‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 34 sur 851 · Avert.. n. 4. — 2. Idem , ?i, 29. — 3. Jbid · texte numérisé non relu

Avert.. n. 4. — 2. Idem , ?i, 29. — 3. Jbid

saint Jean aucun caractère pour distinguer où est le pape, ni où est la papauté, ni discerner celle à qui on donne le nom de première bète d'avec celle qu'on appelle l'autre.

On ne se sauve pas mieux, en disant avec M. Jurieu que les deux bêtes ne sont au fond, dans le dessein de saint Jean , que le pape seul; mais que la première bête le représente dans la puissance temporelle, et la seconde dans la spirituelle : car outre les autres inconvénients de celte multiplication que nous avons vue, la difficulté revient toujours; et ce ministre n'explique pas pourquoi la bête spirituelle est celle qui fait adorer, puisque c'est elle, comme prétendant la puissance spirituelle, qui doit croire qu'elle mérite le mieux d'être adorée.

IX. Que si l'on dit que c'est qu'en effet il est impossible de démêler toutes ces choses dans la prophétie; premièrement il vaudrait mieux avouer qu'on ne l'entend pas , que de faire retomber la faute sur les oracles divins; et en second lieu, on a pu voir dans notre Explication une très-nette distinction de la bête morte dans la persécution finie par la mort de Licinius; de la bète ressuscitée dans la persécution renouvelée par Julien; d'une autre bète qui ne disait point qu'on l'adorât elle-même, mais qui faisait adorer les idoles que proposait la première bête, c'est-à-dire, les idoles de Rome pa'ienne , dont les principales étaient les images de ses empereurs : il fallait donc proposer quelque chose de cette nature, ou renoncer à l'explication de la prophétie.

X. Sur le nombre de 666, nous avons remarqué deux défauts du système protestant ' : l'un , de rechercher ce nombre mystique dans le nom de la seconde bète, au lieu que manifestement, c'est dans la première qu'il le faut trouver; l'autre, de ne pas produire un nom propre, mais, contre l'idée de saint Jean, un nom vague et indéfini, comme celui de Lateinos.

78. Les chapitres xiv, xv, xvi. — Je n'ai rien à dire sur le chapitre xiv, où il n'y a de prédiction que celle de la chute de Babylone, qu'on traitera plus à propos dans un autre lieu , et sur la fin une prédiction sur la moisson et sur la vendange qui touche le même sujet , mais d'une manière assez générale, où il y a néanmoins un caractère historique que les ministres n'expliquent pas, et que nous n'oublions pas dans nos notes^.

Le chapitre xv ne contient autre chose que la préparation au xvi", où se trouve l'effusion des sept fioles; sur quoi ce que je remarque principalement , c'est que les protestants y veulent trouver sept périodes de temps avec, entre deux, un inter- A'alle de cent cinquante ou deux cents ans, qui leur donne le moyen de se promener vaguement dans mille ou onze cents ans d'histoire , pour y trouver des famines, des guerres et d'autjws fiéaux autant qu'il leur en faul^ Car il faut à ceux qui se jouent, un champ vaste et libre, où leur imagination se donne carrière : mais pour nous qui expliquons l'Ecriture avec une discipline plus sévère , nous n'hésitons point à remarquer en ce lieu, que saint

1. Voyez les notes sur le ch. xiii , y. 16, 17, 18; Averl., n. 23. — 2. Ilotes sur le ch. xiv, 20. — 32. Avert., n. 40. Voyez les notes sur le ch. xvi, 1, 2, el à la fin du chapitre.

AVKUTISSEMENT AUX TROTESTANTS

Jean nous forco à une seule action , ou plulol à un ! seul t'ial, ijui a un sooivl rapport avec son sujet principal, comme nous l'avons expliqué*.

Je ne |varle point des clepsydres de M. Jurieu , ni de son Arniagodon', qu'il a pris pour un arsenal à excommunication : les prolestants qui ont commencé à se moquer de ses clepsydres, nous feront la même justice sur son Arniagédon. Cependant ils nous diront, quand il leur plaira , ce que c'est, dans leur système , que ces grands combats, où de part et d'autre les rois sont menés par le diable et ses esprits impurs^ : ils pourront encore nous dire à quoi leur servent les rois d'Orient qui - t l'Euphrate*; et surtout ils se souviendront ,'ner les allégories qui donnent un trop grand jeu aux interprétations arbitraires.

