‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 319 sur 851 · Kzix., XVIII. 'M; I. Tim · texte numérisé non relu

Kzix., XVIII. 'M; I. Tim

LA CÈNE. — PREMIERE PARTIE

que Simon fut mis à la têle du collège apostolique, qu'il fut appelé Pierre, et que Jésus-Christ le fit le fondement de son Eglise par la foi qu'il y devait annoncer au nom de tous : dès ce moment se fit l'établissement, ou, si l'on veut, la désignation d'une primauté dans l'Eglise en la personne de saint Pierre. En disant à ses apôtres : Je suis aiec tous jusqu'à la fin des siècles* : il montra que la forme qu'il avait établie parmi eux, passerait à la postérité. Une éternelle succession fut destinée à saint Pierre, comme il en fut aussi destiné une de semblable durée, aux autres apôtres. Il y devait toujours avoir un Pierre dans l'Eglise , pour confirmer ses frères dans la foi : c'était le moyen le plus propre pour établir l'unité de sentiments, que le Sauveur désirait plus que toutes choses ; et cette autorité était d'autant plus nécessaire aux successeurs des apôtres , que leur foi était moins affermie que celle de leurs auteurs.

En même temps que Jésus-Christ institua cet ofiice dans son Eglise, il lui fallut choisir un siège fixe pour son exercice. Quel siège lui choisites-vous, ô Seigneur? Et qui pourrait assez admirer votre profonde sagesse? Ce ne pouvait être Jérusalem, parce que le temps était venu , où faute d'avoir connu le temps de sa visite, elle allait être livrée aux gentils. L'heure des gentils était venue : c'était le temps où ils se devaient ressouvenir du Seigneur leur Dieu, et entrer en foule dans son temple, c'està-dire, dans son Eglise. Que fites-vous donc, ô Seigneur? et quel lieu choisites-vous pour y établir la chaire de saint Pierre? Rome la maîtresse du monde, la reine des nations, et en même temps la mère de l'idolâtrie, la persécutrice des saints; c'est elle que vous choisîtes pour y placer ce siège d'unité, d'où la foi devait être prêchée comme d'un lieu plus émincnt à toute la terre.

Que vos conseils, ô Seigneur! sont admirables, et que vos voies sont profondes! Votre Eglise devait être principalement établie parmi les gentils; et vous choisîtes aussi la ville de Rome, le chef de la gentilité, pour y établir le siège principal de la religion chrétienne. Il y a encore ici un autre secret que vos saints nous ont manifesté. Dans le dessein que vous aviez de former votre Eglise, en la tirant des gentils, vous aviez préparé de loin l'empire romain pour la recevoir. Un si vaste empire, qui unissait tant de nations, était destiné à faciliter la prédication de votre Evangile et lui donner un cours plus libre.

Il vous appartient, ô Seigneur! de préparer de loin les choses, et de disposer pour les accomplir des moyens aussi doux, qu'il y a de force dans la conduite qui vous fait venir à vos fins. A la vôrilô , l'Evangile devait encore aller plus loin que les conquêtes romaines : et il devait être porté aux nations les plus barbares. Mais enfin l'empire romain devait être son siège principal. 0 merveille! Les Scipions, les Lucullus, les Pompées, les Césars, en étendant l'empire de Rome par leurs conquêtes, préparaient la place au règne de Jèsus-Ghrisl ; et selon cet admirable conseil, Rome devait être le chef de l'empire spirituel de Jésus-Christ, comme elle l'était de l'empire temporel des Césars.

Rome fut sous ses Césars, plus victorieuse et plus

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