‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 347 sur 851 · Is., IX. G. — ;.'. Joan., .\vi. 20. — 3. Eccl., n · texte numérisé non relu

Is., IX. G. — ;.'. Joan., .\vi. 20. — 3. Eccl., n

! Christ, que sortira ce dégoût des plaisirs du monde,

qui ne sont qu'illusion, tentation et corruption. i Goûtez , et voyez combien le Seigneur est doux '. ; combien est douce la vérité, la justice, la bonne espérance , le chaste désir de le posséder : et vous j gémirez de vous voir au milieu des tromperies et ! des erreurs : et vous jetterez un doux et tendre î soupir vers la cité sainte, que Dieu nous a préparée, où règne la vérité, où se trouve la paix éternelle , et tout le bien avec Dieu.

XXVIIIe JOUR.

Souffrir, se faire violence. (Joan., xvi. 21.)

Apprenons du t. 21 , à enfanter notre salut avec peine. Quel etTort ne faut-il pas faire , pour faire mourir ses passions, ses mauvais désirs, et tout ce que l'Ecriture appelle le vieil homme? On croit mourir en effet, quand il faut s'arracher du cœur tout ce qui plaît. Quelle vie, dit-on, sera la nôtre, quand nous aurons retranché ces doux commerces, ces jeux, ces plaisirs? Tout sera triste , ennuyeux , insupportable. Songeons que c'est là le temps du I travail, où il faut avec violence enfanter un nouvel esprit. « Tous les cris d'une femme qui accouche i sont oubliés au moment qu'elle a mis un enfant au monde^. » Quelle donc doit être notre joie, quand ce n'est pas un autre , mais nous-mêmes , que nous faisons naître, pour changer la vie du péché en la vie de Dieu.

Qu'il me coûte de sacrifier ce ressentiment, de renoncer à ce plaisir, de pratiquer cette humilité , de supporter celte médisance! Chrétien, quand veux-tu donc t'enfanter toi-même? Tu ne feras point ton salut, tu ne rompras point tes fers, tu ne deviendras point un nouvel homme , sans te faire cette violence. De quelle paix , de quelle joie , la verras-tu bientôt suivie? Ha, je commence à vivre, depuis que je vis pour Dieu , et que je me suis ouvert le ciel !

Aimer Dieu, c'est la vie : on ne saurait l'acheler par trop de travaux, par trop de morls.

XXIXe JOUR.

Joie qui ne peut être ravie. (Joan., .\vi. 22.)

Personne ne vous ravira voire joie^. D'où vient notre joie? De notre bonheur. Quand donc nous mettrons notre bonheur dans un I)ien ([ui ne pourra nous être ravi, notre joie ne pourra aussi nous être ôlée. Qu'est-ce qui doit faire notre bonheur? C'est que Dieu que nous aimons , soit heureux et le seul puissant : Beatus et solus potens : comme dit saint PauP. Si nous aimons Dieu de tout notre cœur, de toute notre intelligence , de toutes nos forces , comme nous ne pouvons rien contribuera son bonheur, notre partage est de nous en réjouir. Réjouissonsnous de la gloire de Dieu , de sa perfection , de son bonheur, de la naissance éternelle de son Verbe, de rétcrnelle procession de son Saint-Esprit, de ce qu'il se connaît, de ce qu'il s'aime, de ce qu'il est tout action, tout intelligence, tout amour, tout vie; si grand, qu'il ne peut rien acquérir, aussi bienfaisant que riche, plein de vie, plein d'ôlre, l'être môme, la vérité même, le parfait, le tout. Qui nous peut ôter ce sujet de joie? Il faudrait pouvoir ôter

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