‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 288 sur 851 · I. Jonn., m. 18. —i.liUm, U · texte numérisé non relu

I. Jonn., m. 18. —i.liUm, U

manière; puisqu'il a revêtu son corps de l'espèce el de la forme du pain : il a voulu que son sang fût encore versé dans nos bouches, el couU\l en nous sous la forme et la figure du vin. Nous avons donc toute la substance de l'un el de l'autre, les figures anciennes s'accomplissent, notre foi est contente, notre amour a ce qu'il demande : il a Jésus-Christ tout entier, en sa propre el véritable substance; et l'Eglise le mange; l'Eglise le reçoit : comme épouse elle jouit de son corps; elle lui est unie corps à corps, pour lui être aussi unie cœur à cœur, esprit à esprit. Comment tout cela s'est-il pu faire ? Dieu a tant aimé le monde : l'amour peut tout; l'amour fait, pour ainsi dire, l'impossible pour se contenter, el pour contenter son cher objet. Dieu aussi a fait pour nous l'impossible; je dis pour nous; car pour lui, il n'y en a point, tout lui est possible. Mais ce qui était impossible à la nature à faire, et au sens humain à comprendre; il l'a fait : son Fils est devenu le Fils de l'homme; el il s'est approché de nous : la nature humaine , qu'il a mise en quelque façon entre lui el nous, n'a point empêché que ce ne soit lui-même en personne qui vînt à nous, même comme Dieu : au contraire, il y est venu par l'homme même, et la chair qu'il a prise a été notre lien avec lui. De même, quand le Fils de l'homme a été donné à la mon , il a été vrai que le Fils de Dieu mourait lui-même, dans la nature qu'il avait prise. S'il faut ensuite manger celte chair donnée pour nous en sacrifice; son amour en trouvera le moyen : Prenez, mangez , ceci est mon corps : ne vous informez pas de la manière : c'est la substance qu'il vous faut; car c'est à la substance qu'est unie la divinité el la vie. Sous la figure de ce pain , c'est mon propre corps : sous la figure de ce vin, c'est le même sang qui a été répandu pour vous. Mangez , buvez : tout est à vous : ne songez pas à ce que vos sens vous présentent; c'est à votre foi que je parle; c'est à elle que je dis : Ceci est mon corps. Souvenez-vous donc que c'est moi qui vous le dis. Nul autre que moi, nul autre qu'un Dieu, nul autre que le Fils de Dieu , par qui tout a élé fait, ne pourrait parler de celle sorte. Souvenez-vous que sous la figure de ce pain et de ce vin, c'est mon corps, c'est mon sang , que je vous donne : ce corps donné à la mort, ce sang répandu pour vos péchés.

El comment tout cela s'est-il fait? Dieu a tant aimé le monde. Il ne nous reste qu'à croire, et à dire avec le disciple bien-aimé : Nous avons cru à l'amour que Dieu a eu pour nous*. La belle profession de foi! le beau symbole I Que croyez-vous, chrétien? Je crois l'amour que Dieu a pour moi. Je crois qu'il m'a donné son Fils; je crois qu'il s'est fait homme; je crois qu'il s'est fait ma victime; je crois qu'il s'est fait ma nourriture, et qu'il m'a donné son corps à manger, son sang à boire , aussi substantiellement qu'il a pris et immolé l'un el l'autre. Mais comment le croyez-vous? C'est que je crois à son amour, qui peut pour moi l'impossible, qui le veut, qui le fait. Lui demander un autre comment, c'est ne pas croire à son amour el à sa puissance.

Si nous croyons à cet amour, imitons-le. Quand il s'agit de la gloire de Dieu cl de son service, notre zèle ne doit rien trouver d'impossible. Si vous pou-

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