Malth., XXVI. 26. — 2. Joan.,x. U. —3. Idem, vi
lui visiblement', il ne songeait nia consacrer l'eau, ni à nous montrer l'esprit, desquels il a dit que nous renaîtrions. Mais si la manifestation de la Trinité dans son baptême, a préparé la déclaration qu'il en voulait mettre dans le nôtre , lorsqu'il a dit : Allez : baptisez au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit"^; et que son baptême et le nôtre aient entre eux un rapport si manifeste , et en aient en même temps un pareil avec ce qu'il a dit en saint Jean : Si cous ne renaissez d'eau et du Sai7it- Esprit'^ : on doit croire, qu"il a aussi préparé l'institution de l'Eucharistie; et que ce qu'il a dit en saint Jean, chapitre iv, est fait pour cela : et sans tout ce raisonnement la chose parle.
Le rapport des paroles qu'on lit dans saint Jean, et de celles de l'institution est visible'* : là Manger, et ici Manger ; là Boire , et ici Boire ; là la chair , et ici la chair; ou ce qui est la même chose, le corps ; là le sang , ici le sang ; là le manger et le boire, la chair et le sang séparément; et ici la même chose. Si cela ne fait pas voir précisément, que tout cela n'est qu'un seul et même mystère, une seule et même vérité, il n'y a plus d'analogie ni de convenance; il n'y a plus de rapport ni de suite dans notre foi, ni dans les paroles et actions du Sauveur. Mais, si le manger et le boire de saint Jean, est le manger et le boire de l'institution ; donc en saint Jean, c'est un manger et un boire par la bouche; puisque dans l'institution visiblement c'en est un de cette nature. Si la chair et le sang, dont il est parlé en saint Jean , n'est pas la chair et le sang en esprit et en figure, mais la chair véritable, et le sang véritable, en leur propre et naturelle substance , il en est de même dans l'institution : et l'on ne peut non plus interpréter : Ceci est mon corps : ceci est mon sang, d'un corps en figure, d'un sang en figure; que dans saint Jean : Si vous ne mangez ma chair, et si vous ne buvez mon sang, de la figure de l'un et de l'autre. Or qui pourrait seulement songer que Jésus-Christ ait voulu dire : « Si vous ne mangez ma chair en figure , et mon sang de même, il n'y a point de vie pour vous : et, ma chair en figure est vraiment viande; et mon sang en figure est vraiment breuvage; » et ainsi du reste ? cela serait insensé. Il ne l'est donc pas moins de dire, que. Ceci est mon corps : Ceci est mon sang, ne soit pas la vérité; mais la figure de l'un et de l'autre.
Vous dites, que souvent dans l'Ecriture, Manger, c'est croire; Boire , c'est croire; et que c'est là le manger et le boire , dont il est parlé dans saint Jean. Mais puisque manger et boire, à la fois c'est la même chose ; Jésus-Christ ne se serait pas arrêté jusqu'à quatre fois réitérées à distinguer le manger d'avec le boire, ni la viande d'avec le breuvage, s'il n'avait pas regardé à autre chose. Visiblement donc il a regardé aux paroles de l'institution où manger, c'est prendre par la bouche; où boire, c'est boire dans une coupe et en avaler la liqueur. Ainsi, quoi qu'il en soit des autres passages , où manger et boire, c'est croire; dans l'endroit que nous méditons, il n'est plus permis de dire que le manger et le boire soit un manger et un boire impropre et allégorique, ni autre chose qu'un manger et un boire véritable et proprement dit, un manger et un boire par la bouche du corps.
1. Joan., I. 31, 34: m. 5. — 2. Matlh., xxviii. 19. — 3. Joan., III. 5.-4. MalOi., XXVI. 26, iS\ Jonn., vi. 54, 55.
MÉDITATIONS SUR L'ÉVANGILE
Je le crois ainsi, mon Sauveur! si vous ne mangez ma chair : si tous ne buve: mon sang : c'està-dire , si vous n'obéissez à celle parole : Prenez, mangez : Ceci est mon corps ; Buvez ; Ceci est mon sang : et il n'y a daulre dillerence enlre ces paroles, sinon que par l'une vous promenez, dans l'autre vous donnez: dans l'une vous proparez, dans l'autre vous instituez: dans l'une vous vous étendez davantage sur le fruit, dans l'autre vous vous attachez plus précisément à exposer la chose même. Mais j)artout, c'est le même corps, le même sang, reçu de la même manière, el toujours pour la même tin, qui est de s'unir susbtance à substance, à la chair el au sang que vous avez pris. Encore un coup, voilà , mon Sauveur, ce que je crois. La foi me vivifie; il est certain : mais cette foi qui me vivifie , c'est de croire que vous avez pris une chair humaine, un sang humain ; el-que vous me les donnez aussi véritablement à manger et à boire , mémo par la bouche du corps, que vous les avez pris dans le sein de votre bienheureuse mère.
XXXIVe JOUR.
Manger et boire le corps de Solre Seigneur réellement; et acec foi. (Ibid.)
C'L-E Ihomme est insensé , de se servir de la foi pour en détruire l'objet! Il faut manger votre chair el boire votre sang : il faut croire qu'on la mange, el qu'on le boit; donc manger et boire, c'est croire : on ne mange point, on ne boit point autrement : el parce qu'il le faut faire avec foi, ce n'est que par la foi qu'on le fait. C'est de même que si l'on disait : Jésus-Christ est descendu du ciel, et il a pris chair humaine dans le sein d'une vierge : cette vierge a cru, el ce qu'elle a cru s'est accompli en elle , conformément à celle parole : Bienheureuse , qui avez cru : ce qui tous a été' dit s'accomplira en tous ' . Vous avez cru que vous concevriez le Fils de Dieu , el que vous en seriez la mère : vous l'avez conçu; vous l'enfanterez; et tout ce que vous avez cru, vous arrivera : vous l'avez conçu en quelque sorte dans voire esprit par la foi , avant que de le concevoir véritablement dans votre sein : donc celte conception n'est qu'une cunceplion par la foi , et vous n'avez pas véritablement conçu le Fils do Dieu dans vos entrailles; il n'y est pas vérilahlemenl descendu en chair el en os; et tout cela n'est que figure el allégorie. C'est ainsi que raisonnent ceux qui disent : Il faut manger la chair du Sauveur; il en faut boire le sang; il faut faire l'un et l'autre avec foi : donc la foi est tout ce manger et tout ce boire, el il n'y a rien davantage. C'est ainsi que les hommes disputent contre Dieu, et contre eu.x-mémes : contre Dieu, en ne croyant pas qu'il puisse faire pour l'amour de nous des choses incompréhensibles; contre eux-mêmes , en refusant leur croyance à ses bienfaits, à cause qu'ils sont trop grands.
•De même, quand le Sauveur a dit r Quelqu'un m'a ifjwhé : car ] ai senti sortir de moi une tertu^: el qu'il a gi vivement distingué cette femme qui le Ion ' ' vec f'/i, de toute la troupe qui le touchai! siii., ni en pressant son corps; il a voulu dire, que celle femme ne l'a pas louché véritablement selon le corps, el qu'elle ne l'a louché que parla