‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 344 sur 851 · Tonn. , XV. 15. — 2. Ut m , xv. Ifi · texte numérisé non relu

Tonn. , XV. 15. — 2. Ut m , xv. Ifi

fruit et de sa durée à jamais; que le Père accordera , tout ce qu'on lui demandera au nom du Fils. Dieu ' disait autrefois : « Je le ferai pour l'amour de moi, et pour glorifier mon nom. » Ici il n'accorde plus rien qu'au nom du Fils. Ce n'est pas qu'il change de langage; ce que Dieu fait pour l'amour de son Fils, il le fait pour l'amour de soi-même; parce que le Père et le Fils ne sont qu'un : et lorsqu'on nous avertit tant de fois que nous n'avons rien à espérer, ni à demander qu'au nom de Jésus-Christ , on nous avertit du besoin que nous avions d'un médiateur, pour nous réunir à Dieu , dont le péché nous avait séparés.

Songeons donc à porter du fruit, et à porter un fruit qui demeure; mais demandons-en la grâce au I nom du Médiateur, en croyant que c'est par sa grâce ; que nous commençons à porter du fruit, et par la continuation de la même grâce que nous en portons I persévéramment : parce qu'ainsi qu'il nous a dit, nous ne pouvons porter du fruit qu'en lui seul , et qu'il faut qu'il demeure en nous, afin que nous puissions demeurer en lui : et c'est en cela que consiste la médiation de Jésus -Christ, et la vraie invocation de Dieu au nom du Sauveur.

; XYe JOUR.

Jésus et ses disciples haïs du monde; injustice de la haine du monde. (Joan., xv.)

' Voici la doctrine du verset 16 et des suivants,

jusqu'au 26. Après avoir montré à ses disciples

; combien ils doivent s'aimer les uns les autres, et

i aimer tout le monde; parce que tout le monde est

I des nôtres par la grâce que Dieu fait à tous de les

appeler à notre unité, il leur apprend que s'ils

doivent aimer tout le monde, ce n'est pas dans

l'espérance d'être aimés eux-mêmes , puisqu'au

contraire ils seront haïs de toute la terre : et c'est

1 la vérité qu'il leur découvre à fond dans tous ces

[ versets.

j II commence à leur découvrir la source de celte ; haine, par ces paroles : « Si le monde vous hait, sachez qu'il m'a haï le premier'. » On ne peut assez ' admirer la bonté de notre Sauveur; il n'y a rien de I si fâcheux à de bons cœurs, ni en soi rien de plus ! triste à la nature, que d'être haï. On a besoin d'être prémuni contre un mal qui en soi est si dur, et dont aussi les effets sont si étranges. Mais c'était pour les apôtres la plus grande de toutes les consolations, que cette aversion de tout le genre humain leur fut commune avec Jésus-Christ. « Si le monde vous hait, dit-il, il m'a haï le premier. » La cause de cette haine nous est expliquée par celle parole : i « Celui qui fait mal hait la lumière *. » Le monde I me hait, parce que je lui découvre ses mauvaises I oeuvres. Les apôtres associés à la prédication du Sauveur, devaient aussi encourir la haine du monde dont ils reprenaient les crimes et les ignorances. I « Si vous étiez du monde , le monde aimerait ce qui esta lui^. » Ce n'est pas que les hommes du monde s'aiment les uns les autres; c'est tout le contraire , et tout le monde est rempli de haines et i de jalousies; mais c'est que les plaisirs et les intérêts du monde font des liaisons et des commerces I agréables; mais les disciples de Jésus-Chrisl n'ont rien qui plaise au monde. Le monde veut des llat-

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