CH.\PITRE XII
Saint Aufjuttin (Inm te$ premUrei lettres et dans ses premiers
écrilt a tout donné à ta 'inice. Passaf/e de ce l'ère dans les
Irait titres Du libre arbitre. Passai/e conforme à ceux-là
'- le litre De» Mf^rites et De la H'-nnisFion des pi'jché.s.
/ r.naifsance que la doctrine des litres Du libre arbitre
par un pnssn'je des fiétraclations , et un du livre
ire et de la Grâce.
Ce qui parait dans ses premiers livres, parait par la mtme raison dans ses premières lettres, puisque
1. £,«*. *!/, e. X. —2. Lib. VIII, c. v, vi, vu, el aeq. — 3. rAh. »ixi, c. XII. n. 27. — 4. Lih. ix, c. i, n. I. —5. Lih., vu, c. xxi.
dès les commenccmenls on lui voit demander à Dieu pour la famille d'Antonin, non-seulcmcnt le progrès des bonnes œuvres, mais, ce qu'il y a d'essentiel dans celte matière, la vraie foi, la vraie dévotion , qui ne peut être que la catholique*.
Saint Augustin remarque souvent que l'action de grâces qu'on rend à Dieu pour avoir bien fait , est, avec la prière , la preuve complète de la grâce prévenante de Jésus-Christ; puisque, « comme ce se- » rail une moquerie de demander à Dieu ce qu'il » ne donnerait pas, c'en serait une autre de lui )) rendre grâces de ce qu'il n'aurait pas donné ^. Mais saint Augustin ne connaît pas moins l'action de grâces , qui répond à la prière, qu'il a connu la prière môme, lorsqu'avanl que d'être élevé à la prêtrise il écrit à Licenlius^ : Allez et apprenez de Paulin « combien est abondant le sacrifice de louange » et d'actions de grâces qu'il rend à Dieu , en lui » rapportant tout le bien qu'il en a reçu, de peur » de tout perdre, s'il ne le rendait à celui de qui il » le lient, »
Il ne faut donc pas s'étonner, si dans ses trois livres Du libre arbitre, qu'il composa aussitôt après sa conversion, étant encore laïque, ce grand homme, en soutenant contre les manichéens la liberté naturelle à l'homme, ne laisse pas de parler correctement de la grâce, comme il le remarque lui-même dans la rétractation de cet ouvrage. « Car, » dit-il'', « j'ai expliqué dans le second livre, que non-seule- » ment les plus grands biens, mais encore les plus » petits, ne pouvaient venir que de Dieu, qui est » l'auteur de tout bien; » ce qu'en effet il a enseigné au chapitre xix de ce livre; et il rapporte tout au long les passages de ce chapitre et du xx», où après avoir fait la distinction des grands biens, des moyens et des petits qui se trouvent dans l'homme, et avoir établi que les plus grands ne pouvant être ni ceux du corps, qui sont au-dessous de l'âme, ni dans l'âme le libre arbitre, dont nous pouvons bien et mal user, mais uniquement la vertu , c'est-à-dire, comme il l'explique , « le bon usage du libre arbitre, » dont personne n'use mal, » il conclut que ce dernier genre de bien, c'est-à-dire le bon usage du libre arbitre, est d'autant plus de Dieu, qu'il est le plus excellent de tous, et qu'il participe plus de la nature du bien que les deux autres : d'où il infère encore , comme un corollaire d'une si belle doctrine , qu'il ne peut « se présenter aucun bien, ni à nos 1) sens, ni à notre intelligence , ni en quelque ma- » nière que ce soit à notre pensée, qui ne nous » vienne de Dieu. » Voilà les paroles que saint Augustin dans son premier livre Des Rétractations'^ cite de son second livre Z>m libre arbitre, el après avoir encore tiré du troisième, chap. xvni et xix, un passage qui n'est pas moins beau, il finit ainsi la rétractation de cet ouvrage : « Vous voyez, » dit-il*^, ! « que longtemps devant les pôlagiens , nous avons » traité cette matière comme si nous eussions dès ] » lors disputé contre eux, puisque nous avons éla- ■ » bli que le bon usage du libre arbitre , qui n'est » autre chose que la vertu , étant du nombre des » grands biens, il ne pouvait par conséquent venir » que de Dieu seul. »
1. lCfii.1t. XX. al. cxxvi. — 2. De don. persev., cap. n , n. 3. — 3. Ep. XXVI. a/, xxxix , M. 5. — 4. Lib.,ii,c xix.xx; Re- Irncl. i I , c. IX , «. 4. — 5. /. Relracl., c. ix, n.ô. —0. Idem, n. G.