Joan., XVII. 23. — 2. Idem, 29. — 3. Ibid.,2i
LA GÈNE. — SECONDE PARTIE
loule puissance lui est donnée sur eux. Il pouvait aussi, même en parlant à son Père, parler ou en inférieur, ou en égal; et étant Dieu comme son Père, et étant la parole même de son Père , il pouvait dire comme lui et avec lui : Je teux. Mais pourquoi il ne l'a fait qu'ici? et pourquoi dans une prière? et pourquoi ayant accoutumé partout ailleurs , lorsqu'il parle de volonté absolue , de ne nommer que celle de son Père, à laquelle la sienne était attachée avec une parfaite soumission, il parle ici seulement d'une manière si déterminée et si absolue? Mon Sauveur! est-il permis de vous le demander?
Commençons par adorer, quelle qu'elle soit, la vérité enseignée dans cette parole : Je veux. Oui, le Verbe, qui est la sagesse même, a eu sa raison pour l'inspirer à l'àme de Jésus-Christ, qui lui est unie de cette manière ineffable : et celle âme sainte a pu dire, en conformité de la volonté suprême du Père et de son Verbe : Je veux. Et c'est une chose admirable, que ce soit en faisant pour nous la demande la plus imporlante, que Jésus-Christ ait parlé de celle sorte : Je veux, mon Père, que là où, je suis , dans votre gloire éternelle, ceux que tous m'avez donnés; les apôtres, dont il a dit : Ils élaient à vous, et vous me les avez donne's : et ceux qui devaient croire par leurs paroles*, qui n'auraient pas cru , si son Père ne les lui avait aussi donnés : Je ceux, dis-je, que tous ceux-là soient là où je suis. Il semble qu'après avoir dit, qu'ils soient où je suis, il ne servait de rien d'ajouter : qu'ils y soient avec moi; mais on ne pouvait trop exprimer ce qui fait toute la douceur de cette demande : puisqu'ètre avec Jésus-Christ c'est ce qui satisfait le cœur de l'homme. Etre avec Jésus-Christ, c'est être avec la vérité et la vie : y être dans le ciel, et dans la gloire éternelle; ce n'est plus èlre avec lui comme avec celui qui est la voie, mais comme avec celui qui est le terme de notre course, et en qui nous trouvons la vie éternelle dans la consommation de notre amour. C'est pour nous obtenir un si grand bien, que Jésus- Christ dit : Je veux, d'une manière si déterminée.
Mais écoutons la suite : Je veux que là où je suis ils y soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire. Il semble qu'il y manquerait quelque chose, qu'elle ne serait pas complète , si ses amis ne la voyaient. Mais est-ce assez de la voir? Jésus-Christ ne veut-il pour nous que cet avantage, et ne veut-il pas que nous y ayons part, comme il l'a dit tant de fois? La voir, c'est y avoir part : la voir, c'est en jouir. Qui voit la gloire de Jésus-Christ dans le sein de son Père, il est heureux. Heureux, premièrement du bonheur de la gloire de Jésus-Christ, qui fait la leur : et heureux ensuite en eux-mêmes, parce que cette bienheureuse vision de la gloire de Jésus- Christ nous transforme en elle-même; et que qui le voit lui est semblable, conformément à celte parole: Nous lui serons semblables , parce que nous le verrons tel qu'ilest^.
Commençons donc dès celle vie à contempler par la foi, la gloire de Jésus-Christ, cl à lui devenir semblables en l'imitant. Un jour nous lui serons semblables par l'etTusion de sa gloire; et n'aimant en nous que le bonheur de lui ressembler, nous serons, enivrés de son amour. Ce sera là la dernière et par-