Joon., XVI
MÉDITATIONS SUR L'ÉVANGILE
(Jue m'osl lt> monde'' rien du lout. Je suis crucifié au monde , et le monde à moi. 11 ne me plall pas, et je ne veux pas lui plaire. Il ne me goùle pas : tant mieux pour moi , pourvu que je ne le goùlo pas aussi. La rupture s'est l'aile de pari et d'autre : ce n'est pas comme quand l'un aime et l'aulre hait : je ne puis soutVrir le monde , qui de son côté ne me peut souiVrir : tel qu'est un mort à l'égard d'un mort, tel est le monde pour moi, et moi pour le monde. Heureuse rupture! Mais le monde dira ceci, dira cela : le monde dira que je veux encore lui plaire dans ma séparation : qu'importe qu'il dise ? Je suis attaché à la croix avec Jésus-Christ : je vis, non plus moi, mais Jésus-Christ en moi : et ce que j'ai de vie dans la chair, je l'ai en la foi du Fils de Dieu, qui m'a aimé, et s'est livré pour moi*.
Si je suis encore touché d'un amour humain, je vis encore : si je hais celui qui me hait, je vis encore : si je ressens les injures, je vis encore : si je suis touché du plaisir, je vis encore : si la douleur me pénétre, je vis encore. Adieu, adieu; je m'en vais; je ne suis plus de rien; je ne suis plus moi; c'e^tpour Jésus-Christ que je vis; c'est Jésus-Christ qui vit en moi. C'est ainsi qu'il faudrait être : c'est le fruit de l'Eucharistie : ah, que j'en suis loin! mais je n'y viendrai que par elle.