79. La fin du chapitre xvu avec les suites, où le tystém^ protestant se dnnent le plus. — C'est à la fin et au dénouement, que la justesse du dessein paraît lorsqu'il est bien pris; et au contraire, lorsqu'il est mal conçu, c'est à la lin et au dénouement que tout doit achever de se démentir, et que l'absurdité doit le plus paraître. Ce dénouement de saint Jean est, après nous avoir fait voir l'impiété el la IjTannie de l'empire persécuteur, depuis le chapitre xi jusqu'au milieu du xvu", de nous en montrer enlin le juste supplice; et c'est ce que fait l'apolre, lorsqu'au t. 12 de ce chapitre, il nous fait voir cet empire entre les mains des dix rois qui le déchirent , pour ensuite nous en faire voir la perle totale dans les chapitres suivants.

Si les protestants ont bien rencontré, rien ne doi" - ' — !rcr avec leur système : au contraire, si . :i est mal pris, rien ne les doit décon-

certer plus visiblement : or c'est le dernier qui leur arrive.

Ils s'imaginent trouver ici el la naissance cl la chule de leur prétendu Antéchrist dans celle du pape : or tout le texte y répugne.

Ils en mettent la naissance dans ces paroles^ :

• Les dix cornes sont les dix rois qui n'ont pas en- » rore commencé à régner : mais ils prendront puis-

• sanc« comme rois en même temps avec la bote, » t. 12, comme Genève a traduit : d'oii M. Jurieu conclut ainsi* : € S'ils prennent puissance en môme

» ' ;'ic hi béle, la bète prendra donc puissance

» • .•; temps qu'eux. » La corruption du texte

cst.TJsiblc. Saint Jean dit qu'il y aura dix rois, qui loi: - ■ ' ' • et en m-Hne temps (en les comparant le- i-s autre») prendront puissance avec la

bèlc : mais il ne dit pas qu'ils prendront puissance en m<"- • qu'elle, ou qu'elle jirendra puis-

Mnç« • 'mp-s qu'eux, comme le tourncM.

Jurieu : c'est autre chose que ces rois, comme dit Vi' ' ' 'a béte établie, viennent régner

^y . - , -.- -^ :r son empire; ce qui est elfec-

lÎTeroent arrivé à l'ancienne l'.omc maîtresse du roondf:' :■ ^ . comme le [)rétend M. Jurieu , H"''"'- '■' "l'-r avec eux. Saint Jean sui)-

po»« 1^' ' , pie d'abord la béle parait

avec w*< ■ ,, rjui ^oni autant de rois; el sur

•on il" ■ , ..u: la prostituée, tenant en sa main la cou, clic enivre les rois : elle est donc; el

I Av^ n tO, Voj /'. noi,. ,ur U ch. xvr. 1, 2, et à la fin rknj, ? !u^ 1 xpo<., »»,. M. - 4. ld,m, M. - 5. Préj.,

• - •• ''**'"• "*• '" - 7. Voy. It, nolÊ turle

les dix rois qui viennent régner avec elle , la trouvent déjà établie. Les protestants n'en trouvent donc point , comme ils le prétendent , la naissance en cet endroit.

Ils n'en trouvent pas non plus la chute; car ils la mettent dans ces paroles : Les cornes, qui sont les rois, ha'iront la prostituée, la dévoreront, la dépouilleront, la brûleront, t- \Q; car clairement, et selon eux-mêmes, saint Jean marque en cet endroit, non point la désolation de leur nouvelle Rome anlicliréticnnc , mais celle de Rome l'ancienne maîtresse de tout l'univers.

Je dis clairement par les raisons que nous avons vues; et j'ajoute, selon les protestants mêmes, et selon M. Jurieu' ; puisque dans sa xm^ lettre , pour n'avoir point à reprendre ici ce qu'il a dit dans ses ouvrages précédents , il vient encore d'écrire ces propres paroles^ : « L'autre passage est celui de » saint Jean, qui dit que les dix rois prendront' puis- » sance avec la bète en un même temps ; ce qui , » selon lui, dit nettement que l'on doit compter les » ans de l'Antéchrist du temps auquel l'empire ro- » main a été démembré en dix royaumes. » Ce qu'il répète, en disant, « que-les dix cornes sont les dix )) royaumes dans lesquels l'empire romain a été di- » visé , et que ce fut en ce temps que commença la » tyrannie antichrétienne. »

Il n'y a personne qui ne voie que l'endroit de la division de cet empire est celui où les dix rois le dépouillent : or, cet endroit est le >l^. 16 ; par conséquent on n'y trouve pas la chute de Rome la nouvelle, prétendue antichrétienne, mais celle de Rome l'ancienne , maîtresse de l'univers.

