Matlh., XXV. 30. — 2. Cant., ii. 12. — 3. Ps., xlv
Mi:i)ITATl(».\< SUR L" EVANGILE,
en luiMiio lonii>sdoux el Iranquillo : l'Ame so ivmplil d'une céleste vivacité qui ne sera plus delle-nièmc, mais de Dieu.
N'oyez ce cheval ardent et impétueux, pendant que son ocuyer le conduit et le dompte; que de mouvements irréguliers! C'est un olVet de son ardeur ; et son ardeur vient de sa force , mais d'une force ma! réglée. Il se compose, il devient plus obéissant sous l'éperon, sous le frein, sous la main i\ui le manie à droite et à gauche, le pousse, le retient comme elle veut. A la lin il est dompté; il ne fait que ce qu'on lui demande : il sait aller le pas, il sait courir, non plus avec celle activité qui l'épuisail , par laquelle son obéissance était encore désobéissante. Son ardeur s'est changée en force; ou plutôt , puisque cette force était en quelque façon dans celte ardeur, elle s'est réglée. Remarquez : elle n'est pas détruite, elle se règle; il ne faut plus d'éperon, presque plus de bride; car la bride ne fait plus d'elTel de dompter l'animal fougueux. Par un petit mouvement, qui n'est que l'indication de la volonté de l'écuyer, elle Tavertil plutôt qu'elle ne le force : et le paisible animal ne fait plus , pour ainsi dire, qu'écouter. Son action est tellemenl unie à celle de celui qui le mène , qu'il ne s'en fait plus qu'une seule et même action.
Ame chrétienne, écoule l'Epoux qui le dit : Je t'ai comparée à une belle cavale*, et entièrement domptée. Et s'il faut t'atteler à un chariot, te faire agir en concours avec d'autres âmes également soumises : ce ne sera pas de ces chariots mal assortis, où l'un tire, el l'autre demeure sans action; ce qui épuise et accable ceux qui sont de bonne volonté, el se donnent de bonne foi à l'ouvrage. Sous le fouet du conducteur, ou pour mieux dire, non tant sous le fouet, que sous sa voix, et avec la légère indication d'un coup bénin , qui avertit, qui réveille quelquefois, les deux chevaux sont unis, parce qu'ils sont tous deux également soumis à la sage main qui les mène. Ame chrétienne, agis ainsi ; cl change Ion ardeur, ton activité en gravité, en douceur, en règle. Noble animal fait pour cire conduit de Dieu, el le porter, pour ainsi dire, c'est là ton courage, c'est là la noblesse.
Revenons donc à la vigne : il faut non-seulement retrancher le sec, mais encore tailler dans le verl et dans le vif.
Ve JOUR.
fyett une opération de la grâce que de conserver la justice. (Joan., XV. 3, 4.)
Vocs êtes déjà purs à cause de la parole , (selon la parole) que je tous ai dite : (Vous êtes purs , mais non pas tous). Demeurez en moi, et moi en TOUS*. Vous n'avez pas seulement besoin de moi pour élrc purifiés : mais rjuand vous êtes purs, vous avez encore besoin de moi, pour demeurer dans votre pureté. Car l'opération de la grâce n'est pas seulcmenl à purifier, mais encore plus à conserver la pureté cl la ju.slicc une fois donnée. Le soleil avance el di.ssipe les ténèbres : l'air illuminé con- 8€rvera-t-il de lui-même la lumière? Non cerlaincmenl : on ne doit pas dire, dit saint Augustin , il a été une fois illuminé, mais il Vasl continuellemeni, el de nouveau à chaque moment, autrement il re-