LI-- JOIR
Joie dt Jtsus. Goiilfr sa parole, source de toute joie. (Joaii., XVII. 13, 14, 15.)
« Et maintenant je viens à vous : et je dis ces choses, étant encore dans le monde; afin quils les entendent , et qu'ils aient ma joie accomplie en eux'. »> Quelle est cette joie de Jésus, si ce n'est celle de leur assurer leur bonheur sur les bontés de son Père? El comment est-elle accomplie dans ses apôtres, si ce n'est en espérance, et par la certitude de ses promesses? De même que s'il disait : Mon Père , dans la joie que j'ai en vous les recommandant avec tant d'amour, faites-leur sentir qu'ils n'ont rien à craindre, et qu'il ne leur reste qu'à se réjouir de vos bontés et des miennes. Ce qu'il explique plus clairement dans les deux versets suivants : «' Je leur ai donné votre parole , et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde; et je ne suis pas du monde. Je ne vous prie pas de les ôter du monde; mais de les garder du mal ^,
Voulant dire qu'ils ne sont pas du monde, il commence par dire : Je leur ai donné votre parole. C'est cette parole qui les a tires du monde. Qu'elle fasse donc encore cet effet ! Toutes les fois que nous entendons, ou que nous lisons la parole de Jésus- Christ, c'est celte parole qui venant de Dieu, nous ramène au lieu d'où elle est venue. C'est celte parole qui ne nous permet pas de goûter le monde, parce qu'elle nous fait goûter la vérité, que le monde ne connaît pas, ni ne veut connaître; parce que la vérité le juge. Le monde est faux en loul, trompeur en tout, et la parole de Jésus-Christ nous ouvre les yeux pour voir celte illusion, ce faux du monde. Celle parole fait les chastes délices des âmes désabusées et dégoûtées du monde. Goûtons donc celle parole, afin que le monde ne nous trompe et ne nous surprenne pas. Récitons le psaume cxvni, pour nous accoutumer à la goûter. David la tourne de tous cotés dans ce psaume, pour en découvrir toutes les beautés, pour en goûter toutes les douceurs. Il l'admire sous tous ses noms : c'est la parole, la loi, le témoignage, le commandement, l'ordonnance, le conseil, la justice du Seigneur. Il ne se contente pas d'en regarder la surface : il la pénètre, il en sonde les profondeurs; il la cache dans son cœur; il ne cesse de la prononcer dans sa bouche. Elle le fail trembler, en. môme temps elle le dilate : elle est sa consolation durant son exil , son conseil, sa lumière, son amour, son espérance. En même temps qu'il l'entend , il demande de l'entendre, et reconnaît que l'entendre c'est un don de Dif'U. Il s'y attache par le fond de l'Ame. Elle brûle, elle consume le cœur ; elle l'attendrit, elle le fond, et fail couler des torrents de larmes; les joues en sont cavées, cl deviennent comme un canal par où coulent les ruisseaux de pleurs.
Hi la parole de l'Ancien Testament faisait tous ces I ■ ^els , celle de Jésus-Christ qu'il a reçue de
î- ■• . . , qu'il a puisée dans .son sein pour nous la donner, que fera-l-elle? C'est donc celte parole, qui dans un nr.iwl auditoire ira choisir quelquefois une Ame mêlée dans la foule, mais que Dieu connaît et discerne, et lui laissera un aiguillon dan- le cœur.