Que si les protestants demeurent d'accord de reconnaître en ce t. 16 la chute de Rome l'ancienne, en réservant celle de leur Rome antichrétienne au chapitre xvni^, outre que manifestement ce n'est que la même chute, et que saint Jean n'en connaît pas deux, ils seront pris par leur propre aveu, puisqu'il faudra reconnaître que tout le reste de la prédiction du chapitre xvu, se trouvera accompli dans la chute de Rome l'ancienne : ce sera elle, qui, dans un cours de peu d'années, c'est-à-dire, dans les approches de sa chute, sera aimée et haïe par les mômes rois : ceux qui étaient venus régner avec elle, qu'elle avait reconnus pour rois, dont elle avait fait ses amis, el qui commençaient à jouir des provinces qu'elle leur avait attribuées , seroni les mômes qui dans la suite l'auront dépouillée. C'est en effet ce que nous avons trouvé dans Rome l'ancienne, et dans l'histoire de sa chute\ Si les protestants en conviennent, ils n'ont plus de difficulté à nous objecter ; celle qu'ils croyaient invincible dans CCS rois, tantôt amis, et tantôt ennemis, est résolue par des faits constants : le mot de l'énigme est trouvé, c'est Rome l'ancienne; et rien n'enq)6che que la prédiction de saint Jean ne soit , contre leur pensée, entièrement accomplie dans sa chute. Que s'ils refusent d'en convenir, on les y force par d'autres choses qu'ils avouent; et s'ils passent incessamment d'une pensée aune autre, sans trouver deux versets de suite (pji se rapportent à la même lin, on verra bien que tout s'entrechofiuc dans leur interprétation.

I. Avert., n. 15. 21, 42; Ibid., 15. — 2. Leit. xiii, p. 98, 100. - 3. AV'frt., n. 21 ; Jiécap., n. 03. — 4. Voy. les noies stir le ch. xvu.

SUR L'EXPLICATION DE L'APOCALYPSE

De cette confusion sont venus leurs rois', qui aident l'Eglise romaine à s'établir, pendant qu'ils ne lui font ni bien ni mal, ou plutôt du mal que du bien; qui, en lui donnant leur puissance, ne lui donnent, ni le spirituel en aucune sorte, ni le temporel, autrement qu'en le laissant prendre; qui, en régnant avec elle dès le commencement , ne la font, ni ne la laissent régner que quatre ou cinq cents ans après; qui sont appelés son soutien, parce que cinq cents ans après, d'autres rois, comme ceux d'Ecosse, de Suède, de Danemarck, de Pologne, parmi lesquels il y en a la moitié , pour ne pas dire le tout, qui ne tiennent rien des premiers, viendront l'appuyer; et qui sont dits la détruire, parce que onze cents ans après ils s'avisent, du moins quelquesuns, de se retirer de sa communion sans lui pouvoir faire d'autre mal; mais c'est que les protestants espèrent qu'ils l'anéantiront dans peu de temps, et ils font leur prédiction de leur espérance : au lieu que tout est simple et suivi dans notre interprétation; tout est d'un même dessein : la bête à sept tètes et à dix cornes nous représente tout l'état de Rome l'ancienne, autant qu'il est convenable au dessein de l'Apocalypse. Dans les sept tètes nous voyons la persécution déclarée; dans les dix cornes on nous fait voir aussi clairement la persécution punie; tout nous prépare, tout nous mène là. Saint Jean n'en voulait pas davantage; et tout ce que les protestants y ont ajouté n'est qu'illusion, contradiction, violence au texte , confusion des caractères , renversement des histoires; en un mot, rêveries sans suite, qui s'efTacent les unes les autres, comme les images d'un songe.

