‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 314 sur 851 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

saint Marc , saint Luc et saint Paul le rapportent dans ces mêmes termes.

Il n'y a non plus lieu de douter que Jésus-Christ n'ait consacré son sang avec la même façon de parler, dont il a consacré son corps, c'est-à-dire, comme le rapportent saint Matthieu et saint Marc : Ceci est mon sang du Nouveau Testament*. jMais comme il y avait quelque chose de particulier à considérer dans ce Sçing du Nouveau Testament, et qu'il y fallait entendre que ce sang verse pour nous sur la croix, et encore versé pour nous, et transformé en une liqueur dans l'Eucharislie, y était la confirmation et le témoignage certain de la dernière disposition de notre Père : saint Luc et saint Paul l'expliquent ainsi : Cette coupe est le Nouveau Testament en mon sang : comme si on disait : De même que ce papier où est écrite de la main de votre père sa dernière volonté , est son testament, ainsi cette coupe sacrée est le testament de Jésus- Christ par son sang qu'elle renferme, et dont la dernière disposition devait être écrite.

Il n'y a donc rien de plus simple, que les paroles dont Jésus-Christ a usé : Ceci est mon corps : Ceci est mon sang du Nouveau Testament : il n'y a là aucune figure; et tout y est vérilahle au pied de la lettre. Dans ces paroles de saint Luc et de saint Paul, ou plutôt dans ces paroles de Jésus-Christ, ainsi que ces deux écrivains sacrés les ont tournées : Cette coupe est le Nouveau Testament par mon sang, il y a une façon de parler un peu plus tournée , aisée toutefois et du discours familier, etserablahle à celle qui appelle du nom de testament, l'instrument où est déclarée la dernière volonté du testateur. Mais en même temps la vérité du sang est marquée avec une force particulière : car il y est expressément marqué, que si la coupe qu'on nous présente est le testament de Jésus-Christ ; si elle est l'instrument sacré où sa dernière disposition est marquée, c'est par le sang de Jésus-Christ qu'elle contient; à cause que ce testament, comme on vient de voir, était de nature à être écrit, non pas de la propre main, mais du propre sang du testateur. Et les paroles de saint Luc marquent ce sens évidemment. Car à les traduire mot à mot , selon qu'elles se trouvent dans l'original , il faut rapporter ces mots, répandu pour vous, non pas au sang, mais à la coupe; et on les doit traduire ainsi ; cette coupe versée pour vous, est le Nouveau Testament par mon sang : ce n'est pas seulement le sang qui est versé pour vous; c'est la coupe, au mémo sens qu'on dit tous les jours, quand une liqueur est répandue, que le vase où elle était est répandu. Entendons donc aussi que cette coupe est ici répandue pour nous; c'està-dire, que le sang qu'elle contient n'est pas seulement répandu pour nous à la croix; mais qu'en tant qu'il coule encore dans celte coupe, et qu'il en découle sur nous , c'est encore une effusion qui se fait pour notre salut, et une oblation véritable.

Rendons grâces à Jésus-Christ, qui nous a expliqué en tant de sortes et d'une manière si expresse, le sacrifice qu'il continue à offrir pour nous dans l'Eucharistie. V^ oyons-y encore couler pour nous le sang de la rédemption en vérité comme sur la croix, quoique sous une forme étrangère. Il est puissant pour opérer tout ce qu'il a dit : son sang est ici;

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