‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 302 sur 851 · XLIV'- JOUR · texte numérisé non relu

XLIV'- JOUR

Communion indi(jne.{\. Cor., ix. 27-29.)

Et ceux qui, sans quitter l'Eglise, conservant la vraie foi du corps et du sang de Jésus-Christ, les reçoivent indigneuieut , sont-ils tirés par le Père céleste? les a-t-iï donnés à Jésus-Christ? et viennentils à lui comme il faut? Non sans doute; puisque bien éloignés de recevoir la vie, saint Paul dit*, qu'j/*' boivent et vianyent leur condamnation, parce qu'Us ne discernent pas le corps du Seigneur.

Le saint Apôtre parle ici d'une manière terrible, puisqu'aprés avoir rappelé dans la mémoire des lidèles que Jésus-Christ avait dit que ce qu'il donnait à manger était son corps , le môme qui devait être percé et rompu à la croi.\; et que la coupe qu'il leur donnait à boire, était, par le sang versé qu'elle contenait, l'instrument de l'alliance et du testament que le Sauveur faisait à leur avantage; il en conclut que ceujc qui mangent ce pain : remarquez ce pain, c'est-à-dire, ce pain fait corps, ainsi qu'il vient de le raconter; et boitent la coupe du Seigneur indignement , sont coupables de son corps et de S07i sang-. Et qu'est-ce qu'en être coupable? si ce n'est non-seulement les profaner, mais encore leur faire un outrage de même nature que celui qui leur avait été fait par les Juifs, lorsqu'ils déchirèrent l'un, et répandirent l'autre. Et c'est i)Ourquoi ils boivent et mangent leur condamnation ; parce que sem- Ijlables à ces perfides, ils n'avaient mis aucune di/fe'rence entre le corps de Jésus-Christ et celui des voleurs qu'ils avaient crucifiés avec lui. Et remarquez que l'outrage que les Juifs avaient fait à Jésus- Christ , regardait précisément son corps. Car ce n'est qu'au corps qu'on peut nuire, en le livrant à la mort; conformément à cette parole : Ne craignez pas ceux qui ne peuvent que tuerie corps, et ne peuvent pas étendre plus loin leur puissance^ . Les Juifs donc outragèrent ce corps en lui-môme, et en sa propre substance, lorsqu'ils le mirent en croix; ils outragèrent ce sang en lui-môme et en sa propre substance, lorsqu'ils le firent couler sur la terre par un infâme supplice, comme si c'eût été le sang d'un coupable. Vous faites un semblable sacrilège, lorsque vous mangez et buvez indignement ce corps et ce sang; vous les profanez, vous les outragez en eux-mêmes; et cet outrage que vous faites au corps du Sauveur, est de ne le pas discerner, de n'en pas connaître la sainteté ni le prix. Il ne dit pas qu'ils ne le reçoivent point faute de foi , comme le disent nos hérétiques; mais qu'ils ne le discernent pas, en supposant qu'ils le reçoivent : comme on dirait d'une pierre précieuse, que vous jetteriez dans la boue comme une autre pierre, après l'avoir reçue , non pas fjue vous ne l'avez point reçue, mais que tous n'en avez pas fait le discernement et l'estime qu'il fallait.

Ce n'est pas non plus ce que disent encore ces hérétiques : Vous êtes coupable de ce corps et de ce .sang , comme on est coupable envers la personne

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