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LA GENE. — PREMIERE PARTIE
veur. Seigneur, donnez à voire Eglise de ces prudents dispensateurs , qui sachent faire l'application de l'Eucharistie. Seigneur, donnez à vos fidèles cette humhle docilité, et la soumission aux conseils avec lesquels ils se doivent éprouver eux-mêmes.
XLIXe JOUR.
Sommaire de la doctrine de l'Eucharistie.
Nous devons maintenant entendre, ce que c'est que ce sacrement; en quoi il consiste; quel en est le fruit; ce qu'on doit appeler le sacrement et le signe; ce qu'on en doit appeler le fruit et la chose.
Ceux qui ne veulent pas croire, que ce qui nous est présent est vraiment le corps et le sang de Jésus- Christ, disent que le pain et le vin sont le sacrement et le signe; et que la chose c'est la réception de la chair et du sang de Jésus-Christ : puisque c'est là, disent-ils, ce qui est toujours accompagné de la vie, conformément à cette parole : Qui mange ma chair et boit mon sang, a la lie éternelle : et qui me mange, vit pour moi*. Aveugles, qui ne veulent pas entendre qu'il y en a qui prennent ce corps sans le discerner; qu'il y en a qui le reçoivent en le profanant, et qui s'en rendent coupables; et que c'est ce qui doit être reçu avec épreuve, pour ne le pas recevoir indignement. Mais parce que les hommes peuvent recevoir mal un si grand don, en est-il moins ce qu'il est?
La parole de Dieu est par elle-même une lumière qui éclaire l'homme, qui le purifie, qui le nourrit; en laquelle il a le salut et la vie : cela empèche-t-il qu'il y en ait qu'elle étourdit, qu'elle aveugle; qu'elle ne soit odeur de vie pour les uns , et odeur de mort pour les autres, et une lettre qui tue^. Ce que les hommes la font devenir par leur mauvaise disposition, n'empêche pas ce qu'elle est par ellemême; ni ne lui ôte la force qu'elle tire de la bouche de Dieu d'où elle sort. Ainsi le corps de Jésus, ainsi le sang de Jésus, n'en sont pas moins en eux-mêmes esprit et vie, encore qu'ils ne le soient pas à ceux qui les reçoivent mal. Ceux qui croiront et seront baptisés, seront sauvés^. Qui en doute, s'ils croient comme il faut; s'ils persévèrent à croire; s'ils ne mettent point d'obstacle à la grâce du baptême; s'ils sont soigneux d'en conserver la vertu? Ainsi, qui mange la chair, qui boit le sang, a la vie : oui, qui la mange et qui le boit dignement, et comme il faut. La chair mangée dans l'Eucharistie, est au chrétien un gage de l'amour de Jésus-Christ, un témoignage certain que c'est pour lui qu'il s'est incarné, et pour lui qu'il s'est oltert. Voilà le gage, voilà le signe, voilà le témoignage : mais il faut entendre ce gage; il faut être touché de ce signe; il faut croire à ce témoignage : autrement, qu'aurcz-vous pris? Un gage, un signe, un témoignage de l'amour immense de votre Sauveur; mais sans en être touché, sans y prendre part : et ce précieux gage de son amour sera en témoignage contre vous : et vous serez de ceux dont il est écrit : Il est venu chez soi, et les sieiis ne l'ont pas reçu\ Qu'est-ce que venir chez soi , si ce n'est venir à ceux qui sont à lui ; il y vient donc, et il a été au milieu d'eux : mais ils ne l'ont pas reçu , parce qu'ils ne l'ont pas connu , ils ne l'ont
1. Joan., VI. 55, 58. - 2. //. Cor XVI. 16. — 4. Joiin., i. 11.