80. L' explication protestante n'entre qu'avec violence dans les esprits, et c'est l'ouvrage de la haine. — Aussi voit-on par expérience que des interprétations si forcées ne tiennent pas à l'esprit; la haine les fait inventer : tout le monde dit sans savoir pourquoi : Sortez de Babylone , mon peuple; on s'anime contre une Rome quelle qu'elle soit, et sans distinguer l'ancienne d'avec la nouvelle. Dans l'histoire des papes, on ne veut voir que le mal toujours inséparable des choses humaines ; et on impute à l'Eglise tous les désordres vrais ou faux , comme si elle en faisait autant de dogmes : sous des figures hideuses, on croit voir le pape partout, et on frémit jusqu'à l'aspect de sa mitre , oîi l'on croit lire imprimé le mot de mystère. Il vient des gens plus modérés ; un Grotius, un Hammond : enlln on commence à voir que le Pape n'est pas si anlechrist; et M. Jurieu m'apprend lui-même^ que de nos jours un savant homme de Paris s'étudia un an durant à prouver à ses disciples que le pape ne pouvait pas être l'Antéchrist : ce savant homme était donc un docteur et un professeur ; on ne lui dit mot ; mais néanmoins les emportés prévalent , et il faut que l'ancienne opinion nécessaire à la politique du parti subsiste , quand ce serait une erreur : nous en avons vu les témoignages'. A la fin, les plus outrés mollissent eux-mêmes; et un ^[. Jurieu , dans ses Préjuge's légitimes'', n'ose dire que la chose soit certaine, et unanimement reçue. De là, ce bel artifice qui règne par tout ce livre, de produire toutes ses preuves , sans en excepter une

1. Avrt., n. 21. — 2. Lelt. \n. — .3. Averl., n. 1. — 4. I<b;m,

seule , et de dire en même temps qu'on n'entreprend pas de prouver, par un secret sentiment , que ces preuves ne sont pas des preuves. Chose étrange ! Dans Y Accomplissement des Prophéties^ le ministre nous renvoie à ses Préjugés légitimes, comme à un ouvrage où il a fait tout ce qu'il voulait faire contre le pape , autant qu'il est capable de le faire. Mais il a oublié de remarquer que ce qui n'était qu'un préjugé, et non pas une démonstration'^, en devient une maintenant la plus évidente qu'on puisse supposer; en sorte qu'un protestant qui la méprise , n'est plus, ni protestant, ni même chrétien. Cependant il reste encore des gens qui rougissent des excès de ce ministre ; le bruit en est venu jusqu'à nous : un M. Allix l'incommode; il se plaint ouvertement d'autres gens qui s'emportent jusqu'à louloir, disent-ils, faire connaître au public que tous les réformés ne donnent pas dans ces visions apocalyptiques^. On le laisse faire cependant; car il faut bien laisser amuser le peuple à quelqu'un aux dépens des oracles divins. Notre ministre attaque ces mauvais protestants par le synode de Gap : Cela , dit-iP, y est passé en article de foi , et en article de foi des plus solennels ; article qui n'a. jamais été révoqué , en sorte que tout protestant qui le nie, renonce à la foi et à la communion de l'Eglise réformée de France ; car c'est un synode national. Faible protestant vous-même, lui diront-ils^, qui nous élevez si haut ce synode national avec son article omis dans les confessions de foi, et qui vous-même en méprisez , avec un dédain si visible , les autres décisions , comme celle qu'on y fit contre Piscator, quoique jurée par tous les ministres , et soutenue par trois autres synodes nationaux. Vous nous reprochez que nous méprisons tous les anciens Pères : voulez-vous donc que nous recevions dorénavant leur autorité comme une loi ? Mais qui les méprise plus que vous? Et si c'est ici la seule matière où vous vouliez les en croire, que ne dites-vous avec eux que l'Antéchrist est un seul homme", et qu'on ne le verra qu'à la fin du monde; car tous les anciens l'ont dit? Enfin , si cet article est si important; si pour être bon réformé il faut croire nécessairement que la bête et son caractère soient le pape et le papisme, pourquoi, après l'avoir tant répété, l'oubliez -vous à la fin jusque dans votre livre de l'Accomplissement des Prophéties'^'^ Pourquoi est-ce que, selon vous, les anciens martyrs , les martyrs des trois premiers siècles nous sont représentés dans l'Apocalypse comme ceux qui ont méprisé la bête et son caractère? Ce n'était donc pas le papisme , ou bien avec les papistes il faudra mettre la papauté jusque dans ces siècles bienheureux. Qui vous a fait dégrader les Vaudois, les Albigeois et les Vicléfites? Reconnaissez de bonne foi que ces explications forcées ne tiennent pas à l'esprit ; pour peu qu'on soit dans le calme et qu'on cesse de s'irriter soi-même, elles échappent : ce sont articles de haine, et non pas de dogme.

