‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 331 sur 851 · Joan., XIV · texte numérisé non relu

Joan., XIV

Jonn. V. ■^^y.

— 2. Idrm, I. y. — 3. Ibid., 14, 17. —1. /.

vrai Dieu : c'est par lui que nous y allons : il est lui-même le vrai Dieu, la vérité même, et la vie éternelle. Il est la voie, la vérité et la vie.

LXXXJe JOUR

Jésus-Christ est notre lumière. (Ibid.) Nous nous étonnions tout à l'heure comment on pouvait être tout ensemble le moyen et la fin , la vérité et la vie, qui sont le terme, et en même temps la voie pour y aller. Mais Jésus-Christ nous explique ce mystère. Qui nous peut mener à la vérité, si ce n'est la vérité elle-même? Celte vérité est souveraine, nul ne la force, nul ne l'attire, et il faut qu'elle se donne elle-même. Mais cela même c'est la vie; car on vit quand on possède la vérité, c'està-dire, quand on la connaît, quand on l'aime, quand on l'embrasse. A Dieu ne plaise, que nous nous imaginions des bras pour la tenir et pour la serrer. On en jouit comme on jouit de la lumière, en la voyant; mais elle gagne tous ceux qui la voient telle qu'elle est : car elle nous découvre tout ce qui est beau, et elle est elle-même le plus beau de tous les objets qu'elle nous découvre.

Mais que peut-on entendre entre nos yeux et la lumière, pour nous la découvrir? Rien du tout; il n'y a qu'à ouvrir les yeux, et la lumière s'introduit par elle-même. Il n'y a point d'autre voie pour aller à elle : la vérité est plus lumière que la lumière : rien ne peut nous amener à la vérité qu'elle-même. Il faut qu'elle vienne, qu'elle s'approche, qu'elle s'abaisse, qu'elle se tempère. Et qu'est-ce que Jésus-Christ , si ce n'est la vérité qui s'avance vers nous , qui se cache sous une forme accommodée à notre faiblesse, pour se montrer autant que nos yeux infirmes le peuvent porter? Ainsi pour être la voie, il faut qu'il soit encore la vérité. Que craignons-nous davantage, que d'être trompés? Ceux qui veulent tromper les autres, et sont de ce côté-là ennemis de la vérité, ne veulent pas qu'on les trompe; et la vérité ne laisse pas d'être leur plus cher objet. Venez donc, ô vérité I En vous-même vous êtes ma vie; et en vous approchant de moi, vous êtes ma voie. Qu'ai-je donc à craindre? et de quoi puis-je être troublé I Ai-je à craindre de ne pas trouver la voie pour aller à la vérité? La voie même, dit saint Augustin , se présente à nous d'ellemême, la voie elle-même vient à nous. Mens donc vivre de la vérité, âme raisonnable et intelligente! Quelle lumière dans la doctrine de Jésus! Celte lumière est d'autant plus belle, qu'elle luit au milieu des ténèbres. Mais prenons garde d'être de ceux dont il est écrit : La lumière est venue au monde, et les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière , parce que leurs œuvres étaient mauvaisesK Que me servira une lumière, qui ne fera que découvrir ma laideur et ma honte? Lumière; retirez-vous, je ne vous puis sou (Trir. Sainte doctrine de l'Evangile , éternelle vérité , miroir trop fidèle, vous me faites trembler! Changeons-nous donc : nous ne pouvons pas changer la vérité; et qui serait le malheureux qui voudrait que la vérité ne fût pas! nous ne subsistons nous-mêmes que par un trait de la vérité qui est en nous.

Aimons donc la vérité : aimons Jésus qui est la vérité même : changeons-nous nous-mêmes, pour

1 , Joan., III. ly.

MEDITATIONS SUR L'ÉVANGILE

lui tMro semblables. Mettons-nous en état de n'être point obligés à haïr la vérité. Celui qu'elle condamne, la hait et la fuit. Qu'il n'y ait rien de faux dans celui qui est le disciple de la vérité. Vivons de la vérité . nourrissons-nous-en. C'est pour cela que l'Eucharistie nous est donnée : c'est dans le corps de Jésus, et dans son humanité sainte, le pur froment des élus, la pure substance de la vérité , le pain de vie : c'est donc en même temps la \. ■'. la vérité et la vie. Si Jésus-Christ est notre \ lo, ne marchons point dans la voie du siècle; entrons dans la vuie étroite où il a marché. Surtout soyons doux et humbles. Le faux de l'homme, c'est lalicrté et l'orgueil, parce qu'en vérité il n'est rien, et que Dieu est seul. Bien connaître qu'il est seul., c'est la pure et seule vérité.

LXXXIJe JOUR.

.Vu/ ne tient à son Père, que par Jésus-Christ. (Ibid.)

Nil ne vient à 77wn Père que par moi *. Il entre avec ses apùlres dans un secret plus profond; et pour les rendre tout à fait imperturbables, il leur apprend tout le bien qu'ils trouveront en lui. Ce bien sera qu'en le trouvant, par lui ils posséderont son Père raème, qui devait être tout l'objet de leurs désirs , comme c'était le terme de tous les siens.

.\ul ne vient à mon Père que par moi. Si le Sauveur est la voie, la vérité et la vie, il ne faut point qu'il nous mène à un autre qu'à lui-même, pour être heureux. Comment est-ce donc qu'il est la voie pour nous mener à son Père? Que voulons-nous davantage que la vérité et la vie, que nous trouverons en lui! Il nous explique lui-même ce profond secret, en disant : Si cous me connaissiez , tous connaîtriez aussi mon Père : et vous le co7i7iaitrez bientôt, et vous l'avez déjà tu ^. Ne croyez pas qu'en Vous élevant à la connaissance de mon Père, je vous mène à quelque chose qui soit hors de moi : c'est en moi qu'on connaît le Père; et vous l'avez déjà vu. Quel est ce nouveau mystère? Comment est-ce qu'on connaît le Père en connaissant Jésus-Christ? Quand les apôtres ont-ils vu le Père? où l'ont-ils vu ? C'est ce qu'il dira dans la suite; mais auparavant il nous faut entendre ce que lui dit saint Philippe : Seigneur, montrez-nous votre Père, et il nous su/fUK

A ces mots, et pour ainsi dire, au seul son de celte parole, l'âme chrétienne ressent quelque chose de grand; mais quelque chose de tendre, mais quelque chose d'intime. Seigneur, montrez-nous totre Père , et il nous suffit. Montrez-le-nous , c'est par vous que nous le voulons voir : il nous suffît; vous nous ordonnez de n'avoir ni crainte ni trouble : pour cela il ne nous faut qu'une seule chose, votre père nr/us suffit. Comprenons bien celle pleine satisfaction de notre esprit en voyant Dieu : ce sera le rernède à lou.s les troubles. Car nous avons trouvé un bien que rien ne nous peut ôter; et ce bien nous ''iilîifeant j^eul , rien ne pourra troubler notre repos.

LXXXIII* JOr R.

Itieu teut nous tuffil. (Joan., xiv. 8.)

Mo.\TREz-xoi:s votre Père, et il nous suffit*. Dieu

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l.'--»der, parce qu'en le voyant, on voit tout le

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