I. La seconde bêle fait de faux miracles, comme
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SUR L'EXPLICATION DE L'APOCALYPSE
de faire descendre le feu du ciel : or le pape ne se vante en aucune sorte de faire des miracles , et encore moins de faire descendre le feu du ciel; ce n'est donc pas la seconde bête.
II. Dire que le feu du ciel, c'est l'excommunication qui est proposée comme un foudre , c'est entendre par un des prestiges de la bête une puissance instituée par Jésus-Christ, qui est celle d'excommunier; puissance qui ne peut manquer d'être foudroyante, puisqu'elle retranche du corps de l'Eglise, et qu'elle livre à Satan ceux qui en sont frappés. Dire ici que cette puissance est usurpée par le pape , c'est supposer ce qui est en question, et donner pour marque certaine ce dont on dispute*; et en tout cas, ce serait l'abus, et non pas la chose qu'il faudrait faire marquer au prophète.
III. De compter parmi les faux miracles du pape, ce que tous les Pères et toute l'Histoire Ecclésiastique nous racontent des miracles des saints, c'est une sorte de profanation; et en tous cas , ces miracles ne sont non plus ceux du pape que ceux de tous les chrétiens Grecs, Arméniens, Egyptiens, Méridionaux et Orientaux, qui ne célèbrent pas moins que les Latins.
IV. Si l'on en croit les protestants^, le pape est le méchant de saint Paul, qui s'élève au-dessus de tout ce qu'on nomme Dieu, et pour tout Dieu ne fait adorer que lui-même : or est-il que la seconde bête, qui est appelée l'autre bête par saint Jean, ne se fait point adorer elle-même, mais fait adorer la première bète : par conséquent la seconde bête n'est pas le pape.
V. La seconde bète , qui est le pape , doit faire adorer la première bète, c'est-à-dire, la bète à sept têtes, et Rome à sept gouvernements; mais le pape ne fait adorer ni les rois de Rome, ni ses consuls , ni ses dictateurs, ni ses empereurs, ni les autres, c'est-à-dire, que de sept têtes il y en a déjà six qu'il ne fait point adorer : il ne faut donc pas faire dire si absolument à saint Jean, que l'autre bête fasse adorer la première bête.
VI. Si l'on dit qu'il reste encore la septième tête qui est le pape, que l'autre bète, qui est encore le pape, fait adorer; il ne fallait pas multiplier les bêtes, mais dire plus simplement que cette septième tête se faisait rendre à elle-même les honneurs divins, ce qui eût servi à faire connaître son impiété et son impudence.
VII. Saint Jean distingue trois choses, la première bète, l'autre bète, et l'image de la première bête. Les protestants confondent tout, et partout ne voient que le pape; c'est le pape qui fait adorer le pape; l'image qu'il fait adorer, c'est le pape encore; l'autre bêle est la même bète; tout n'est ici que la même chose; la première bête, la seconde, et l'image de l'une et de l'autre , puisque tout cela c'est le pape.
VIII. On n'a trouvé d'autre expédient pour démêler ce chaos, que de distinguer le pape de la papauté ^; et Dumoulin a prétendu, contre les principes de la secte, que ce n'était pas le pape qui faisait adorer le pape; mais que c'était le pape, une des bêtes, qui faisait adorer la papauté, et la hiérarchie l'autre bète, sans pouvoir marquer dans