‹ Œuvres complètes de BossuetChapitre 561 sur 851 · SAINT AUGUSTIN ET LA GRACE · texte numérisé non relu

SAINT AUGUSTIN ET LA GRACE

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tractations , qui est celui de l'exposition sur l'épitrc aux Romains. Auparavant il est sans tache, el son ouvrage des Rétractations se réduit à trois points; car ou il explique ce qu'il a dit, en disant plus distinctement ce qu'il n'avait dit qu'en général, ou il supplée ce qui manque, en ajoutant ce qu'il a omis, parce qu'il n'était pas de son sujet, ou il se reprend et se corrige comme ayant été dans l'erreur, ce qui commence seulement à ce vingt-troisième chapitre que l'on vient de marquer, où il rétracte ce qu'il a écrit sur l'épîlre aux Romains.

Encore faut-il observer de quelle manière il se trompait. Ce n'était point par un jugement fixe cl déterminé : mais comme un homme qui cherchait , et encore imparfaitement : Nondum diligentius qu.esivERAM : qui na\:ait point encore trouvé : nec ad- Huc iNVENERAM : qui traitait la question avec moins de soin : minus diligenter : qui ne croyait pas même encore être obligé à la traiter à fond : nec putavi QU.ERENDUM ESSE , NEC Dixi : qui ne savait pas bien ce qui en était , et qui en parlait en doutant : si sciREMjSi j'eusse su'. Ainsi il ne savait pas : s'il disait bien auparavant, ce n'était point par science, comme après un examen exact, mais par foi et sans rechercher. Il disait cependant très-bien, comme il le remarque lui-même^ : rectissime dixi; mais non pas encore d'un ton assez ferme, ni d'une manière assez suivie. Il était à peu près dans le même état, lorsqu'il répondit aux qualrc-vingt-lrois questions'. Il agitait la matière et approchait de la vérité dans ces deux livres qui se suivirent de près , et tous les deux ne précédèrent que de peu de temps celui à Simplicien , oii la recherche étant plus exacte, il arriva aussi , comme on a vu , à la pleine connaissance de la vérité.

Et il y a cela de remarquable dans tout ce progrès, qu'il disait mieux en parlant de l'abondance du cœur sans examiner la matière, qu'il ne faisait en l'examinant, mais encore imparfaitement; ce qu'on ne doit pas trouver étrange, parce qu'ainsi qu'il a été dit, dans ce premier état, la foi et la ■Tradilion parlaient comme seules, au lieu que dans le second, c'était plutôt le propre esprit. C'est un caractère assez naturel à l'esprit humain de dire mieux par cette impression commune de la vérité, que lorsqu'on ne l'examinant qu'à demi, on s'embrouille dans ses pensées. C'est là souvent un grand dénouement pour bien entendre les Pères , principalement Origène, oii l'on trouve la Tradition toute pure dans certaines choses qui lui sortent naturellement, et qu'il embrouille d'une terrible manière lorsqu'il les veut expliquer avec plus de subtilité; ce qui arrive assez ordinairement avant que les questions soient bien discutées, et que l'esprit s'y soit donné tout entier.

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