, vous y en avez porte le souvenir, qui vous rend tendre, miséricordieux, compatissant envers tous vos membres, et envers tous ceux qui souffrent sur la terre. Car vous êtes ce charitable Samaritain 8, qui avez pitié de tous les blessés, de quelque nation qu'ils soient, plus que les prêtres et les lévites de la loi. Je ressens donc, mon Sauveur, la vérité de cette parole : « J'ai eu faim; j'ai eu soif; j'ai été infirme, » dans tous ceux (jue tous ces maux ont affligés. Olez-nioi, ô mon Sauveur! ce cœur de pierre. Que je sois compatissant comme vous : que je puisse dire avec voire Apôtre : « Qui est infirme, sans que je le sois? Qui est troublé et scandalisé, sans qu'un feu intérieur me consume »? Que je me réjouisse, » selon son précepte, « avec
1. Ts., LUI. 2, 3. — 2. Matih., ix. 36. — 3. Idem, xv. 38. — 4. Ibid., x.\. 30, eC srq. — 5. Marc, ix. 24. —6. Luc, xix. 41. — 7. MaU.,\m. 16,17; Is., lui. 4. — 8. Luc. x. 33. —9. 11. Cor.. XI. 29.
MÉDITATIONS SUR L'ÉVANGILE
oeuï qui se réjouissenl, » ce qui est facile et agréable à la nature : mais » que je pleure » sincèrement t avec ceux qui pleurent'. » Que je puisse dire avec vous : « J'ai laiin , j'ai soif, je suis étranger, sans logement; je suis prisonnier, je suis malade » en ceux et avec tous ceux qui le soûl. Que ma compassion ne soit pas vaine , et qu'elle me porte au secours : que je les soulage efficacement comme cherchant moi-même à me soulager. Mais que je porte ma vue plus loin : que je médite sans cesse que vous avez transporté en vous leurs inlirmités; que vous soutirez en eux tous : enfin que vous avez dit, et que vous répéterez en voire dernier jugement : « Toutes les fois que vous avez donné ce secours à un de mes frères, » et encore « des plus petits, « alin que vous ne méprisiez aucune sorte de petitesse; « vous me l'avez donné à moi-même'. » A vous la gloire, à vous la louange, à vous l'action de grùces de tous ceux qui souffrent, c'est-à-dire, de tous les hommes, pour la bonté que vous avez eue de vous approprier et d'adopter leurs souffrances, et de les recommander à tous vos enfants, par un précepte qui est le seul dont vous parliez sur votre trône, à la face du ciel et de la terre, en présence des hommes et des anges. Amen, amen.