81. Abrégé des preuves contre l'interprétation des protestants sur la II' épttre aux Thessaloniciens , II. — Il ne reste plus qu'un mot à dire sur la prô-

1. Ace. l.p-, cil. VI, p. 12 et suiv. — 2. Averl., ibid.; Pré;, ibid. — 3. Lett. xii, 93. — 4. Lelt. xi, 85; Avt'»7., n. 2.-5. Idem. — 6.LeU.\n. — T.Si(p.,n.1l.

AVERTISSEMENT AUX PR (^TESTANTS

mais

diction de saint Paul, cl voici l'abrogé de noire preuve.

I. Le méchant de saint Paul est un homme parliculier'; et dans touie lEcrilure on ne trouvera ja-

lant de caractères indiviiiuels entassés en- ' pour désigner une suiio dhonunes : or, tous i - , ,os. dont on fait un seul Anlechrist, ne sont pas'un homme particulier : ils ne sont donc point le raèchanl et l' Anlechrist de saint Paul.

II. Dés que le méchant de saint Paul paraît, il fait des prodiges inouïs, et déploie toute la puissance de ^alan. qui fait en lui ses derniers cllbrls : donc si lAnlechrist était venu, et qu'il eût paru dans les papes, on aurait déjà vu de faux miracles plus élonnanls que ceux des magiciens de Pharaon, que ceux dun Simon, et de tant d'autres enchanteurs : or, non-seulement on n'en a point vu de tels dans les papes, mais on n'y en voit point du tout depuis mille ou douze cents ans qu'on les fait èlrc aniechrisls. Ils ne le sont donc pas.

m. Le méchant de saint Paul se met au-dessus de tout ce qui est Dieu , et se fait lui-même adorer comme Dieu : or, le pape se reconnaît, non-seulement un homme infirme et mortel; mais même, ce qui est au-dessous de ce qu'on peut s'imaginer de plus vil , un pécheur : il ne se donne donc pas pour un Dieu malgré les allégories.

I\'. Il n'y a rien de plus vain que de mettre tout en allégories. Elles doivent élre épargnées même en expliquant les prophéties, de peur de donner un champ trop libre à la fantaisie échauffée et aux interprétations arbitraires. On a recours principalement à l'allégorie pour interpréter des choses qu'on appelle incorporelles , comme les vertus, les vices, l'hérésie et l'idolâtrie, qui manquant de caractères sensibles , ou en ayant peu , en empruntent de l'allégorie : mais il .n'y a point de raison de porter celle invcnlion jusqu'aux prestiges de Salan, qui ne sont que trop réels, et jusqu'à l'impiété des lyrans qui se sont portés pour Dieu , dont le nombre est ionni.

V. Pour élre donc obligés à sauver par l'allégorie les prodiges et les allenlals attribués à l'Anlcchrist, il faudrait, ou qu'il fut constant qu'il n'y en aura plus de pareils , ou que du temps de saint Paul ces choses fussent éloignées cl inconnues : or c'est manifeslemenl tout le contraire, puisf[ue rien n'était plus ordinaire que faire les césars des dieux; et pour ce qui est des prodiges, outre que tout en élail plein du temps de saint Paul, témoins un Simon, un Elymas et cent autres, Jésus-Christ en a prédit de si surprenants jusqu'à la lin du monde, qu'il y aurait de quoi iromper jusqu'aux élus : on n'- ' - obligé ici de se sauver [tar l'allégorie.

' ^ l'iil du moins èlre assuré que le sens

lilléral ne convient pas aux passages dont il s'agit; cl loin d'en '-ire assuré, on est assuré du contraire, puis^{ue toute l'anliquilé demeure d'accord qu'il y aura à la fin du monde un Anlechrist qui se dira .D il se dira le Christ, el s'élèvera au-

do- u en .s'élevanl au-dessus du Christ,

4 plu* forte mis^jn au-dessus de toutes les fausses di-. [uc le monde aura jamai.s adorées; ce que

M. .,..>.- .j à la (in trouve vraiserrddable : il vaut donc mieux expliquer un pa.Bsagc obscur par rpicl-

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