‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 284 sur 851 · Joan., X. 9. — :■!. Iilem, xv · texte numérisé non relu

Joan., X. 9. — :■!. Iilem, xv

aussi simplement, aussi fortement que ton Sauveur a parlé, avec autant de soumission, qu'il fait paraître d'autorité et de puissance. Encore un coup, il veut, dans la foi, la même simplicité qu'il a mise dans ses paroles. Ceci est mon corps; c'est donc son corps : Ceci est mon sang ; c'est donc son sang. Dans l'ancienne façon de communier, le prèire disait : Le corps de Jésus-Christ; et le fidèle répondait : Amen , il est ainsi : Le sang de Jésus-Christ ; et le fidèle répondait : Amen , il est ainsi. Tout était fait, tout était dit, tout était expliqué par ces trois mots. .Je me tais, je crois, j'adore : tout est fait, tout est dit.

XXIIJe JOUR.

Fruit de l'Eucharistie : vivre de la vie de Jésus-Christ. (Ibid.)

Mon âme, tu as établi le fondement; tu as cru en simplicité, par un simple acte. Epanche-toi maintenant, dans la méditation d'un si grand bienfait : développe-toi à loi-mème tout ce qu'il contient; tout ce que Jésus t'a donné par ce peu de mots. Vous êtes donc ma victime, ô mon Sauveur! mais si je ne faisais que vous voir sur votre autel et sur votre croix, je ne saurais pas assez que c'est à moi, que c'est pour moi que vous vous offrez. Mais aujourd'hui que je vous mange, je sais, je sens, pour ainsi parler, que c'est pour moi que vous vous êtes offert. Je suis participant de votre autel, de votre croix, du sang qui y purifie le ciel et la terre, de la victoire que vous y avez remportée sur notre ennemi, sur le démon , sur le monde ; victoire qui vous fait dire : Le monde vous affligera; mais prenez courage; j'ai vaincu le monde*.

Si vous vous êtes offert pour moi, donc vous m'aimiez : car pour qui donne-t-on sa vie, si ce n'est pour ses amis? Je vous mange en union avec votre sacrifice; par conséquent avec votre amour : je jouis de votre amour tout entier, de toute son immensité; je le ressens tel qu'il est : j'en suis pénétré. Vous venez vous-même me mettre ce feu dans les entrailles, afin que je vous aime d'un amour semblable au vôtre. Ah ! je vois maintenant , et je connais, que vous avez pris pour moi celte chair humaine; que vous en avez porté les infirmités pour moi; que c'est pour moi que vous l'avez offerte; qu'elle est à moi. Je n'ai qu'à la prendre, à la manger, à la posséder, à m'unir à elle. En vous incarnant dans le sein de la sainte Vierge, vous n'avez pris qu'une chair individuelle : maintenant vous prenez la chair de nous tous , la mienne en particulier : vous vous l'appropriez, elle est à vous : vous la rendrez comme la vôtre par le contact , par l'application de la vôtre; premièrement pure , sainte , sans lâche; secondement, immortelle, glorieuse : je rece^'rai le caractère de votre résurrection, pourvu que j'aie le courage de recevoir celui de votre mort. Venez, venez, chair de mon Sauveur; charbon ardent, purifiez mes lèvres, brùlez-moi de l'amour qui vous livre à la mort. Venez, sang que l'amour a fait répandre : coulez dans mon sein, torrent de flamme. 0 Sauveur! c'est donc ici votre corps, ce môme corps percé de plaies. Je m'unis à toutes; c'est par là que tout voire sang s'est écoulé pour moi. V^ous languissez, vous mourez, vous passez; c'est ici votre passage : je passe, j'expire avec vous.

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