‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 299 sur 851 · Vnd , VIII · texte numérisé non relu

Vnd , VIII

— 3. Ihid., XI. 27, 28. —

bienheureuse, selon la parole de sainte Elisabeth , ne l'était pas tant pour l'avoir conçu selon la chair, qu'à cause qu'ayant cru à la parole de l'ange, elle l'avait auparavant conçu selon l'esprit, comme parlent les saints Pères.

Rendons-nous donc heureux à son exemple. Le Fils de Dieu devait prendre en elle le corps et le sang, qu'il voulait non- seulement donner pour nous , mais encore nous donner; aussi véritablement qu'il les a pris de Marie , et aussi véritablement qu'il les a donnés pour nous à la croix, aussi véritablement devait-il nous les donner : et c'est autant la propre substance de sa chair et de son sang qui est en nous, quand il nous les donne à manger et à boire, que c'en était la propre substance qui a été en Marie, quand elle l'a conçu, et qui était à la croix, quand il y est mort. Croyons donc avec la Vierge ce qui s'accomplit en nous selon le corps : mais tâchons avec elle, de l'accomplir en même temps selon l'esprit. L'esprit nous vivifiera, comme il a vivifié la sainte Vierge : il ne lui eut servi de rien de le concevoir selon la chair, si elle ne l'eût conçu selon l'esprit : il ne nous servirait de rien de le recevoir comme elle en notre corps, si en même temps nous ne le recevions à son exemple dans noire esprit par la foi. C'est par une manière admirable , c'est par une opération particulière du Saint-Esprit, qu'il a été conçu dans le sein de Marie ; c'est par une manière admirable , et par une opération aussi étonnante du même Esprit, qu'il est tous les jours comme conçu et enfanté sur l'autel. Le Fils de Dieu n'a pas plus d'horreur de nos corps, qu'il en a eu du sein de Marie. Marie a cru que celui qu'elle concevait n'était pas seulement le Fils de l'homme , mais encore le Fils de Dieu : nous avons la même croyance de ce Dieu, qui se donne à nous. Sommes-nous grossiers et charnels en croyant toutes ces choses , comme l'a été la sainte Vierge?

Pourquoi vous quitter, mon Sauveur? Marie crut ; et ce qui lui avait été dit, fut accompli : nous croyons; et tout ce que vous nous avez dit, s'accomplit tous les jours : j\Iarie est appelée bienheureuse; nous serons aussi heureux , et il n'y a de malheureux que ceux qui vous quittent.

XLIIe JOUR.

Discernement des disciples fidèles et des incrédules. (Joan., VI. 14, 15, 24, 25, et seq.)

Mon Sauveur, je me tairai devant vous, pour considérer, en silence et avec tremblement, cette prodigieuse différence, qui se manifeste aujourd'hui entre vos disciples; les uns demeurant avec vous, pendant que les autres vous abandonnent. Et qui sont ceux qui vous abandonnent? Ceux qui avaient dit : Celui-ci est vraiment le Messie; ceux qui vous cherchaient pour vous enlever, et vous faire roi malgré vous'; ceux qui après votre retraite au delà de l'eau, la passent pour vous aller joindre à Capharnaiim^; de tels hommes ne semblent-ils pas être disposés à profiter de votre parole? Ce sont néanmoins ceux-là qui vous quittent, qui murmurent contre vous, qui ne peuvent supporter votre doctrine.

Combien y en a-l-ll qui paraissent croire au Sauveur, et qui au fond n'y croient pas, parce qu'ils

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