I. Jo<in.,m. II.— 2. J'Iem. vi. U. a. Ihi'L
gage certain que c'est pour nous que s'est faite cette iiiiniolalion, cl en imprimer dans nos cœurs un souvenir plus vif et plus efficace. Je le crois ainsi, mon Sauveur! ce souvenir, où les incrédules veulent tout réduire, est trop humain.
Un homme peut s'immoler pour sa patrie ; je dis même s'immoler au pied de la lettre , et les exemples n'en sont pas si rares que les livres sacrés et profanes n'en soient pleins : il n'est pas difficile aux hommes, qui s'immoleraient de celte sorte, de recommander le souvenir de celle mort, ni d'établir quelque fête, quelque signal pour en perpétuer la mémoire. Mais de laisser à perpétuité sa chair à manger et son sang à boire, alin qu'en se les appropriant de celle sorte on se souvienne plus tendrement qu'ils ont été immolés pour nous; il n'y a qu'un Dieu qui le puisse faire, et il y a là autant de puissance que d'amour. Il est vrai , celte parole est dure à nos sens; elle est insupportable, elle est absurde; mais votre parole est véritable : je croirai celle absurdité; je dévorerai cette dureté, si vous ne me l'ôlez en me l'expliquant. Car je sais que ce qui est folie selon les hommes, est sagesse selon Dieu*; et par la même raison, que ce qui est dur et absurde selon les hommes , selon Dieu est consolation et vérité.
Je le crois, mon Sauveur, je le crois; me voilà prêt à prendre au pied de la lettre tout ce que vous dites de plus dur, si vous-même vous ne m'apprenez à le prendre d'une autre manière. Mes sens seraient soulagés par une interprétation plus humaine; mais si je cherche à les soulager de cette sorte, où vais-je, mon Sauveur, où suis-je entraîné? dans quelle incrédulité? dans quel éloignement de vos mystères? Je veux croire, encore un coup, et non pas raisonner selon l'homme; et s'il faut rabattre quelque chose de la précise vérité de vos paroles, il faut que vous me l'appreniez vous-même.