‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 303 sur 851 · Cor.. XI 20. 3.). — 9 /lem.n. —3. Luc, xii · texte numérisé non relu

Cor.. XI 20. 3.). — 9 /lem.n. —3. Luc, xii

du prince, lorsqu'on en déchire injuricuscment le tableau. Car il n'est point ici parlé de tableau ni de figure : l'Apôtre fait aller de même rang : Ceci est mon corps : Coupable du corps : et, 7ie pas discerner le corps. Il ne faut point diminuer le crime de ceux contre qui l'Apôtre s'élève, ni affaiblir l'horreur qu'on en doit avoir. Il est vrai qu'en traitant indignement l'image du prince, on l'attaque, on le déshonore lui-même; mais par une injure bien inférieure à celle qu'on lui ferait en attentant sur sa personne sacrée. L'attentat des chrétiens, qui mangent indignement le corps du Sauveur et boivent indignement son sang, est de ce dernier genre; c'est un attentat fait immédiatement sur la personne : en un mot, il y a deux choses à considérer dans le supplice de Jésus -Christ; le crime des Juifs, et l'obéissance du Sauveur. Ceux qui reçoivent dignement son corps et son sang, participent au mérite de son obéissance : ceux qui les reçoivent indignement, participent au sacrilège de ses meurtriers, et attentent comme eux immédiatement sur sa personne adorable.

Seigneur, tirez-nous à vous, inspirez-nous un juste discernement du corps que nous recevons : ne le traitons pas comme une chose immonde, en le recevant dans un corps impur et souillé. Les choses saintes sont pour les saints, comme on criait autrefois au peuple fidèle, lorsqu'on allait distribuer le corps de Jésus-Christ. Ne le touchons pas avec des mains sacrilèges ; ne le recevons pas avec une bouche impure; ne lui donnons pas un baiser de Judas, un baiser de traître : que ce soit un baiser d'épouse , un baiser rempli d'ardeur, et qui soit le gage d'un chaste et perpétuel amour. Qu'il me baise du baiser de sa bouche*; d'un baiser d'époux; que je lui donne aussi le baiser d'épouse; celui que lui donnent les vierges , les âmes chastes dont il est aimé. Tirez-nous , Seigneur, à ce chaste et doux baiser : tirez-nous , et nous courrons après voi parfums. Ceux qui sont droits vous aiment^. Ce sont ceux-là qui vous donnent ce saint baiser, ce baiser de paix et d'un amour éternel. Car personne ne vient à moi que mon Père ne le tire^ : personne ne vient à moi , qu'il ne lui soit donné par mon Père; nul ne communie dignement que par cet attrait.

XLVe JOUR.

Qui sont ceux qui communient indignement.

Lisez, I. Cor., chap. x, depuis le verset 16 jusqu'au 22. C'est encore une terrible sentence contre ceux qui communient indignement : Vous ne pouvez pas boire du calice du Seigneur, et du calice des démons : vous ne pouvez pas participer à la table du Seigneur, et à la table du démon''.

Boire la coupe des démons, ce n'est pas seulement boire dans la coupe dont on leur fait une effusion : c'est boire à longs traits les plaisirs du monde, par lesquels on se livre à eux. Participer à la table des démons, ce n'est pas seulement manger des viandes qui leur ont été immolées : c'est se livrer à l'avarice, qui est une idolâtrie; à la gourmandise, j)ar b'Kiuelle on fait un dieu de son ventre; à tous les autres vices , par lesquels on livre aux démons ce qui était dû à Dieu.

I. Cant., I. 1. — 2. Idem, '.i. — :i. .fo'ni., vi . 41, OG. — 4. f. Cor., X. 20, SJl.

LA CÈNE

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