I. Cant., t. 8. — 2.Joon., x
tomlierait dans les ténèbres : la lumière diminue par tous les obstacles qu'on met entre le corps illuminant, et le corps illuminé. C'est ce qui fait les ombres el les diverses teintes de lumière , plus ou moins vives. Combien plus l'àme raisonnable, pour conserver la justice, dépend-elle de Dieu , qui l'éclaire, et du vrai soleil de justice, qui est Jésus- Christ! Tiens-loi donc toujours exposée à celte lumière : demeure dans celle lumière, el celte lumière en toi, sans l'en détourner un seul moment. Il ne sufïît pas qu'elle t'ait fait juste une fois : il faul que continuellement elle te le fasse. Entendez-vous, âme chrétienne? Ne vous détournez donc jamais pour peu que ce soit, tenez-vous le plus que vous pouvez sous le coup direct de la lumière; car c'est par là que vous serez vivement éclairée. Ce n'est pas qu'il ne vienne de la lumière de côté et d'autre ; el les corps illuminés se la renvoient muluellemenl; mais se tenir sous ce coup direct, et demeurer toujours en plein soleil, c'est la perfection del'âme pour être éclairée.
On dira : Je suis ébloui; mais c'est le propre de la lumière extérieure , qui affaiblit l'organe par lequel elle est aperçue. La vérité, quand elle est parfaite et parfaitement vue , n'éblouit pas : elle fortifie son organe , c'est-à-dire , l'intelligence , el lui donne à la fin une éternelle force : c'est ce qui fait notre bonheur dans la vie future. Il est vrai qu'en cette vie nos faibles yeux qui se purifient el ne sont pas entièrement purs, ne peuvent porter la vérité tout entière; mais elle s'est tempérée ellemême dans la foi : lourne-loi donc toujours à elle, âme chrélienne, sans craindre qu'elle le blesse. La foi te la présente, le l'applique de la manière qu'il faut : sa douce obscurité tient Ion esprit en état. S'il sort de temps en temps quelque rayon de ce doux nuage, il ne sera jamais trop fort. Dieu qui l'envoie, sait la mesure, et- ne porte qu'où il faul. Pour toi, liens les yeux ouverts, et le cœur soumis : la lumière se changera en ardeur, et le cœur gagné vivra de Dieu.
Vie JOUR.
Parabole de la vigne, tirée d'Isaïe. (Joan., xv. 1 ; Isaïe., v. 1.)
Nous devons avoir entendu la parabole de la vigne : c'est le mystère de noire union avec Jésus- Christ. Mais pourquoi elle est exprimée sous la figure de la vigne, plutôt que sous celle d'un autre arbre; on l'entendra en remarquant : .
1 . C'est l'ancienne parabole : Seigneur, vous vous Hesfait une viyne : vous l'avez transplantée d'Egypte dans la terre que vous lui aviez promise : vous avez exterminé les anciens habitants de cette terre , pour lui faire place : elle s'y est étendue de coteau en coteau , et s'est élevée au-dessus des hautes montagnes qu'elle a couvertes. Toute la terre, jusqu'au fleuve jusqu'à la mer, en a été remplie* , tant le provin en a été fécond el abondant. Que n'ai-je pas fait à ma vigne? dit le Seigneur? Ne l'ai-je pas travaillée dans toutes les saisons? J'ai fossoyô , j'ai taillé, j'ai provigné, je l'ai environnée d'une haie ou d'une muraille, el je l'ai munie de tous côtés. C'est ma vigne élue et bien-aiinée^.
2. Jésus-Christ ne fait qu'appliquer la parabole à son Eglise. Mais afin que cette nouvelle vigne pa-