‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 292 sur 851 · Joan.. VI. 6t. - 2. Id'tn · texte numérisé non relu

Joan.. VI. 6t. - 2. Id'tn

XXXIIe JOUR.

Sotre Seigneur nous donne à manger le même corps, qu'il a pris pour nous. (Joan., vi. 29, 33, 50, 55, 59.)

« L'oeuvre de Dieu est que vous croyez en celui qu'il a envoyé. Je suis le pain de vie : celui qui vient à moi n'aura jamais faim : el celui qui croit en moi n'aura jamais soif : qui croit en moi a la vie éternelle*. » Il est donc constant que c'est par la foi que nous devons profiter de celte céleste nourriture, pour en recevoir la vie éternelle : et il ne s'agit plus que de savoir ce qu'il nous enseigne aujourd'hui que nous devons croire pour cela. Or il nous enseigne clairement qu'il faut croire deux choses : la première , que le Fils de Dieu est descendu du ciel, el qu'il a pris une chair humaine, en laquelle il est venu à nous : la seconde, que pour avoir part à la vie qu'elle contient, il la faut manger.

La première de ces vérités est clairement enseignée dans ces paroles si souvent répétées : « Je suis descendu du ciel : ce n'est pas Moïse qui vous donne le vrai pain descendu du ciel, mais c'est mon Père qui vous donne le vrai pain descendu du ciel; car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel, et qui donne la vie au monde^; » et encore : « Je suis descendu du ciel pour faire la volonté de mon Père , et ressusciter tout ce qu'il m'a donné'; » et encore : « C'est ici le pain descendu du ciel; » et encore : « Je suis le pain descendu du ciel ; « et encore : « C'est ici le pain descendu du ciel*. »

Voilà donc le fondement de toute la doctrine du Sauveur très-clairement expliqué : qui est, qu'il est descendu du ciel, c'est-à-dire, qu'il s'est incarné, qu'il a pris chair.

Mais la seconde vérité, qu'il faut manger cette chair pour avoir part à la vie qu'elle contient, n'est pas moins expliquée ni moins inculquée dans tout le discours du Fils de Dieu, à commencer par ces paroles ; « Elle pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde; » ou, comme porte l'original : « Le pain que je donnerai, est ma chair que je donnerai pour la vie du monde^. » Ce qui ayant donné lieu aux Juifs de dire entre eux : « Comment est-ce qu'il nous peut donner sa chair à manger^? » le Fils de Dieu s'explique encore davantage, et insiste de plus en plus à dire : « Si vous ne mangez ma chair et ne buvez mon sang , vous n'aurez point la vie en vous : » (parce que la vie est pour vous dans celle chair que j'ai prise) el sans discontinuer : « Qui mange ma chair et boit mon sang, aura la vie élcrnelle^. » Il ne se lasse point de le répéter, puisqu'il ajoute aussitôt après : « Car ma chair est vraiment viande , et mon sang est vraiment breuvage : qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi et moi en lui : qui me mange, vivra pour moi : qui mange de ce pain aura la vie éternelle®. »

On voit comme Jésus-Christ enfonce , pour ainsi dire, toujours et de plus en plus dans la matière : il introduit le discours de la nourriture céleste à l'occasion du pain matériel, qu'il venait de leur donner : et il en vient jusqu'à dire qu'il faudra manger boire son sang : ce qu'il inculque aussi

Page 1