‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 329 sur 851 · M K D IT AT U) N S SUR L'È V\ N G 1 L E · texte numérisé non relu

M K D IT AT U) N S SUR L'È V\ N G 1 L E

peuple; mais le vrai souverain Pontife n'avait p;is besoin doIVrir pour lui'; el en qualité de Fils unique il entrait dans le ciel par son jn'opre droit naturel. El c'est pourquoi notVranl que pour nos péchés, c'est ù nous qu'il ouvre l'entrée : Je m'en lais vous jire'parer la place'-.

Son sacerdoce s'exerce principalement dans le ciel: car s'il n'eût e'ie' sacrificateur que pour la terre, il ne l'aurait point été du tout'^ ; puisqu'il y avait pour la terre un autre sacerdoce et d'autres victimes. Mais celui-ci, dont le sang est, non-seulement innocent et pur, mais encore inliniment précieux, commence à la vérité l'exercice de son sacerdoce sur la terre, où il fallait qu'il mourût pour les pécheurs; mais il le consoinme dans le ciel, où il parait pour nous devant la face de Dieu^. où assis à la droite de la majesté de Dieu, il opère ci'ntinuellenienl la rémission des péchés^, en intercédant pour nous'^, et nous ouvrant la porte du ciel par le sang du Nouveau Testament répandu pour la rémission de nos péchés' .

Ne soyons donc point troublés, ne craignons rien. Que peut faire le monde contre nous, que de nous chasser de notre pays , de notre maison , de toute la terre et de la vie'? Mais quand nous perdrons tout cela , il y a plusieurs demeures dans le ciel : nous y avons notre place et une retraite assurée, où le monde et la puissance des ténèbres ne peuvent plus rien. Croyons donc en Dieu , qui nous y reçoit : mais croyons aussi en Jésus-Christ, qui nous'y va préparer la place; adorons le sang de l'alliance par lequel il y est entré; adorons ses plaies, par lesquelles il intercède pour nous, et nous ouvre l'entrée du cieF. Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi*: car je suis Dieu, mais un Dieu-Homme, un Dieu qui a été voire victime, un Dieu qui ai offert pour vous ce que j'ai pris de vous-mêmes : Croyez en Dieu, croyez en moi : après cela ne vous troublez pas, ne craignez rien^. Si vous aviez quelque chose à craindre, et capable de vous troubler, ce seraient vos péchés qui crient contre vous, et ne vous permeltcnl pas le repos de la conscience, mais ils sont purgés : Jésus-Christ a levé l'interdit, el il vous lend les bras du haut du ciel pour vous y recevoir. Quittez donc comme lui la chair el le .sang; sacrifiez vos passions el vos désirs sensuels : c'est le sang qu'il vous faut répandre pour vous conformer à Jésus-Chrisl : ne craignez rien, ne vous troublez pas, encore un coup. Nous avons un sourerain Pontife qui a pénétré les deux : présentons-nous donc avec une entière confiance devant le trône de la grâce , pour en être secourus dans nos besoins : détenons inébranlables dans la confession '" de son saint nom. ^^ais ne soyons pas de ceux ryui le confessent de bouche, et le renoncent par leurs feutres " : si nous le renonçons, il nous renoncera; et si nous lui sommes infidHes , la faute en sera en nous : car jkjut lui il est ferme dans ses paroles, et il ne se peut renoncer lui-même*^. Ne craignez donc rien , ne vous laissez troubler de rien : croyez en Dieu, croyez en Jésus-Chrisl, par qui vous avez accès auprh de Dieu •'.

1. Uv., xjt. 6,11; Heb.. vu. 27.— 2. Joan., xrv, 2. — 3. Heb.,

TUI. 4. -1 frUm, IX. 2». -5. Ihid., I. 3. — 6. /<-/</., vu. 25. -

7;v .{"V^' • '**■'■ ^- — *<• Joan.. xiv. 1. — 9. l'iem , 28. —

10. Hebr ,v. H, lô. 11. TH., t. 18. - 12. //. Tim.. i. 12. 13.

— 13. Bphf$.,ii. 18

LXXIXe JOUR.

Jésus-Chrisl est notre assurance et notre l'epos. (Joan., XIV. 3, 4, 5, 6.)

Après que je m'en serai allé, et que je vous aurai préparé la place, je reviendrai pour vous prendre, et vous emmener avec moi , afin que vous soyez où je suis*.

Voici le dernier degré d'assurance el du repos que Jésus-Chrisl pouvait donnera ses fidèles. Quand il reviendra au dernier jour; que tous les hommes sécheront de frayeur dans l'attente de ce qui devra arriver à tout l'univers : Alors, dit-il, levez la tête, parce que votre rédemption approche -. Je ne viens point vous juger; je viens vous quérir, et vous emmener avec moi. Le jugement n'est que pour le monde, et pour ceux qui aiment le monde : Celui qui croit en moi, de celte foi vive el véritable qui fructifie en bonnes œuvres , n'est pas jugé : il ne vient point en jugement , parce qu'il est déjà passé de la mort à la vie ^.

Sans attendre ce dernier jour, Jésus-Christ nous visite lous les jours, lorsqu'il nous appelle à son repos éternel; il nous visite par les maladies; il est ce grand Père de famille qui frappe à la porte : alors il vient nous quérir, afin que là où il est, nous y soyons avec lui.

C'est là donc la grande parole : c'est la parole de consolation et de tendresse , où Jésus-Christ nous fait voir qu'il ne veut pas être sans nous, qu'il ne veut pas que nous soyons longtemps sans lui. C'est donc alors que, bien loin d'être effrayés, nous devons nous mettre en état de lever la tête, parce que le moment arrive, où nous allons être où est Jésus- Christ, dans son royaume, dans son trône. C'est là ce qui fait dire à saint Pnul que ce corps mortel lui est à charge, qu'il désire d'en être dégagé, pour être avec Jésus-Christ^, qu'il désire d'être défait de cette demeure terrestre , et de quitter ce séjour, où il est éloigné du Seigneur^, pour aller habiter où il est.

Si nous aimons Jésus-Christ, rien ne nous doit être plus cher que celte parole : Je m'en vais, el je reviendrai vous quérir, afin que vous soyez où je suis. Et loin de Jésus-Christ, c'est être dans la peine, dans la mort, dans la tentation, dans le péché. Etre avec Jésus-Chrisl, c'est être dans la gloire, dans la paix, dans la justice parfaite. Voilà ce qu'il nous promet : voilà où il appelle les apôtres, en leur disant le dernier adieu. Cet adieu n'est donc que pour un peu de temps; Jésus-Christ leur promet (le revenir pour les emmener avec lui : c'est la dernière marque de son amour, et le plus puissant rnolif pour les rassurer.

Et alin de leur ôler toute incertitude, il ajoute : Vous savez où je vais, et vous en savez la voie^. C'est en quoi est la différence entre eux el les Juifs. Car les Juifs ne savaient ni où il allait, ni par où il y fallait aller; leur infidélité, leur aveuglement les empêchaient de le suivre : mais il dit au contraire à ses apôtres : Vous savez où je' vais, et vous savez le chemin par où il faut y aller. Et ce chemin c'est moi-même : Je suis la voie, lu vérité et la vie''.

1. .Jonn., XIV. 3. — 2. Luc, xxi. 2(3, 28. — 3. Joan., m. 18. V. ai; Cotoss., t. 10. — i. Philip., i. 22,23. — 5. //. Cor., v; 1 , 4, 0, 8. — G. Joan. , XIV. 4. — 7. Idem , 0.

LA CENE

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