‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 369 sur 851 · Luc, XXII. 42; xxiir · texte numérisé non relu

Luc, XXII. 42; xxiir

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SUIl LES TROIS MAGDELEINES

Sai.nt Luc, vil. M , parle de la femme pécheresse qui vint chez Simon le Pharisien, laver de ses larmes les pieds de Jésus, les essuyer de ses cheveux , et les parfumer. Il ne la nomme point.

/de;n, viii. .3, deux versets après la fin de l'histoire précédente, nomme, entre les femmes qui suivaient Jésus, Marie-Magdeleine, dont il avait chassé sept démons.

Idem,x. 30, dit que Marthe, qui reçut Jésus chez elle, avait une sa3ur nommée Marie, etc.

Ces trois passages semblent marquer plus aisément trois persotmes différentes que la même. Car il est bien difficile de croire que si la pécheresse était Magdeleine , il ne l'eût pas nommée d'abord , jilutùt que deux versets après, où non-seulement il la nomme, mais la désigne par ce qui la faisait le plus connaître , d'avoir été délivrée de sept démons. Et il semble encore parler de Marie, sœur de Marthe, comme d'une nouvelle personne dont il n'a point encore parlé.

Idem, xxiv. 10, nomme encore Maric-Magdelcine entre les femmes qui vinrent dire aux apôtres la nouvelle de la Résurrection. Tous les évangélistes le marquent aussi. Saint Matthieu, xxvii. 56, nomme Marie-Magdeleine entre les femmes qui avaient suivi Jésus de Galilée, et assistaient à sa mort. Vers. 01, il dit qu'elle était assise auprès du sépulcre, et chap. xxviii. 1, il dit qu'elle vint le lendemain du sabbat, avec d'autres, voir le sépulrre; et verset 8, que ces femmes coururent porter la nouvelle aux apOtres.

Saint Marc, xv, 40, compte Marie-Magdeleine entre les femmes qui avaient suivi, etc., comme saint Matthieu, xxvii. 56; et verset M, il dit qu'elle regardait où on mettait le corps, qui est le mémo que dit saint Matthieu , xxvii. 61. Idem, xvi. 1, la nomme f-nire celles (\\n vinrent au sépulcre, comme saint Matthieu, xxvm. i. Ibidem, verset 0, il dit que Jésus apparut d'abord à .Marie-Magdeleine , et

la désigne par les sept démons. Saint Jean, xix. ^^b, nomme Marie-Magdeleine pour la première fois, lorsqu'il dit qu'elle était près de la croix; et xx. 1, il la nomme encore, disant qu'elle vint au sépulcre. Il est vrai que dans le môme chapitre, versets 11 et 16, il la nomme deux fois simplement Marie; mais la suite de l'histoire fait assez voir que c'est la même; et verset 18, il la nomme encore Magdeleine, disant qu'elle vint porter la nouvelle aux disciples : ce qui convient avec saint Luc, xxiv. 10, comme l'apparition avec saint Marc, xvi. 9. Saint Jean parle de Marie, sœur de Marthe et de Lazare, xi. 1, et par tout le chapitre , et dans le deuxième verset, il la désigne par l'onction; ce qui ne doit pas faire croire que ce soit une autre onction que celle qu'il raconte au chapitre suivant : car ce deuxième verset est une parenthèse. Et il y a apparence qu'il la désigne ainsi, parce que cette action était fort connue, suivant la prédiction de Notre Seigneur. Dans ces deux chapitres , où il parle si souvent de la sœur de Marthe et de Lazare, il ne la nomme jamais (juc Marie, comme dit saint Luc, x. 39; et toutefois dans les chapitres xix et xx, où il parle de Marie- Magdeleine, il répète souvent ce surnom.

Saint Matthieu, xxvi. 6, raconte l'histoire d'une femme qui parfuma la tête de Jésus, et ne la nomme point. Elle est autre que la pécheresse de saint Luc, VII. 37, quoique, dans l'un et dans l'autre, celui qui traitait Notre Seigneur soit nommé Simon; mais l'un est qualifié le Pharisien, l'autre le Lépreux. De plus, ce que saint Matthieu raconte arriva peu avant la Pâque et la Passion. Saint Luc, qui est celui de tous (|ui suit le plus l'ordre des temps, raconte l'onction dont il parle, longtemps avant la Passion. Mais cette femme dont parle saint Matthieu est Marie sœur de Lazare, et il raconte la même fl chose que saint Jean, chap. xii. On le voit par les ""' circonstances : 1" l'éthanie; 2" le murmure de Judas; 3'' la réponse de Notre Seigneur, où au lieu

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